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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 17:36

     La paroisse sainte Foy en partenariat avec l'association "Habemus Ciné" vous invite à une nouvelle soirée cinéma le mardi 15 mars à 19h30 au Cap Cinéma d'Agen pour le film Flore de Jean-Albert Lièvre.

 

                                     Le temps d’une soirée, interrogeons-nous :
        Jusqu’où sommes nous prêts à aller pour accompagner nos parents dépendants ?

 

La projection sera suivie d'un échange avec Bertrand BOURDEAU, médecin, M-Amélie BRUNET, psychologue et Philippe D'HALLUIN, prêtre et aumônier de l'hôpital d'Agen.

Entrée : 6 € en prévente à la paroisse Ste Foy (05 53 66 37 27) ou 8 € à Cap Cinéma le soir même.

FLORE
FLORE

Flore est un plaidoyer pour vivre autrement la maladie d’Alzheimer …

Une ode à la vie et à l’amour !
« – Quel jour sommes-nous ? Qui est le président de la République ? »

En novembre 2004, tout commence par des questions et rapidement tombe le diagnostic : Flore, artiste peintre tout juste septuagénaire, est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Ses peintures changent, deviennent plus sombres ou enfantines. Les médecins préviennent ses trois enfants, Jean-Albert, Véronique et Léonard : il faudra trouver un établissement susceptible de la recevoir. Après avoir tenté plusieurs solutions, en avril 2009, la fratrie s’y résigne. La descente aux enfers se poursuit inexorablement : des journées passées à somnoler, une agressivité de plus en plus marquée, des comportements étranges, à la lisière de la démence. Dans une deuxième institution, Flore ne mange plus, ne marche plus, mais continue d’être agressive. La direction recommande à la famille un « espace sécurisé ». Mais les enfants refusent cette mort annoncée entre quatre murs. Les aînés décident d’installer leur mère dans sa maison de Lumio, en Corse où Véronique vit et où Jean-Albert s’établit.

Une renaissance inattendue
Le récit de l’évolution d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer est jalonné d’altérations irréversibles de la mémoire, mais aussi de perte d’autonomie dans les gestes du quotidien et du déclin des interactions avec l’entourage jusqu’à généralement un total repli sur soi. Pour Flore, c’est une tout autre histoire, celle d’une renaissance inattendue. Ramenée dans des lieux qu’elle a toujours aimés, entourée de ses proches et de personnes compétentes, cette femme retrouve le sourire, s’apaise, parvient à se nourrir. Arrivée grabataire en septembre 2010, elle fait quelques pas au bout de quelques semaines, avant de pouvoir marcher à nouveau sur les sentiers corses – et même de nager un an plus tard.

Un autre éclairage sur la maladie
Réalisateur, Jean-Albert Lièvre n’avait pas l’intention de tourner un film sur sa mère. Il la filme d’abord pour montrer aux neurologues ses comportements étranges et demander que son traitement soit adapté. Des images dérangeantes et qui peuvent poser un problème éthique si l’on considère qu’elle n’a pas donné son consentement pour être filmée. Mais ces images témoigneront spectaculairement du chemin parcouru, dans un documentaire si personnel que son réalisateur a hésité jusqu’au bout à le montrer. Pourtant, ce travail apparaît, au final, comme une ode à sa mère. En Corse, il la filme plus souvent, frappé par la beauté de ses progrès. Même si elle ne retrouve pas l’usage de la parole, Flore impressionne par sa présence et son regard. Certes, les moyens, le temps et l’énergie mobilisés pour elle ne sont pas accessibles à tous. Néanmoins, le magnifique film de Jean-Albert Lièvre, tant sur le fond que sur la forme, dédramatise la maladie sur laquelle il apporte un autre éclairage. 850 000 personnes sont aujourd’hui atteintes d’Alzheimer en France.

Corinne Renou-Nativel (Journaliste et critique de cinéma à La Croix)

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