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13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 16:37
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°18 : SAINT-LOUIS DES INVALIDES POUR LES ARMÉES DE LA RÉPUBLIQUE
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°18 : SAINT-LOUIS DES INVALIDES POUR LES ARMÉES DE LA RÉPUBLIQUE

Saint-Louis des Invalides pour les armées de la France

 

Entre 1676 et 1679, l’hôtel des Invalides se dote d’une église pour les soldats invalides hébergés par l’État. Le dôme, qui en est le chœur, ne sera inauguré qu’en 1706. Il est aujourd’hui désacralisé et accueille depuis 1840 le tombeau de Napoléon Ier. L’église des soldats, elle, est devenue la cathédrale du diocèse aux armées.

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°18 : SAINT-LOUIS DES INVALIDES POUR LES ARMÉES DE LA RÉPUBLIQUE

En 1670, le jeune roi Louis XIV, à 32 ans, ne cache pas ses ambitions guerrières. Mais de nombreux invalides de guerre, rescapés de la guerre de Trente ans, sont devenus des mendiants ou des voleurs et font tache dans la foule parisienne, déclenchant de nombreux troubles. Pour restaurer la sécurité, redorer l’image de l’armée et sa propre image par la même occasion, le roi ordonne la construction d’un hôtel sur la plaine de Grenelle, à l’écart de Paris, qui pourra accueillir trois mille invalides de guerre. Entre 1676 et 1690, il en accueillera jusqu’à six mille. Aujourd’hui encore, l’hôpital militaire héberge une centaine d’invalides de guerre des armées françaises.

 

L’architecte Libéral Bruant conçoit un ensemble organisé en cinq cours, qui comprendra un hôpital militaire, un hospice pour les soldats âgés. Une manufacture qui fournira les uniformes donne du travail aux soldats, ainsi que des ateliers de fabrication de bas et de chaussures, et même un atelier de calligraphie et d’enluminure.

 

L’église des soldats

En 1676, Jules Hardouin-Mansart remplace Bruant et démarre la construction de « l’église des soldats », qui ouvre ses portes dès 1679. Elle est dédiée à saint Louis et consacrée à la Sainte Trinité. Pourtant, elle n’est pas terminée. Hardouin-Mansart veut la prolonger par un dôme impressionnant. Mais beaucoup s’y opposent, notamment Colbert qui multiplie les restrictions budgétaires. Le dôme ne sera inauguré par Louis XIV qu’en 1706.

 

Dès le début, l’église est coupée en deux, le dôme faisant office de chapelle royale. Quand Louis XIV vient assister à la messe, les soldats sont présents eux aussi. Mais l’un entre par le dôme, et s’y tient, tandis que les autres entrent par la cour d’honneur et restent dans la nef.

Troubles révolutionnaires

Au matin du 14 juillet 1789, c’est avec la complicité d’une partie des soldats invalides que les révolutionnaires entrent dans l’hôtel, s’emparent de 32 000 fusils et de 27 canons, avant de se diriger vers la Bastille. Les symboles royaux et religieux sont martelés. Mais les Invalides demeurent et, avec la guerre contre l’Autriche en 1792, le gouvernement révolutionnaire s’appuie sur ses anciens soldats. En 1793, un jeune capitaine nommé Bonaparte s’illustre pendant le siège de Toulon. Après un passage à vide, il connaît en 1795 une ascension fulgurante et se voit nommé général en chef de l’Intérieur au mois d’octobre. Aux Invalides, son nom court sur toutes les lèvres.

 

Napoléon, le héros des Invalides

Après la Révolution, Napoléon entretient des liens privilégiés avec l’institution, et gagne l’affection et l’estime des soldats. En 1804, il organise aux Invalides une cérémonie fastueuse au cours de laquelle il remet la toute première Légion d’honneur aux officiers méritants, mais aussi à des scientifiques, des prélats ou des artistes. Après la mort de l’empereur, il faut attendre l’avènement de Louis-Philippe et le retour en grâce des bonapartistes, pour que de nombreuses voix osent demander, comme celles de Victor Hugo ou d’Alexandre Dumas, le rapatriement de sa dépouille mortelle. En 1840, c’est au centre du dôme des Invalides, dans une crypte à ciel ouvert, que Napoléon sera inhumé au terme de funérailles nationales. Aujourd’hui désacralisé, le dôme est séparé de la cathédrale par une verrière construite en 1873.

La cathédrale des armées françaises

L’église des soldats sera déclarée cathédrale en 1986 et attribuée au diocèse aux armées françaises, ancien vicariat aux armées, indépendant du diocèse de Paris depuis 1967. Malgré la séparation de l’Église et de l’État, le drapeau français flotte dans le chœur de l’église, et la nef arbore une collection de drapeaux pris à l’ennemi. Selon les propos de Mgr Antoine de Romanet, actuel évêque aux Armées françaises, « Les cathédrales de France, propriétés de la puissance publique et affectées au culte, associent de façon exemplaire l’Église et l’État, le politique et le religieux, en les élevant vers l’indicible. La cathédrale Saint-Louis des Invalides en est une illustration emblématique. (…) D’une certaine manière, la cathédrale Saint-Louis des Invalides immortalise avec incandescence dans sa pleine et entière signification éprouvée par les siècles, le beau et grand principe de laïcité. »

 

Écouter  :

Symphonie n°4 en si bémol majeur de Ludwig van Beethoven  : Adagio/Allegro vivace, interprété par l’orchestre symphonique de la Garde républicaine à Saint-Louis des Invalides, sous la direction de François Boulanger.

Christel Juquois

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