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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 10:58

Chaque lundi nous vous proposons de retrouver les lettres d'Adèle de Batz. 

 

Le diocèse d'agen nous présente ces lettres ainsi qu'une piste de réflexion. 

Afin de se préparer et de connaître mieux Adèle, nous vous invitons à les lire. 

La Lettre d'Adèle - 1

1. - À Mademoiselle Agathe DICHE, à Agen

La lettre ci-dessous est la plus ancienne que nous ayons de notre Fondatrice et la première qu’elle écrivit à Agathe Diché. La Servante de Dieu s’efforce d’inspirer confiance à sa correspondante et de la mettre à l’aise pour la suite. Cette lettre est aussi un programme.

+ J.M.J.T. Ce 2 février 1805

Dieu doit être le principe de toute amitié chrétienne.

Mademoiselle,

Je ne saurais vous exprimer tout le plaisir que m’a fait votre lettre et l’espoir que j’ai que vous voudrez bien continuer une correspondance qui ne sera, je l’espère, que pour la gloire de Dieu, ainsi que notre union. Vous êtes la sœur de mon amie, il n’en fallait pas davantage pour m’inspirer le plus vif intérêt. À cela nous avons ajouté une association qui n’a fait que m’inspirer un fort attachement. Ainsi, ma chère associée, vous savez comment nous nous écrivons, Mademoiselle votre sœur et moi ; par conséquent, si vous voulez, ce sera de même ; nous nous ferons part de nos bonnes pensées, et Dieu, pour l’édification de l’une et de l’autre, nous en suscite qui peut-être ne nous seraient pas venues sans cela. Vous savez aussi que nos lettres doivent être communiquées aux autres associées comme il est dit dans le petit règlement. Nous ne devons chercher dans ces lettres que notre avancement et ne pas rechercher le style, dire tout couramment ce qu’on croit convenir à la personne à qui l’on écrit. Je vous propose, Mademoiselle, de donner une intention dans la première communion que nous ferons, pour que Dieu bénisse notre nouvelle correspondance.

Ce qu’il ne faut cesser de nous inculquer, c’est l’amour de Dieu. Le jour que vous recevrez ma lettre est le jour où cet amour du Père et du Fils, qui est de Saint Esprit est descendu sur nous. Conservons la mémoire d’un jour si heureux pour nous3.

Tâchons de rallumer, si nous avons eu le malheur de l’éteindre, le flambeau de l’amour divin que le Saint Esprit vint en ce jour allumer dans nos cœurs si nous l’avons reçu dignement. Si une de nos chères associées a le bonheur de s’unir à Jésus ce jour-là, je réclame ses prières, moi qui n’aurai pas le même bonheur suivant les apparences4.

Que je désirerais, mademoiselle, que quelque occasion survint pour que je jouisse du plaisir de vous voir et de vous témoigner toute l’amitié que vous m’inspirez en Dieu ! En attendant, voyons-nous en Dieu, il est l’unique principe de toute amitié chrétienne et le seul lien durable. Quand on s’aime en Dieu, pour Dieu et en vue de Dieu, on est sûr de s’aimer toujours ; au lieu qu’une amitié qui n’a pas pour fondement cette base ne peut subsister longtemps, au moins pour l’ordinaire ; la moindre chose cause du refroidissement, au lieu qu’en s’aimant en Dieu, quelque chose qui arrive, les raisons de s’aimer subsistent toujours. J’espère et je désire que ce soit sur ces motifs que commence une amitié qui durera jusqu’à notre mort.

Ainsi, Mademoiselle, j’ai la confiance que Dieu bénira notre union et me procurera l’avantage de profiter de vos exemples et de vos conseils. Et, afin que cette union soit plus intime, je vous prie de prendre et de me permettre de prendre dorénavant dans nos lettres le titre d’amie. J’attends de vous cette marque d’amitié ; et que je ne verrai plus dans votre première lettre le nom de « Mademoiselle ». Ainsi, ma chère amie, conservons ce doux nom toujours et tâchons de nous écrire et de nous aimer que pour Dieu et sans mélange d’intérêt propre et d’une amitié purement humaine.

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3 Agathe Diché avait reçu le sacrement de confirmation le même jour qu’Adèle et Jeanne Diché, le 6 février 1803.

Il ne semble pas qu’en cette circonstance, Agathe Diché ait attiré l’attention d’Adèle
4 Allusion aux tendances rigoristes de son confesseur d’alors, M. Dousset - H. rousseau, o.c. Note R. p. 723.

Je finis, ma très chère Amie, en vous priant de ne pas oublier auprès de toute la Société que j’embrasse bien tendrement ainsi que vous dans le divin Cœur de Jésus.

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Propositions pour un échange sur cette lettre

  • Cette première lettre, la plus ancienne que nous ayons d’Adèle, donne les bases ce que deviendra la « Petite société ». Quels sont les éléments donnés par Adèle ?

  • Comment Adèle presente-t-elle l’amitié qui est en train de naître avec Agathe ? Sur quoi repose-t-elle ?

  • Comment l’amitié dans nos groupes chrétiens, mais aussi dans nos quartiers et nos villages est-

    elle une vertu à cultiver ? Pourquoi ?

  • Quelle distinction faites-vous entre fraternité et amitié ?

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