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6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 09:00
SAINTE CLOTILDE - CHAPITRE 1 - CHEMINER AVEC LES SAINTS EN TERRE DE FRANCE
SAINTE CLOTILDE (474 ou  475 - 545)

SAINTE CLOTILDE (474 ou 475 - 545)

Source : Hosana

 

 

Son nom, Clotilde, semble prédestiné. Il vient du germanique hlod qui signifie « gloire » et hild, « combat ». Et sa vie sera bien un combat pour la Gloire de Dieu.

 

Avec sa sœur, Sédéleube (appelée aussi Crona ou Croma) Clotilde connaît une enfance heureuse à la cour de Chilpéric II. Toutes deux sont très proches de leur mère, Carétène. Avec une ombre à leur bonheur : Chilpéric II, comme l'ensemble des Burgondes et la plupart des peuples germaniques, est arien. Rappelons que l'arianisme, une doctrine professée par Arius et ses disciples, est une hérésie née au début du IVe siècle. Les ariens niaient la nature divine du Christ ce qui touchait l'essence même de la foi chrétienne. Cette croyance se répandit dans tout l'occident et, après sa condamnation par le Concile de Nicée en 325, la plupart des grands saints de cette époque, à commencer par Saint Hilaire et, du temps de Clotilde, Saint Avitus, luttèrent avec acharnement pour rétablir la foi catholique.

 

Si Chilpéric est arien, Carétène ne partage pas les convictions de son époux. Elle est catholique et, très pieuse, communique sa foi à ses filles, une foi brûlante qu'elle veut transmettre au plus grand nombre. Toutes trois souffrent de voir la ville de Lyon convertie à l'arianisme, cette ville où vécurent ses deux célèbres évêques, Saint Pothin, premier évêque de Lyon et de Gaule, et Saint Irénée qui avait lui-même combattu les hérésies de son temps. Sédéleube et Clotilde veulent lutter contre l'arianisme, contre le paganisme. Aussi envisagent-elles toutes deux la vie monastique.

 

À l'âge de onze ans, Clotilde a la douleur de perdre son père et sa vie va changer de façon radicale. L'histoire raconte que Chilpéric serait mort de la main de son frère Gondebaud par suite d'un complot qu'il aurait fomenté avec un autre de ses frères, Gondemar, et qui aurait échoué.

 

Toujours est-il qu'au décès de Chilpéric II, ses deux frères encore vivants, Gondebaud et Godégisel se partagent le royaume burgonde. On ne sait si Carétène et ses filles allèrent habiter à Genève chez Godégisel, resté neutre pendant cet affrontement, ou chez Gondebaud qui s'installe à Lyon. Le plus probable est qu'elles firent le choix de Genève, compte tenu de la neutralité de Godégisel dans le conflit. Le soutien qu'apporta par la suite Clovis à Godégisel semble confirmer cette thèse.

 

Une légende affirme que Carétène fut précipitée dans un puits par Gondebaud, une pierre au cou. Pourtant nous est parvenue une inscription d'une pierre tombale indiquant un décès en 506 ce qui porte à croire qu'elle a bien survécu à l'assassinat de son mari Chilpéric.

 

Carétène et ses filles se retirent sans doute à Genève où Sédéleube les quitte bientôt pour entrer dans un monastère. Pour sa part, Godégisel entretient des relations cordiales avec ses voisins francs. Il n'hésite pas à les recevoir et à les inviter à sa table. Un soir, Clotilde et sa mère, présentes lors d'un banquet, ignorent que leurs hôtes ont remarqué la beauté et la grâce de la jeune fille. Aussi sont-elles très étonnées lorsque, l'année suivante, Gondebaud leur fait part d'une stupéfiante nouvelle : Clovis, le Roi des Francs, demande Clotilde en mariage. Il aurait été charmé par la description de la jeune fille, belle, sage et pure, que lui avaient faite ses officiers. Il n'était sans doute pas non plus hostile à une alliance avec ses voisins burgondes…

 

La vie paisible de Clotilde vole en éclats. Elle est d'abord affolée. Ces Francs sont des barbares, aux manières rustres. Surtout, ils sont païens, à commencer par leur chef Clovis.

 

Le sacrifice qui lui est demandé - quitter pour toujours sa mère, sa sœur, son peuple – lui paraît tout d'abord au-dessus de ses forces. Elle prie, consulte, cherche avant tout la volonté du Seigneur sur elle. A cet effet, elle rencontre le saint évêque Avitus, venu tout spécialement de Vienne pour la voir. Avitus ne cesse de déployer toute son énergie au service du Seigneur. Il lutte avec vigueur contre l'arianisme et voit en Clotilde l'instrument de Dieu pour propager le catholicisme en Gaule. Il l'aide donc à discerner la mission à laquelle elle est appelée. Ce chef des Francs à qui, paraît-il, est promis un grand avenir, elle doit le convertir. Déjà, il n'a fait qu'une bouchée de Syagrius, ultime représentant de Rome et a pris le contrôle de son territoire, parvenant ainsi jusqu'à la Loire. S'il vient à annexer de nouvelles terres, que ce soit pour les gagner au catholicisme ! Clotilde se rend aux raisons de l'évêque. Elle va accepter la demande de Clovis, non pour les raisons politiques propres à satisfaire sa famille, mais uniquement pour se soumettre à la Volonté divine.

 

De plus, à mesure qu'elle réfléchit, elle voit son avenir bien limité en Burgondie. Malgré l'appréhension qui la saisit face à l'incertitude de l'avenir, elle sait qu'elle a peu à espérer si elle choisit de rester. Gondebaud est de fait le nouveau roi burgonde, il a assassiné son père, il l'a tenue jusqu'à présent dans une prison dorée et elle n'a rien à attendre de lui, voire tout à craindre.

 

De Clovis, elle ne sait pas grand chose, sinon qu'il est un chef de guerre animé d'une grande ambition et qu'il semble réussir dans toutes ses entreprises. Il a seulement dix ans de plus qu'elle. C'est donc un homme jeune qui l'a choisie, elle, princesse mise à l'écart. Et ce choix réveille en elle un goût d'aventure. Elle est prête au départ.

 

Clovis ou Chlodowig (de « hlod » gloire, illustre et wig « bataille ») est né vers 466 à Tournai. Il est issu des Francs saliens, un peuple germanique qui vivait à l'embouchure du Rhin. C'est Clodion le Chevelu qui conduisit ce peuple dans la partie occidentale de l'actuelle Belgique et y fonda son royaume. Son fils Mérovée apparaît comme un personnage mythologique qui serait fils de la mer, autrement dit un dieu ou un demi-dieu. Il sera vénéré comme tel par son petit-fils Clovis et l'ensemble des Francs saliens. Il est le fondateur de la dynastie des Mérovingiens. Le fils de Mérovée, Childéric Ier, épouse une princesse de Thuringe, la reine Basine qui lui donne un fils, Clovis, et trois filles, Alboflède, Lantilde et Audoflède. Clovis mariera plus tard cette dernière au roi Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths d'Italie.

 

On ne sait si Clovis apprit jamais à lire et à écrire. Mais il est certain que, très jeune, il reçut une instruction basée sur la guerre, les activités sportives, l'équitation et la chasse. Il parle le francique et, parce que le royaume des Francs saliens est fédéré à Rome, il apprend le latin.

 

L'Empire romain avait en effet coutume de fédérer les peuples qu'il n'avait pas conquis mais qu'il protégeait moyennant leur engagement de prendre les armes en cas d'invasion.

 

Or Clovis est né à une époque charnière où le déclin de l'Empire romain facilite les ambitions d'un chef de guerre tel que lui. Il voit le pouvoir à sa portée et n'hésite pas à rompre son contrat d'Etat fédéré en reprenant un statut de royaume indépendant. Cela dit, son éducation dans un pays sous dépendance romaine va le servir, le familiarisant avec l'héritage romain et facilitant ses conquêtes.

 

A la mort de son père, il a quinze ans et prend les armes. Il va assurer l'expansion de son royaume d'abord vers l'est, par des alliances avec les Francs rhénans. Puis il se tourne vers le sud où son savoir-faire acquis tant au service de l'Empire romain que contre les barbares lui assure une série de victoires. Il s'empare du royaume gallo-romain de Syagrius, qu'il fait égorger, et de sa ville principale, Soissons. Il forme une armée permanente qui lui permet d'étendre son royaume au sud jusqu'à la Loire et, à l'ouest, jusqu'à la Bretagne.

 

Son ambition ? Conquérir Paris. Il veut soumettre la ville sans la détruire. Il en fait donc le siège, mais Paris tient bon. Dans ses murs, une grande sainte, Geneviève, lui tient tête. Mais elle a une arrière-pensée car elle sait bien que Paris ne tiendra pas indéfiniment face aux assauts de ce chef de guerre à qui rien ne résiste : elle veut convertir ce païen à la vraie foi et son armée avec lui. Paris contre sa conversion…

 

Entretemps, Clovis a contracté mariage avec une princesse franque rhénane qui lui a donné un fils, Thierry. C'est une épouse de second rang qui n'a pas droit au titre de reine mais dont le fils pourra prétendre à l'héritage de son père. Les rois francs pratiquaient en effet l'endogamie, soit un ou plusieurs mariages avec des épouses dites de second rang et un seul avec celle qui sera la reine.

 

C'est bien ce statut de reine qui est offert à Clotilde.

 

A Genève, Clotilde se prépare donc à partir. À la hâte, on lui confectionne un riche trousseau qui vient remplir d'énormes coffres. Elle veut, avant de tout quitter, dire un dernier adieu à sa sœur, Sédéleube qu'elle va voir à l'abbaye de Saint-Victor. Séparation déchirante car elles savent l'une et l'autre qu'elles ne se reverront jamais. Déterminée, le cœur serré et contenant ses larmes, elle s'en va le printemps venu, accompagnée d'une suite nombreuse.

 

Clotilde est soumise à la Volonté du Seigneur, la préférant à la sienne. A dix-sept ans, elle s'en va bravement sur les routes, abandonnant tout ceux qu'elle aime, tout ce qui a fait sa vie. Elle est investie d'une mission. Elle veut s'en montrer digne. Sa mère Carétène, l'évêque Avitius l'ont aidée à découvrir le plan de Dieu sur elle.

 

Lors des décisions importantes de nos vies, les conseils de nos proches sont les bienvenus. Le Seigneur ne nous laisse pas seuls. Les présences amies favorisent le discernement. Mais, à l'exemple de sainte Clotilde, la décision finale nous revient à nous et à nous seuls. La sainte s'est soumise à la volonté de Dieu, dans la prière, choisissant la voie du renoncement. Avec l'aide de la Vierge Marie.

 

Je vous salue, Marie…

 

Sainte Clotilde…  Ce nom évoque pour nous de vieux manuels d'histoire où, en prière, elle se tenait aux côtés de Saint Remi, baptisant Clovis, plongé dans une cuve d'eau. Nous savons tous que c'est, sur ses instances et par sa foi, que le Roi des Francs, vainqueur à Tolbiac où il fut sauvé par miracle, demanda le baptême.

 

Mais qui était-elle ? D'où venait-elle ? Et quelle fut sa destinée ? Pour le raconter, l'exercice est difficile. En effet, de nombreux récits sont contradictoires et nous allons essayer d'y voir clair, à tout le moins de vous proposer diverses options lorsqu'elles se présenteront.

 

De nombreuses sources nous viennent de Saint Grégoire de Tours qui a écrit, notamment, l'Histoire des Francs. Mais d'une part, ses écrits sont postérieurs à la vie de Clovis et des siens, d'autre part il n'hésite pas, dans un mouvement hagiologique propre à l'époque, à lier les faits du siècle à des légendes chrétiennes, mélangeant les dates des récits d'origine ce qui donne à penser que son Histoire des Francs est peu fiable.

 

A l'époque de Clotilde, la Gaule est divisée en plusieurs royaumes. Au nord, occupant grosso modo l'actuelle Belgique, les Francs saliens dont est issu Clovis et les Francs ripuaires ou rhénans. Au sud-ouest et jusqu'à la Loire, les Wisigoths. A l'ouest, les Bretons, à l'est les Alamans. Ente Bretons et Alamans, un état gallo-romain. Enfin du lac Léman à la Loire, et de Langres jusqu'en Provence se situe le royaume des Burgondes, peuple auquel Clotilde appartient.

 

Qui sont ces Burgondes ? D'où viennent-ils ?

Il s'agit d'un peuple germanique, venu des bords de la Baltique, qui envahit une partie de la Gaule après avoir traversé le Rhin en 406. Gondicaire, son fondateur, s'établit d'abord à Worms dans l'actuelle Rhénanie. Au bout d'une vingtaine d'années, Gondicaire rompt l'alliance qu'il avait établie avec Rome, une bataille s'ensuit où il est tué. Après cette défaite, les Burgondes migrent en Sapaudie, sur les bords du lac Léman. Leur appétit de conquête les pousse vers le Sud et ils s'emparent de Lyon en 469. C'est là que Chilpéric II, le père de Clotilde établit sa capitale et c'est donc très probablement à Lyon que Clotilde voit le jour en 474 ou 475.

SAINTE CLOTILDE - CHAPITRE 1 - CHEMINER AVEC LES SAINTS EN TERRE DE FRANCE

Son nom, Clotilde, semble prédestiné. Il vient du germanique hlod qui signifie « gloire » et hild, « combat ». Et sa vie sera bien un combat pour la Gloire de Dieu.

 

Avec sa sœur, Sédéleube (appelée aussi Crona ou Croma) Clotilde connaît une enfance heureuse à la cour de Chilpéric II. Toutes deux sont très proches de leur mère, Carétène. Avec une ombre à leur bonheur : Chilpéric II, comme l'ensemble des Burgondes et la plupart des peuples germaniques, est arien. Rappelons que l'arianisme, une doctrine professée par Arius et ses disciples, est une hérésie née au début du IVe siècle. Les ariens niaient la nature divine du Christ ce qui touchait l'essence même de la foi chrétienne. Cette croyance se répandit dans tout l'occident et, après sa condamnation par le Concile de Nicée en 325, la plupart des grands saints de cette époque, à commencer par Saint Hilaire et, du temps de Clotilde, Saint Avitus, luttèrent avec acharnement pour rétablir la foi catholique.

 

Si Chilpéric est arien, Carétène ne partage pas les convictions de son époux. Elle est catholique et, très pieuse, communique sa foi à ses filles, une foi brûlante qu'elle veut transmettre au plus grand nombre. Toutes trois souffrent de voir la ville de Lyon convertie à l'arianisme, cette ville où vécurent ses deux célèbres évêques, Saint Pothin, premier évêque de Lyon et de Gaule, et Saint Irénée qui avait lui-même combattu les hérésies de son temps. Sédéleube et Clotilde veulent lutter contre l'arianisme, contre le paganisme. Aussi envisagent-elles toutes deux la vie monastique.

 

A l'âge de onze ans, Clotilde a la douleur de perdre son père et sa vie va changer de façon radicale. L'histoire raconte que Chilpéric serait mort de la main de son frère Gondebaud par suite d'un complot qu'il aurait fomenté avec un autre de ses frères, Gondemar, et qui aurait échoué.

 

Toujours est-il qu'au décès de Chilpéric II, ses deux frères encore vivants, Gondebaud et Godégisel se partagent le royaume burgonde. On ne sait si Carétène et ses filles allèrent habiter à Genève chez Godégisel, resté neutre pendant cet affrontement, ou chez Gondebaud qui s'installe à Lyon. Le plus probable est qu'elles firent le choix de Genève, compte tenu de la neutralité de Godégisel dans le conflit. Le soutien qu'apporta par la suite Clovis à Godégisel semble confirmer cette thèse.

 

Une légende affirme que Carétène fut précipitée dans un puits par Gondebaud, une pierre au cou. Pourtant nous est parvenue une inscription d'une pierre tombale indiquant un décès en 506 ce qui porte à croire qu'elle a bien survécu à l'assassinat de son mari Chilpéric.

 

Carétène et ses filles se retirent sans doute à Genève où Sédéleube les quitte bientôt pour entrer dans un monastère. Pour sa part, Godégisel entretient des relations cordiales avec ses voisins francs. Il n'hésite pas à les recevoir et à les inviter à sa table. Un soir, Clotilde et sa mère, présentes lors d'un banquet, ignorent que leurs hôtes ont remarqué la beauté et la grâce de la jeune fille. Aussi sont-elles très étonnées lorsque, l'année suivante, Gondebaud leur fait part d'une stupéfiante nouvelle : Clovis, le Roi des Francs, demande Clotilde en mariage. Il aurait été charmé par la description de la jeune fille, belle, sage et pure, que lui avaient faite ses officiers. Il n'était sans doute pas non plus hostile à une alliance avec ses voisins burgondes…

 

La vie paisible de Clotilde vole en éclats. Elle est d'abord affolée. Ces Francs sont des barbares, aux manières rustres. Surtout, ils sont païens, à commencer par leur chef Clovis.

 

Le sacrifice qui lui est demandé - quitter pour toujours sa mère, sa sœur, son peuple – lui paraît tout d'abord au-dessus de ses forces. Elle prie, consulte, cherche avant tout la volonté du Seigneur sur elle. A cet effet, elle rencontre le saint évêque Avitus, venu tout spécialement de Vienne pour la voir. Avitus ne cesse de déployer toute son énergie au service du Seigneur. Il lutte avec vigueur contre l'arianisme et voit en Clotilde l'instrument de Dieu pour propager le catholicisme en Gaule. Il l'aide donc à discerner la mission à laquelle elle est appelée. Ce chef des Francs à qui, paraît-il, est promis un grand avenir, elle doit le convertir. Déjà, il n'a fait qu'une bouchée de Syagrius, ultime représentant de Rome et a pris le contrôle de son territoire, parvenant ainsi jusqu'à la Loire. S'il vient à annexer de nouvelles terres, que ce soit pour les gagner au catholicisme ! Clotilde se rend aux raisons de l'évêque. Elle va accepter la demande de Clovis, non pour les raisons politiques propres à satisfaire sa famille, mais uniquement pour se soumettre à la Volonté divine.

 

De plus, à mesure qu'elle réfléchit, elle voit son avenir bien limité en Burgondie. Malgré l'appréhension qui la saisit face à l'incertitude de l'avenir, elle sait qu'elle a peu à espérer si elle choisit de rester. Gondebaud est de fait le nouveau roi burgonde, il a assassiné son père, il l'a tenue jusqu'à présent dans une prison dorée et elle n'a rien à attendre de lui, voire tout à craindre.

 

De Clovis, elle ne sait pas grand chose, sinon qu'il est un chef de guerre animé d'une grande ambition et qu'il semble réussir dans toutes ses entreprises. Il a seulement dix ans de plus qu'elle. C'est donc un homme jeune qui l'a choisie, elle, princesse mise à l'écart. Et ce choix réveille en elle un goût d'aventure. Elle est prête au départ.

 

Clovis ou Chlodowig (de « hlod » gloire, illustre et wig « bataille ») est né vers 466 à Tournai. Il est issu des Francs saliens, un peuple germanique qui vivait à l'embouchure du Rhin. C'est Clodion le Chevelu qui conduisit ce peuple dans la partie occidentale de l'actuelle Belgique et y fonda son royaume. Son fils Mérovée apparaît comme un personnage mythologique qui serait fils de la mer, autrement dit un dieu ou un demi-dieu. Il sera vénéré comme tel par son petit-fils Clovis et l'ensemble des Francs saliens. Il est le fondateur de la dynastie des Mérovingiens. Le fils de Mérovée, Childéric Ier, épouse une princesse de Thuringe, la reine Basine qui lui donne un fils, Clovis, et trois filles, Alboflède, Lantilde et Audoflède. Clovis mariera plus tard cette dernière au roi Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths d'Italie.

 

On ne sait si Clovis apprit jamais à lire et à écrire. Mais il est certain que, très jeune, il reçut une instruction basée sur la guerre, les activités sportives, l'équitation et la chasse. Il parle le francique et, parce que le royaume des Francs saliens est fédéré à Rome, il apprend le latin.

 

L'Empire romain avait en effet coutume de fédérer les peuples qu'il n'avait pas conquis mais qu'il protégeait moyennant leur engagement de prendre les armes en cas d'invasion.

 

Or Clovis est né à une époque charnière où le déclin de l'Empire romain facilite les ambitions d'un chef de guerre tel que lui. Il voit le pouvoir à sa portée et n'hésite pas à rompre son contrat d'Etat fédéré en reprenant un statut de royaume indépendant. Cela dit, son éducation dans un pays sous dépendance romaine va le servir, le familiarisant avec l'héritage romain et facilitant ses conquêtes.

 

A la mort de son père, il a quinze ans et prend les armes. Il va assurer l'expansion de son royaume d'abord vers l'est, par des alliances avec les Francs rhénans. Puis il se tourne vers le sud où son savoir-faire acquis tant au service de l'Empire romain que contre les barbares lui assure une série de victoires. Il s'empare du royaume gallo-romain de Syagrius, qu'il fait égorger, et de sa ville principale, Soissons. Il forme une armée permanente qui lui permet d'étendre son royaume au sud jusqu'à la Loire et, à l'ouest, jusqu'à la Bretagne.

 

Son ambition ? Conquérir Paris. Il veut soumettre la ville sans la détruire. Il en fait donc le siège, mais Paris tient bon. Dans ses murs, une grande sainte, Geneviève, lui tient tête. Mais elle a une arrière-pensée car elle sait bien que Paris ne tiendra pas indéfiniment face aux assauts de ce chef de guerre à qui rien ne résiste : elle veut convertir ce païen à la vraie foi et son armée avec lui. Paris contre sa conversion…

 

Entretemps, Clovis a contracté mariage avec une princesse franque rhénane qui lui a donné un fils, Thierry. C'est une épouse de second rang qui n'a pas droit au titre de reine mais dont le fils pourra prétendre à l'héritage de son père. Les rois francs pratiquaient en effet l'endogamie, soit un ou plusieurs mariages avec des épouses dites de second rang et un seul avec celle qui sera la reine.

 

C'est bien ce statut de reine qui est offert à Clotilde.

 

A Genève, Clotilde se prépare donc à partir. A la hâte, on lui confectionne un riche trousseau qui vient remplir d'énormes coffres. Elle veut, avant de tout quitter, dire un dernier adieu à sa sœur, Sédéleube qu'elle va voir à l'abbaye de Saint-Victor. Séparation déchirante car elles savent l'une et l'autre qu'elles ne se reverront jamais. Déterminée, le cœur serré et contenant ses larmes, elle s'en va le printemps venu, accompagnée d'une suite nombreuse.

 

Clotilde est soumise à la Volonté du Seigneur, la préférant à la sienne. A dix-sept ans, elle s'en va bravement sur les routes, abandonnant tout ceux qu'elle aime, tout ce qui a fait sa vie. Elle est investie d'une mission. Elle veut s'en montrer digne. Sa mère Carétène, l'évêque Avitius l'ont aidée à découvrir le plan de Dieu sur elle.

 

Lors des décisions importantes de nos vies, les conseils de nos proches sont les bienvenus. Le Seigneur ne nous laisse pas seuls. Les présences amies favorisent le discernement. Mais, à l'exemple de sainte Clotilde, la décision finale nous revient à nous et à nous seuls. La sainte s'est soumise à la volonté de Dieu, dans la prière, choisissant la voie du renoncement. Avec l'aide de la Vierge Marie.

 

Je vous salue, Marie…

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