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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 08:50
HOMÉLIE DE Mgr Hubert HERBRETEAU POUR LA MESSE CHRISMALE À LA CHAPELLE DE L'ÉVÊCHÉ  À AGEN, LE JEUDI 28 MAI 2020

Homélie de Mgr Hubert HERBRETEAU pour la messe chrismale à la chapelle de l’évêché à Agen, le jeudi 28 mai 2020

 

Ac 22, 30 et 23, 6-11 ; Ps 15 ; Jn 17, 20-26

 

Chers amis,


À trois jours de la Pentecôte, il est bon de se demander ce que l’Esprit Saint fait au coeur des baptisés et des confirmés. Comme à toute célébration de Confirmation, il nous faut redécouvrir tout ce que l’Esprit Saint veut accomplir dans notre vie.
Ce que fait l’Esprit Saint en nous


• Dans l’Évangile, c’est Jésus qui parle le mieux de l’Esprit Saint. L’Esprit nous aide à accueillir la présence de Jésus ressuscité. Il nous aide à garder son commandement d’amour, source de vie et de joie. C’est aussi l’Esprit Saint qui nous donne de témoigner de notre foi « avec douceur et respect » comme nous y invite l’apôtre Pierre.


• L’Esprit Saint produit en nous des fruits, ou plutôt Le fruit, car il n’y en a qu’un aux multiples aspects : l’amour. « Le fruit de l’Esprit est amour » et ensuite arrive tout un cortège de vertus chrétiennes qui ne sont qu’autant d’expressions chrétiennes : « joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi » (Ga 5, 22). Toutes ces vertus ne sont pas à penser isolément. Elles ne peuvent agir ou se développer qu’ensemble.


• À la Pentecôte, l’Esprit est décrit avec des images importantes pour notre vie chrétienne. Il est comme un « coup de vent violent ». L’Esprit Saint est celui qui vient balayer nos habitudes, notre paresse, nos « à quoi bon, on n’y changera rien à cette situation ! » Il nous donne un second souffle. Il est aussi décrit comme « un feu ». Le feu purifie, il brûle les déchets. Il vient brûler en nous ce qui est encombré et intoxiqué. C’est aussi le feu de l’enthousiasme, de la passion. Il rend débordant de joie pour annoncer la bonne nouvelle du Christ.


• Saint Paul le décrit comme « une poussée subite ». « Là où est l’Esprit, là est la liberté » (2 Co 3, 17). Seul l’homme libre peut établir avec les autres des relations vraies et justes. L’épisode des Actes des Apôtres que nous venons d’entendre l’illustre parfaitement. Paul est accusé comme le Christ et pourtant rien n’arrête son élan. La Parole de Dieu est annoncée malgré les attaques, les persécutions. Le Seigneur lui dit : «- Courage ! Le témoignage que tu m’as rendu à Jérusalem il faut que tu le rendes aussi à Rome. »


• L’Esprit nous renvoie à la communauté croyante. Surtout dans les périodes de crise, il est nécessaire de reconnaître la communion de l’Église. Les dons et les charismes de l’Esprit n’ont de sens que dans cette communion. Ils sont donnés pour le service, pour le bien commun. Ils sont des moyens au service de la communauté, au service de ceux qui vivent la foi et la charité vraie, en un mot qui vivent l’agapè. « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. »


L’Esprit Saint dans le concile Vatican II
Dans Lumen Gentium n° 4 § 12, on trouve quelques beaux passages sur l’action de l’Esprit Saint dans l’Église.


• L’Esprit Saint habite dans l’Église et dans le cœur des fidèles comme dans un temple. Traditionnellement, on appelle l’Église : « Temple de l’Esprit », expression malheureusement moins employée que « Peuple de Dieu » ou « Corps du Christ ». Le cœur de l’Église et le cœur de chaque croyant sont comme un réservoir qui a la capacité de recueillir une source d’eau pure. Prenons le mot capacité dans un sens passif. Il s’agit de recevoir, de se rendre disponible à l’action souvent imprévisible de l’Esprit. Mais capacité, dans un sens actif, c’est l’aptitude, les qualités que l’on cultive, parce que tout croyant est « capable de Dieu » comme dit saint Augustin.
C’est en chacun des fidèles que l’Esprit prie, rend témoignage, se répand en charité fraternelle.


• L’Esprit Saint unifie le peuple de Dieu. Chaque croyant participe à l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit. L’Esprit Saint unifie le cœur de chaque croyant. Du moins, c’est ce qu’il faut demander quotidiennement dans la prière comme le fait le psaume 85 : « Seigneur, unifie mon cœur, pour qu’il craigne ton nom. »


• L’Esprit Saint guide l’Église vers la vérité. « Par la vigueur de l’Évangile, il assure sa jeunesse, il la renouvelle sans cesse » dit le concile Vatican II. Cela me fait penser à ce que disait ce théologien du IIe siècle, Hermas, dans Le Pasteur : « L’Église est une vieille dame qui rajeunit. » Les nouveaux venus en christianisme, les nouveaux baptisés et confirmés, rajeunissent l’Église, la bousculent dans ces habitudes.


• Les fidèles consacrés par l’onction qui vient du Saint-Esprit ont « le sens de la foi, éveillé et soutenu par l’Esprit de vérité ». Ce sens de la foi est conduit par le Magistère de l’Église, éclairé par la Parole de Dieu et nourri par la vie sacramentelle. L’Esprit Saint distribue à chacun des charismes ; « des charismes des plus éclatants au plus simples, en vue du bien de tous » continue le Concile.


Ce qui veut dire que nous n’avons pas à nous comparer les uns les autres. Certains ont plus le charisme de l’intelligence de la foi et un savoir-faire pour transmettre la Bonne Nouvelle. D’autres ont le charisme de l’animation, de l’organisation. D’autres savent consoler, ont naturellement une attitude de compassion devant la détresse, une attention envers les plus démunis. D’autres ont la capacité de faire chanter, de faire prier un groupe.
Jean-Jacques Olier fondateur de la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, vouée à la formation des prêtres, disait des prêtres : « Ils doivent être totalement morts à tout intérêt propre, et n’avoir en eux que les intérêts de Dieu. Ils doivent être tellement zélés pour sa gloire qu’ils souhaitent ardemment qu’elle soit procurée par toutes les créatures que Dieu voudra, quelles qu’elles puissent être, sans entrer en jalousie lorsqu’ils voient que ce n’est point par eux, mais que c’est par d’autres qu’elle s’établit » (Traité des saints ordres, Gaume 1831, p. 427).


Baptême et confirmation
En ce temps liturgique entre l’Ascension et la Pentecôte, beaucoup de chrétiens font des neuvaines à l’Esprit Saint. C’est l’occasion de lire et méditer de belles catéchèses des Pères de l’Église. Je vous propose en conclusion un beau texte de Saint Cyrille de Jérusalem sur le lien entre Baptême et Confirmation.
Saint Cyrille de Jérusalem fait un lien entre l’eau et l’Esprit : « L’eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle. C’est une eau toute nouvelle, vivante, et jaillissante, jaillissant pour ceux qui en sont dignes. Pour quelle raison le don de l’Esprit est-il appelé une « eau » ? C’est parce que l’eau est à la base de tout ; parce que l’eau descend du ciel sous forme de pluie ; parce qu’en tombant sous une seule forme, elle opère de façon multiforme. Elle est différente dans le palmier, différente dans la vigne, elle se fait toute à tous.
Elle n’a qu’une seule manière d’être, et elle n’est pas différente d’elle-même. La pluie ne se transforme pas quand elle descend ici ou là mais en s’adaptant à la constitution des êtres qui la reçoivent, elle produit en chacun ce qui lui convient. L’Esprit Saint agit ainsi. Il a beau être un, simple et indivisible, il distribue ses dons à chacun, selon sa volonté. »


Amen !


Mgr Hubert HERBRETEAU Chapelle de l’évêché à Agen, le jeudi 28 mai 2020

HOMÉLIE DE Mgr Hubert HERBRETEAU POUR LA MESSE CHRISMALE À LA CHAPELLE DE L'ÉVÊCHÉ  À AGEN, LE JEUDI 28 MAI 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

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