Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 21:03
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°14 : SAINT-CORENTIN DE QUIMPER
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°14 : SAINT-CORENTIN DE QUIMPER

 

Cet édifice gothique impressionnant symbolise la puissance des évêques qui ont dirigé Quimper au Moyen Âge. Sa construction s’est étalée sur sept siècles, de 1239 à la révolution industrielle.

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°14 : SAINT-CORENTIN DE QUIMPER

Ancienne capitale de la Cornouaille, Quimper vient du vient du breton « kemper » qui signifie confluent. La ville est en effet au confluent de l’Odet et de ses trois principaux affluents, le Steïr, le Frout et le Jet. Quimper existait déjà à l'époque romaine et se situait à l'emplacement du faubourg actuel de Locmaria. Une cathédrale romane, dont il ne reste à peu près rien, s’élevait déjà sur l’emplacement de l’actuelle dont la construction est décidée en 1239 par l’évêque Raynaud. Il entame ainsi le chantier d'une grande cathédrale gothique qui va s'inspirer des constructions d'Ile-de-France et devenir à son tour un lieu d'expérimentation d'où sortiront plus tard des formules adoptées par toute la Basse-Bretagne.

 

Une construction en plusieurs temps

En 1410, les voûtes du chœur sont achevées, tandis que sont posées les verrières dans les fenêtres hautes. En 1424, l’évêque Bertrand de Rosmadec entreprend la construction de la nef et des deux tours de la façade.

Au début du XVIe siècle on s'apprêtait à construire les flèches quand le chantier fut interrompu, sans doute pour des raisons financières. On posa donc des petites toitures coniques au sommet des tours. Les siècles qui suivirent furent essentiellement consacrés à la mise en place de mobilier (monuments funéraires, autels, statues, orgues, chaire à prêcher). Il faut noter l'incendie qui fit disparaître la flèche de la croisée du transept en 1620, ainsi que le sac de la cathédrale en 1793 où pratiquement tout le mobilier disparut.

 

Une restauration à l’heure de la révolution industrielle

À partir des années 1850, l’architecte quimpérois Joseph Bigot entreprend la restauration de l’édifice, principalement le décor des chapelles et la commande de nouveaux vitraux détruits lors de la Révolution française. Sa réalisation la plus spectaculaire reste l’achèvement des deux tours avec la construction des flèches entre 1854 et 1856, financée par les Quimpérois.
De 1989 à 1999, une campagne de restauration révèle l’aspect de la cathédrale à la fin du XVe siècle : restitution des polychromies intérieures avec réapparition des nervures traitées en ocre jaune et ocre rouge, et chaulage général des parements.

 

La déviation de la nef

Une grande et étonnante caractéristique de la cathédrale de Quimper est l'absence d'alignement entre le chœur et la nef. De multiples interprétations ont été avancées pour l’expliquer. On y voit généralement une orientation symbolique reprenant la position de la tête du Christ sur la Croix. Des interprétations plus techniques sont cependant souvent avancées, notamment celles évoquant la nécessité d'asseoir la construction de la nef sur des bases stables en l'éloignant du cours de l'Odet qu'un alignement rigoureux aurait rendu trop proche. Il faut aussi souligner le fait que le chantier du transept fut mis en œuvre en tout dernier lieu, comme si on avait repoussé au dernier moment les problèmes de raccordement (vers 1460).

 

Les trois portails

La cathédrale s’ouvre sur l’extérieur par trois portails. Le portail sud, portail Sainte-Catherine, dessert la porte de l'évêque et l'hôpital implanté sur la rive gauche (préfecture actuelle) et le portail nord, porche des baptêmes, véritable porche paroissial avec ses bancs et les niches pour les statues des apôtres, est tourné vers la ville et complété par un ossuaire (1514). Le porche occidental trouve lui sa place naturelle entre les deux tours. Toute l'esthétique de ces trois portails ressort de l'époque flamboyante : quatre-feuilles, choux-frisés, fleurons, grands gâbles qui coupent les moulures et balustrades. Des pinacles et des niches ornent les contreforts tandis qu'apparaît tout un bestiaire : monstres, chiens, personnages énigmatiques, gargouilles et avec eux, tout un imaginaire au service d'un programme religieux et politique. Si la plupart des statues de saints a disparu, subsiste en revanche un armorial qui fait des portails de la cathédrale une des plus belles pages héraldiques qu'on puisse imaginer : hermine ducale, lion des Montfort, blason de la duchesse Jeanne de France voisinent avec les armes des barons de la Cornouaille avec heaumes et cimiers.

 

Visite guidée de la cathédrale
Saint Corentin et Max Jacob : deux personnages essentiels de Quimper  !

Né à l’époque du roi Gradlon, saint Corentin s’établit en ermite sur l’actuelle commune de Plomodiern pour se consacrer entièrement à la prière. Il réalisa dès lors plusieurs miracles.
Un jour, Gradlon, le roi de Cornouailles, s’en alla chasser avec sa troupe dans l’épaisse forêt qui recouvrait alors la plaine du Porzay. Le roi s’y égara et trouva finalement, fourbu et affamé, l’ermitage de Corentin. Celui-ci réussit le prodige de nourrir toute la troupe grâce à un seul petit poisson. C’était le poisson dont il se nourrissait quotidiennement : chaque jour il n’en prélevait qu’une tranche, puis replaçait le poisson qui dans l’eau se reconstituait aussitôt. Le roi, ébloui par ce prodige, décida de donner son château près du confluent à Corentin et lui demanda de devenir le premier évêque de son royaume.

 

Max Jacob naît à Quimper le 12 juillet 1876 et meurt le 5 mars 1944 au camp de Drancy. Issu d’une famille juive non pratiquante établie en Bretagne, il se convertit en 1915 au catholicisme suite à une vision. Poète, peintre, ami de tous les artistes de Montparnasse, il sera une figure attachante de ce Paris avant-gardiste du début du XXe siècle. Il trouvera refuge à l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire avant d’être déporté. Son attachement à Quimper et à la Bretagne ne sera jamais démenti. Le musée des Beaux-Arts de Quimper a une belle collection de peintures et gouaches de Max Jacob, illustrant la vie quotidienne bretonne et la ville de Quimper.

 

Écouter  :

« 24 préludes liturgiques X, sur un cantique breton », extrait de Gaston Litaize, Jubilate Deo, Bayard Musique.  

Sophie de Villeneuve

Partager cet article
Repost0

commentaires

Rechercher

Articles Récents

  • 60 ans de combats
    - CCFD 60ans 10 octobre-1.pdf
  • Annonces de la semaine
    Samedi 4 septembre Ste Rosalie 11h00 : PONT du CASSE, Baptême de Djovaly d’AGRO 17h00 : PONT du CASSE, Mariage Adriane PEYRONIN & Luc FABBRO 18h30 :MONBRAN, Messe (int Famille Genies ) Dimanche 5 septembre 23°dimanche du TO 10h30 : FLOTTIS, Messe de départ...
  • Trait d'Union - Septembre 2021 - n°318
    TRAIT - D’UNION Septembre - 2021 n °318 Paroisse Sainte-Marie en Agenais Pont du Casse – Ste Foy de Jérusalem – Serres – St Martin de Foulayronnes – Monbran - Pauilhac – St Julien de Terrefosses Artigues - La Croix Blanche – St Arnaud Presbytère de Pont-du-Casse...
  • Journée œcuménique de la Création –dimanche 29 août 2021
    Après la messe catholique célébrée en l’église de Lusignan Petit et le pique-nique sous les pruniers, une bonne cinquantaine de personnes ont pris les chemins vers Doulougnac pour vivre en accord avec la création qui nous est confiée et méditer Laudato...
  • journées mondiales de la création du 1° septembre au 4 octobre (St François)
    Prière du temps pour la Création 2021 (extrait) Ô Dieu créateur de tout Nous te rendons grâce d’avoir créé par Amour notre planète pour qu’elle soit la maison de tous. Dans ton infinie sagesse, tu as créé la Terre et fait naître une diversité d’êtres...
  • Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création
    Season of Creation 2021 Season of Creation 2021 https://www.youtube.com/watch?v=cHxWhzDrEac
  • église verte: foi chrétienne et écologie
    Notre Évêque, dans sa lettre pastorale de septembre 2020, mettait l’accent sur « l’engagement écologique des chrétiens » et précisait «que cela consistait à changer quelque chose dans nos pratiques de tous les jours ». Nous l'avons retenu dans notre Projet...
  • Pèlerinage diocésain à Lourdes, 12-14 juillet 2021
    Le dernier pèlerinage des personnes malades, âgées ou handicapées, date de juillet 2019. En 2020, en raison de la pandémie de Covid-19, il n'a pu avoir lieu. Cette année, une journée de pèlerinage sous l’égide de l’Hospitalité de Notre Dame de Lourdes,...
  • Emmanuel Macron a visité le sanctuaire de Lourdes
    En images : Emmanuel Macron a visité le sanctuaire de Lourdes Ludovic MARIN / AFP Le président de la République est entouré d'Antoine Hérouard, délégué apostolique au sanctuaire de Lourdes, Mgr Olivier Ribadeau Dumas, recteur du sanctuaire, et de Thierry...
  • Pèlerinage des malades à Bon Encontre
    L'Hospitalité Notre Dame de Lourdes du Diocèse d'Agen n'ayant pu organiser le traditionnel Pèlerinage des personnes handicapées, malades ou âgées, à cause des normes sanitaires, c'est une belle journée qui a été organisée à la basilique Notre Dame de...