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1 août 2020 6 01 /08 /août /2020 06:58
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°5 : NOTRE-DAME DE BAYEUX
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°5 : NOTRE-DAME DE BAYEUX

Notre-Dame de Bayeux, la conquérante

 

Depuis la bataille de Hastings en 1066 jusqu’aux commémorations du Débarquement en présence de la reine d’Angleterre en 1989, la cathédrale de Bayeux est un lieu symbolique de l’histoire de la Normandie, de la France et de l’Angleterre. C’est à partir de 1160 que l’actuelle cathédrale, gothique, est édifiée.

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°5 : NOTRE-DAME DE BAYEUX

La fondation de la ville de Bayeux remonte à l’époque gallo-romaine. Intégrée en 924 au domaine du chef viking Rollon, premier duc de Normandie, Bayeux est alors, après Rouen, la ville la plus importante de Normandie.

 

La première cathédrale carolingienne ayant brûlé, l'évêque de Bayeux Hugues II entreprend sa reconstruction en 1040, mais il meurt rapidement. C’est son successeur Odon, demi-frère de Guillaume le Conquérant, qui prend la relève, ayant rapporté d’Angleterre les ressources nécessaires à l’achèvement de la cathédrale. La nouvelle cathédrale Notre-Dame est romane. Elle est consacrée le 14 juillet 1077, en présence de Guillaume le Conquérant et de Mathilde de Flandres. Mais elle est en partie détruite par un nouvel incendie en 1160. La cathédrale est reconstruite en style gothique, c’est elle que l’on peut admirer aujourd’hui.

 

Une cathédrale « patchwork »

De l’époque romane, elle conserve une partie des tours de façade occidentale, la crypte bâtie entre 1050 et 1060 et les grandes arcades inférieures en plein cintre de la nef. Le gothique avec un « accent normand » se manifeste par des arcs brisés très aigus et de multiples colonnettes. Une façade gothique a été plaquée sur la façade d'entrée. Au XIXe siècle, après consolidation, la tour centrale est coiffée d'un dôme en cuivre.

 

C’est sans doute à Bayeux que s’est établi au milieu du XIe siècle le schéma de la façade harmonique : un porche central flanqué de tours de façade destinées à abriter des cloches. Ce modèle s’est répandu dans l’ensemble de l’Europe.

 

Des vitraux offerts par la reine d’Angleterre

Situés derrière le chœur, des vitraux représentent les blasons des bataillons anglais débarqués en Normandie en juin 1944. Ils ont été offerts par la reine Élisabeth II qui les a inaugurés le 6 juin 1989. Ils témoignent des liens anciens entre la Normandie et la couronne d’Angleterre.

 

La cathédrale possède également quelques beaux vitraux créés au XIXe siècle sur les transepts nord et sud et dans les chapelles latérales. Les vitraux des chapelles latérales racontent la vie de saints comme celle de saint Exupère, premier évêque de Bayeux.

 

Au XXe siècle, les huit grandes baies du transept ont reçu des vitraux qui ont la particularité de changer de couleur en fonction de la lumière.

 

Une crypte chargée d’histoire

Dernier vestige de l’époque de Guillaume le Conquérant, la crypte est un bijou d’art roman muré lors de la construction du chœur gothique et redécouvert au début du XVe siècle. C’est en ces lieux qu’Harold Godwinson aurait prêté serment, s’engageant à laisser Guillaume monter sur le trône d’Angleterre à la mort du roi. Promesse non tenue qui conduisit Guillaume de Normandie à envahir l’Angleterre et à accéder au trône après avoir remporté la bataille de Hastings.

La tapisserie de Bayeux

La tapisserie de Bayeux, longue de 70 mètres, raconte la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie. Elle a été offerte à la cathédrale de Bayeux par Odon de Conteville, demi-frère de Guillaume le Conquérant, qui participa à la conquête de l'Angleterre. La tapisserie légitime la conquête de l’Angleterre aux yeux du peuple et lui confère un caractère sacré.
Jusqu’à la Révolution française, elle était abritée dans un coffre dans la salle aux trésors de la cathédrale, d’où elle était sortie pour être exposée dans la nef tous les mois de juillet. Aujourd’hui, elle est présentée dans un musée de la ville.

Écouter  :

« Gaude Maria Virgo », extrait de O felices lacrimae, par l'ensemble De Caelis, Studio SM .

Geneviève Pasquier

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