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26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 09:53
PRÉPARONS-NOUS AU 13ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Partageons la parole de Dieu avec le frère Norbert, prémontré de l’abbaye Saint-Martin de Mondaye (Calvados).

 

Lectures de la messe

Première lecture

« Celui qui s’arrête chez nous est un saint homme de Dieu » (2 R 4, 8-11.14-16a)
 

Psaume

(Ps 88 (89), 2-3, 16-17, 18-19)

R/ Ton amour, Seigneur,
sans fin je le chante !
(Ps 88, 2a)

 

Deuxième lecture

Unis, par le baptême, à la mort et à la résurrection du Christ (Rm 6, 3-4.8-11)

 

Évangile

« Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de moi. Qui vous accueille m’accueille » (Mt 10, 37-42)

 

PRÉPARONS-NOUS AU 13ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

COMPRENDRE

 

De l’Évangile de ce dimanche, deux thèmes distincts affleurent : l’attachement à Jésus qui doit dépasser toutes les affections dont nous vivons ici-bas, y compris l’amour que nous vouons à notre famille  ; la pratique de l’hospitalité.

 

Le second thème obtient vite notre assentiment. Il fait écho au chapitre 25 du même évangile selon saint Matthieu (« j’étais un étranger et vous m’avez accueilli ; chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait »), et il est merveilleusement illustré par le récit de la première lecture : l’hospitalité réservée par la femme de Sunam au prophète Élisée est source pour elle d’une fécondité inespérée.

 

En revanche, le premier thème pose problème : ne relativiserait-il pas les liens familiaux les plus élémentaires ? Ne ferait-il pas passer au second plan l’affection d’un enfant pour ses parents, ou l’amour de parents pour leur progéniture ? Le bât blesse. La mention de la croix nous invite à nous replonger dans la deuxième lecture : saint Paul y déploie une magnifique théologie du baptême, selon laquelle le chrétien, plongé dans la mort avec le Christ, participe aussi à sa Résurrection. Avec le Christ, le baptisé est enfanté à une vie nouvelle (« vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ »). C’est donc seulement si nous gardons le mystère pascal – qui nous régénère intérieurement – sous les yeux que nous pouvons comprendre ce thème. « Que ton amour pour les parents t’apprenne combien tu dois aimer Dieu », dit d’ailleurs saint Augustin (Sermon 344, 2).

 

Or vivre en ressuscités, c’est vouloir accueillir toujours le don de Dieu qu’est le Christ. C’est pratiquer l’hospitalité. Ainsi, nos deux thèmes se rejoignent, qui consonent pour requérir notre unique assentiment. Préférant Jésus à chacun de nos liens d’affection, accueillons Jésus en chacun.

 

 

MÉDITER

 

Ne pas aimer son père et sa mère plus que le Seigneur. La formule claque à nos oreilles et nous dérange. Mais était-elle vraiment si neuve ? Certes, Jésus l’emploie, mais ce faisant, il s’inscrit résolument dans le sillage de la Bible hébraïque.

 

Dans la Genèse, Dieu ordonne en effet à Abraham de quitter son pays, sa parenté et la maison de son père (Gn 12, 1).

 

De même, dans le Deutéronome, Moïse bénit Lévi, « qui a dit de son père et de sa mère : ‘’Je ne les ai pas vus !’’, lui qui ne reconnaît pas ses frères et ignore ses fils ! », car cette attitude lui a permis de « garder la parole [de Dieu] et de maintenir son alliance » (Dt 33, 9).

 

Ainsi Jésus n’annule pas la Loi, mais il l’actualise (« Je ne suis pas venu abolir [la Loi et les prophètes], mais accomplir », Mt 5, 17). Cette perspective de l’accomplissement est puissante dans l’évangile selon saint Matthieu : il est composé de cinq parties, en référence implicite à la Torah, qui rassemble les cinq premiers livres de la Bible, de la Genèse au Deutéronome. Jésus énonce donc une nouvelle Loi, qui ne peut pas être comprise sans la Torah, la loi d’Israël.

 

Dès lors, ce qui claquait aux oreilles des contemporains de Jésus, ce n’était pas tant le risque d’une dévalorisation des rapports familiaux, mais plutôt que l’enseignement de Jésus devait acquérir le même statut que la Torah, le texte sacré des juifs. Ce qui était scandaleux, c’était que Jésus de Nazareth invite à faire de lui-même le sujet de notre amour le plus fou. Comment placer en lui notre foi et nous positionner en sa faveur, avant même la Résurrection ? Telle devait être la principale question de ses auditeurs.

 

 

PRIER

 

Seigneur Jésus,

 

Accueille-nous dans la gloire,

 

Aide-nous à te choisir à chaque instant de notre vie,

 

Donne-nous de te chercher dans tous les recoins de notre vie,

 

Pour que nous naissions vraiment à la vie nouvelle des enfants de Dieu,

 

Et qu’ainsi, nous te découvrions présent dans le prochain que nous accueillons,

 

Toi qui règnes pour les siècles sans fin.

 

 

 

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