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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 08:44
Comment être miséricordieux au quotidien ?
FATHER AND SON,

Oksana Polakova | Shutterstock

La fête de la Miséricorde, ce dimanche 11 avril, est l’occasion de faire l’expérience de l’inépuisable tendresse de Dieu.

Le Dimanche de la miséricorde divine nous invite à découvrir plus profondément combien le Seigneur, « Dieu de tendresse et pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité » (Ex 34, 6), est saisi de compassion devant la misère de l’homme pécheur. Il ne repousse pas celui qui crie vers Lui et ne demande qu’une chose : que nous ayons la simplicité et l’audace – celle des petits enfants – de nous jeter dans ses bras, de recourir inlassablement à son amour. Plus nous percevons à quel point le Seigneur veut combler tout homme de sa miséricorde, plus nous nous sentons appelés à en être témoins.

Nous ne pouvons pas accueillir la miséricorde, sans être miséricordieux

Le plus terrible, ce n’est pas de pécher, mais de douter de la miséricorde : pour s’en convaincre, il suffit de comparer le désespoir de Judas et les larmes de Pierre après que l’un et l’autre ont trahi Jésus. L’un s’est pendu, l’autre s’est laissé réconcilier avec son Seigneur et est devenu le grand saint que l’on sait.

Nous ne pouvons pas accueillir la miséricorde, sans être miséricordieux à notre tour. « Pardonne-nous comme nous pardonnons », disons-nous dans le Notre Père. « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 36), insiste Jésus, qui raconte pour mieux se faire comprendre encore, la parabole du débiteur impitoyable (Mt 18, 23-35) ; ce débiteur au cœur dur, que nous sommes tous, lorsque nous refusons de pardonner à nos frères alors que Dieu nous pardonne.

 
La miséricorde est tendresse fidèle, une compassion

La miséricorde nous désarme. Au lieu de faire surgir en nous le jugement qui condamne, au lieu de mettre sur nos lèvres la parole qui enferme, elle ouvre nos cœurs à la misère de nos frères. « On ne donne Dieu que par rayonnement », disait Marthe Robin. On n’annonce la miséricorde qu’en la vivant, chaque jour, là où nous sommes.

La miséricorde n’est pas seulement le pardon. Il s’agit d’une tendresse fidèle, d’une compassion qui saisit la personne au plus profond de son être. Et ce, devant toute sorte de misère : celle du péché, bien sûr, mais aussi la faim, la soif, l’isolement, le désespoir, la privation de liberté, la douleur physique, la déchéance sociale. En somme, ce qu’énumère Jésus quand Il parle du jugement dernier : « J’ai eu faim, j’ai eu soif, j’étais prisonnier, malade, étranger… » (Mt 25, 31-46) « Instruire, conseiller, consoler, conforter sont des œuvres de miséricorde spirituelle, comme pardonner et supporter avec patience. Les œuvres de miséricorde corporelle consistent notamment à nourrir les affamés, loger les sans-logis, vêtir les déguenillés, visiter les malades et les prisonniers, ensevelir les morts » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, § 2447)

 

La miséricorde n’est pas seulement le pardon. Il s’agit d’une tendresse fidèle, d’une compassion qui saisit la personne au plus profond de son être. Et ce, devant toute sorte de misère : celle du péché, bien sûr, mais aussi la faim, la soif, l’isolement, le désespoir, la privation de liberté, la douleur physique, la déchéance sociale. En somme, ce qu’énumère Jésus quand Il parle du jugement dernier : « J’ai eu faim, j’ai eu soif, j’étais prisonnier, malade, étranger… » (Mt 25, 31-46) « Instruire, conseiller, consoler, conforter sont des œuvres de miséricorde spirituelle, comme pardonner et supporter avec patience. Les œuvres de miséricorde corporelle consistent notamment à nourrir les affamés, loger les sans-logis, vêtir les déguenillés, visiter les malades et les prisonniers, ensevelir les morts » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, § 2447)

On ne vit la miséricorde qu’en rejoignant l’autre dans sa misère

Les œuvres de miséricorde ne sont pas de « bonnes œuvres », au sens étriqué du terme. La tentation nous guette tous, de venir en aide à notre prochain du haut de notre vertu, de notre dévouement, de notre situation sociale, de nos moyens matériels. Mais alors, il ne s’agit pas de miséricorde ; car on ne vit la miséricorde qu’en rejoignant l’autre dans sa misère, ce qui passe, pour chacun de nous, par l’acceptation de notre propre misère. Ce n’est qu’en consentant à me reconnaître pauvre et pécheur devant Dieu, en me tenant devant Lui comme un pauvre, que je peux recevoir de Lui l’amour de miséricorde dont je pourrai, à mon tour, aimer mes frères. Il ne s’agit pas de faire du « paupérisme spirituel » en reniant mes capacités et mes richesses : il s’agit d’avoir bien conscience que je n’ai rien mérité, que tout m’a été donné gratuitement, et que je suis, fondamentalement, un « petit » qui doit tout à son Père.

Notre autorité sera d’autant plus grande auprès de nos enfants qu’elle ne s’appuiera pas sur nos forces, mais sur le Seigneur.

Cela se traduit, en particulier, dans toutes les tâches éducatives. La miséricorde est comme la tonalité de l’éducation chrétienne. Cette miséricorde qui nous rend patients, disponibles pour écouter et consoler, capables d’expliquer cinquante fois la même chose et de répéter indéfiniment les mêmes tâches, qui ouvre notre cœur et nos bras pour accueillir l’enfant prodigue et qui pardonne « soixante-dix fois sept fois ». Cette miséricorde qui nous fait, d’abord, nous recevoir de Dieu tels que nous sommes, sans nous irriter de nos propres limites. Notre autorité sera d’autant plus grande auprès de nos enfants qu’elle ne s’appuiera pas sur nos forces, mais sur le Seigneur. Et nous serons d’autant plus patients avec eux que nous nous en remettrons constamment, avec toutes nos faiblesses et nos erreurs, à son infinie miséricorde.

Christine Ponsard

Les douze messages de Jésus sur la miséricorde divine transmis à sainte Faustine
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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 11:35

Amoris Laetitia - SitePlus d'un an de propositions spirituelles, pastorales et culturelles pour accompagner et soutenir les familles face aux défis de notre temps

Le 19 mars 2021, l'Église célèbre les 5 ans de la publication de l'exhortation apostolique Amoris Laetitia sur la beauté et la joie de l'amour familial. Ce même jour, le pape François inaugurera l'Année "Famille Amoris Laetitia", qui s'achèvera le 26 juin 2022 lors de la Xe Rencontre mondiale des familles à Rome avec le Saint-Père.L'expérience de la pandémie a mis plus en évidence le rôle central de la famille en tant qu'Église domestique et a souligné l'importance des liens entre les familles, qui font de l'Église une «famille de familles»(AL 87). À travers les initiatives spirituelles, pastorales et culturelles prévues dans le cadre de l'Année "Famille Amoris Laetitia",le Pape François entend s'adresser à toutes les communautés ecclésiales du monde entier en exhortant chacun à être témoin de l'amour familial.Dans les paroisses, les diocèses, les universités, les mouvements ecclésiaux et les associations familiales, seront diffusés des instruments de spiritualité familiale, de formation et d'action pastorale sur la préparation au mariage, l'éducation à l'affectivité des jeunes et sur la sainteté des époux et des familles qui vivent la grâce du sacrement dans leur vie quotidienne. Des symposiums universitaires internationaux seront également organisés pour approfondir le contenu et les implications de l'exhortation apostolique par rapport aux questions d'actualité qui touchent les familles dans le monde entier.En vue de l'ouverture le 19 mars, le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie a préparé une brochure d'information à partager avec les diocèses, les paroisses et les familles, qu'ils pourront télécharger sur le site internet dédié www.amorislaetitia.va . Parmi les objectifs du site-que l'on peut également rejoindre depuis la page d'accueil du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie (www.laityfamilylife.va)il y a la diffusion de l'annonce chrétienne sur la famille à la lumière des défis de notre temps, l’approfondissement du texte de l'exhortation apostolique et du magistère du Pape François et l’invitation adressée auxConférences épiscopales, diocèses, paroisses, ainsi qu’aux mouvements,associations et familles, à se consacrer avec vigueur à la pastorale familiale en mettant en œuvre "Amoris Laetitia". Le site, développé en cinq langues (anglais, français, espagnol, portugais et italien), est riche en graphiques et en contenu, est facile à consulter et sera mis à jour avec les propositions et les initiatives qui se développeront au cours de l'année.

Vivre en s’inspirant d’Amoris laetitia : des familles témoignent
Le 25 mars, le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, en collaboration avec le Dicastère pour la Communication, inaugurera une initiative consacrée à l'exhortation apostolique Amoris laetitia, cinq ans après sa publication. Dix familles de différentes régions du monde proposeront leur témoignage en vidéo sur le document du Pape.
« La joie de l'amour qui est vécue dans les familles est aussi la joie de l'Église ». Le début de l'exhortation apostolique Amoris laetitia, promulguée par François le 19 mars 2016, exprime le sentiment dominant de l'Église universelle à l'égard de la « petite église » qu’est la famille. Les 325 numéros du document papal entrent dans la « chair » des fragilités familiales pour raviver la beauté de ces liens selon le plan de Dieu.
Cette nouvelle année thématique qui commence ce 19 mars vise à mieux faire connaître l’exhortation apostolique "Amoris Laetitia" publiée par le Pape François en 2016.
Cinq années plus tard, le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie a décidé de célébrer cet anniversaire et le début de l'année spéciale voulue par François en offrant, parmi de nombreuses initiatives, un espace de témoignage à dix familles de diverses origines géographiques. Chaque mois à partir du 25 mars, elles raconteront quelque chose de leur vie et de leur foi à la lumière des enseignements du Pape. Dans chaque épisode de la série sera abordé un thème du document. Les vidéos, qui s’accompagnent d'une aide pastorale téléchargeable, ont été réalisées en collaboration avec le Dicastère pour la communication, qui les publiera sur le portail Vatican News en 5 langues. Elles seront aussi disponibles sur le site www.amorislaetitia.va.
Ces témoignages, a expliqué le cardinal Kevin Farrell, préfet du Dicastère pour les Laïcs, la famille et la vie, sont un « cadeau que le pape François a fait à chacun de nous » et en même temps « un moment pour se rappeler que ce grand enseignement est pertinent dans notre monde actuel ».
« J'espère et je prie, conclut-il, afin que nous puissions tous nous réunir pour écouter, entendre et comprendre l'importance de ce document pour notre monde actuel. C'est un moment de l'histoire de l'humanité qui exige l'engagement de chacun d'entre nous à mieux comprendre les défis et les bénédictions de la vie familiale, pour le bien de l'humanité et de la société dans son ensemble. »

Le Pape François inaugure le 19 mars l'Année "Famille Amoris Laetitia
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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 12:15
Dans la plaine de Ninive, le pape François offre au monde une image inédite

Photo by Vincenzo PINTO / AFPArthur Herlin - Publié le 07/03/21

Les habitants de Mossoul et Qaraqosh, pourtant marqués par trois années de guerre, ont accueilli le pape François en liesse. Une image inédite et poignante que l’Irak n’avait pas connu depuis 2003.

Après avoir conquis les cœurs des leaders spirituels des diverses religions d’Irak la veille, le pape François s’est rendu au chevet des victimes de la guerre contre l’État islamique ce dimanche. À Mossoul tout d’abord, le pape a été accueilli chaleureusement par autant de musulmans que de chrétiens. Une scène de liesse inédite, au milieu des décombres, dans le pays, qui n’avait pas connu un tel temps fort depuis au moins 2003. « Notre rencontre, a-t-il déclaré, montre que le terrorisme et la mort n’ont jamais le dernier mot. La « fraternité est plus forte que le fratricide », leur a-t-il encore lancé. 

Dans le stade d’Erbil, dernière étape de son voyage, le pape a célébré la messe devant au moins 10.000 personnes. Il a confié aux irakiens d’ultimes paroles. « Se rapproche maintenant pour moi le moment de repartir pour Rome, a-t-il dit, mais l’Irak restera toujours dans mon coeur. Je vous demande de travailler ensemble pour un avenir de paix. Salam, salam salam ! », a-t-il alors martelé à la foule.


Lire aussi :
La « fraternité est plus forte que le fratricide », lance le Pape à Mossoul

Lire aussi :

À Mossoul, l’émouvante prière du pape François pour les victimes de la guerre

Comme pour donner l’exemple, à peine la cérémonie terminée, le pape argentin a rencontré Abdullah Kurdi, le père du petit Alan qui s’était noyé avec son frère et sa mère, alors qu’il tentait avec sa famille de rejoindre l’Europe. La photo du corps sans vie d’Alan avait fait le tour du monde. Le pape s’est longuement entretenu avec lui, et, avec l’aide de l’interprète, a pu écouter la « douleur du père pour la perte de sa famille ». Il a par ailleurs exprimé sa « participation profonde et celle du Seigneur à la souffrance de l’homme ». Abdullah Kurdi a exprimé sa gratitude au pontife pour ses paroles de proximité à sa tragédie et à celle de tous ces migrants qui « cherchent la compréhension, la paix et la sécurité en quittant leur propre pays au risque de leur vie ».


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EN DIRECT – « L’Irak restera toujours avec moi dans mon cœur », lance le Pape aux Irakiens


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En Irak, le pape François bouscule les lignes

 
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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 21:45
François en Irak : avec le vaccin de l’espérance « nous pouvons aller de l’avant »

AYMAN HENNA / IRAQIYA TV / AFP

La rédaction d'Aleteia - Publié le 05/03/21

Le pape François entame ce vendredi 5 mars un voyage historique en Irak. Pendant trois jours, il va aller à la rencontre d’un pays durement éprouvé, d’’une communauté chrétienne en souffrance mais aussi d’une société en quête d’espérance. Suivez sa visite en direct.

Le pape François s’est envolé de Rome vendredi dans la matinée pour rejoindre Bagdad où il a atterri peu après midi pour une visite de trois jours en Irak. Pendant ce voyage historique entre la plaine d’Ur, le Kurdistan irakien et la plaine de Ninive, le souverain pontife cherchera à « renforcer la fraternité » et à encourager « la construction d’un avenir de paix ». Parmi les moments forts de ce voyage, le pontife rencontrera le 6 mars le chef religieux des musulmans chiites d’Irak, l’ayatollah Ali al-Sistani, à Najaf. En se rendant dans le nord du pays le 7 mars, il se portera au chevet des chrétiens à Mossoul tout d’abord pour une prière en suffrage aux victimes de la guerre contre l’État islamique, puis à Qaraqosh pour une rencontre avec la communauté locale.

16H04aller de l'avant avec le vaccin de l'espérance
Vincenzo PINTO / AFP

Afin de ne pas être contaminé par le découragement, « le Seigneur nous a donné un vaccin efficace » : l’espérance, a déclaré le pape François aux évêques, prêtres, religieuses et séminaristes à la cathédrale de Notre-Dame-du-Salut de Bagdad le 5 mars 2021. Le pape a également évoqué le martyre dans ce même lieu de chrétiens en 2010. Après son discours aux autorités, le chef de l’Église catholique a rejoint la cathédrale syro-catholique de Notre-Dame-du-Salut. Dans la cour de l’édifice, une vingtaine de malades et d’handicapés en fauteuils roulants l’ont salué devant une réplique de la grotte de Lourdes en chantant et tapant des mains.

14h06Discours devant les autorités irakiennes

Première prise de parole du pape François en Irak. Le pontife exhorte les autorités civiles à promouvoir une « solidarité fraternelle ». Celle-ci, selon lui, est la seule approche capable de garantir une authentique reconstruction dans une société diversifiée. « Je viens comme un pèlerin de paix, au nom du Christ, Prince de la paix », déclare le pontife argentin.

13H07Beaucoup de monde au passage du pape

 

12h01Le pape François est en Irak

À son arrivée, le pape n’a pas été accueilli comme il est de coutume par le nonce apostolique du pays visité mais par le secrétaire de la nonciature. Le représentant du pape en Irak, Mgr Mitja Leskovar a en effet été récemment testé positif au Covid-19. Sur le sol irakien, le pape a été accueilli par le premier ministre irakien, Mustafa Abdellatif Mshatat et son épouse, tandis qu’une fanfare entonnait l’Hymne à la joie.

« Je suis content de reprendre les voyages » après 16 mois sans déplacement, a déclaré le pape argentin à bord de l’avion. « Et ce voyage emblématique est un devoir envers une terre martyre depuis tant d’années », a-t-il ajouté.

07H40l'avion du pape François a décollé
I.MEDIA images/Arthur Herlin

L’avion du pape François a décollé à 7h40 de l’aéroport de Fiumicino à Rome pour rejoindre Bagdad, capitale d’Irak le 5 mars 2021. Au cours de ce voyage, le pape cherchera à « renforcer la fraternité » dans la société irakienne. Avant son départ, le pape a rencontré une douzaine de réfugiés irakiens accueillis en Italie par Sant’Egidio. Ils étaient accompagnés par son aumônier le Cardinal Konrad Krajewski.

06h30Une visite historique
IRAQ
Sabah ARAR | AFP
Une fresque du pape François a été dessinée devant la cathédrale syriaque-catholique de Bagdad (Irak).

C’est la première fois qu’un successeur de Pierre se rend en Irak. L’enjeu de ce voyage est d’abord de venir consoler une communauté chrétienne exsangue après deux décennies marquées par la peur, la violence et l’humiliation. Les violences, les discriminations et la conjoncture économique ont conduit des centaines de milliers d’Irakiens à quitter leur pays. Alors qu’on comptait près d’un million et demi de chrétiens en 2000, ils seraient aujourd’hui moins de 300.000. Certains affirment même qu’il n’en resterait plus que 150.000. Cependant, il existe quelques raisons d’espérer avec le retour de certaines familles chrétiennes.


IRAQ

Lire aussi :
Le voyage du pape François en Irak, un événement historique

 


Ziggurat of Ur

Lire aussi :
Irak : la visite du Pape, véritable pèlerinage en Terre sainte

 

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19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 18:20
VATICAN

AFP PHOTO /VATICAN MEDIA / HANDOUT

Vœux du pape François au corps diplomatiques, 8 février 2021.

Jean-Baptiste Noé - Publié le 18/02/21

Dans son discours annuel au corps diplomatique, le pape François a évoqué une "crise anthropologique générale". La société post-Covid devra trouver des solutions pour résoudre les dégâts causés dans la jeunesse et les atteintes aux libertés fondamentales.

Chaque année, le Pape s’adresse aux ambassadeurs en poste près le Saint-Siège, dressant dans son discours annuel un bilan diplomatique de l’année écoulée et ouvrant quelques perspectives pour l’année à venir. 2021 n’a pas échappé à cette règle. Après les figures imposées par ce type d’intervention codifiée, notamment sur les conflits en cours, le Pape a proposé une analyse originale de la crise provoquée par la pandémie de coronavirus. Cette réflexion sur le sens de cette maladie et les réponses apportées par les États dépasse le cadre strictement diplomatique. Loin d’être uniquement un problème sanitaire, nous dit le pape, il s’agit d’abord « d’une crise des relations humaines » qui est l’expression « d’une crise anthropologique générale qui concerne la conscience même de la personne humaine et sa dignité transcendante ».

La jeunesse oubliée

Les confinements décrétés par les gouvernements ont provoqué de longs mois d’isolement pour de nombreuses personnes, notamment les personnes âgées dans leurs maisons de retraite et les étudiants, privés de cours et parfois enfermés dans leur chambre ou leur résidence étudiante. Or ces confinements ont démontré l’importance cruciale d’avoir des relations humaines : l’homme ne peut vivre de façon virtuelle derrière un ordinateur et gérer ses relations par des clics et des commandes à distance. Il a besoin d’être en contact physique avec ses semblables et ses amis, de voir du monde et de tisser de véritables relations : « La pandémie qui nous a contraints à de longs mois d’isolement, et souvent de solitude, a fait apparaître la nécessité pour toute personne d’avoir des relations humaines. Je pense avant tout aux étudiants qui n’ont pas pu aller régulièrement à l’Université. »
STUDENT

Lire aussi :  « L’isolement ampute les étudiants d’une part importante de leur vie »

 

De fait, les cours virtuels auxquels sont astreints les étudiants sont très loin de remplir les objectifs pédagogiques des vrais cours, ceux qui se font en amphithéâtre et qui permettent aux étudiants de tisser des relations sociales sur les campus universitaires. Cela a favorisé également la dépendance aux écrans et, avec eux, le risque non seulement de l’isolement, mais aussi de la dépendance aux crimes en ligne : « L’augmentation de l’enseignement à distance a impliqué une plus grande dépendance des enfants et des adolescents à l’Internet et aux formes de communications virtuelles en général, les rendant par ailleurs plus vulnérables et plus exposés aux activités criminelles on line. »

Si le Pape ne nomme pas lesdites activités criminelles, il est légitime de penser qu’il fait allusion notamment au problème de la pornographie, qui pullule sur la toile. L’isolement forcé et la rupture des liens humains peuvent provoquer, en forme de compensation, une dépendance à l’industrie du sexe en ligne, sans qu’il soit possible de repérer quels étudiants basculent dans ce monde parallèle. C’est bien d’une catastrophe éducative dont il s’agit, expression sur laquelle le pape insiste lourdement : « Nous assistons à une sorte de “catastrophe éducative”. Je voudrais le répéter : nous assistons à une sorte de “catastrophe éducative”, face à laquelle on ne peut rester inerte, pour le bien des générations futures et de toute la société. »

Un problème diplomatique majeur

Certains pourront s’étonner que le Pape aborde ce thème dans un discours adressé à des diplomates et que ce sujet compose la conclusion de son intervention. C’est le moment du discours où François s’exprime de la façon la plus personnelle, après des considérations un peu convenues et obligatoires dans ce type d’intervention sur la situation du monde. Or le fait qu’il parle d’éducation et du problème de la « catastrophe éducative » face au corps diplomatique témoigne au contraire de la spécificité diplomatique du Vatican. En tant qu’État catholique, c’est-à-dire qui s’intéresse « à tous les hommes et à tout l’homme » selon la formule de Jean Paul II, François est tout à fait fondé à parler d’éducation dans ce type d’intervention, conscient qu’il ne peut y avoir de résolution des conflits, de prévention de la paix et de développement humain intégral si on néglige la jeunesse des pays et si on la sacrifie dans une gestion problématique d’une pandémie.

L’éducation est l’antidote naturel à la culture individualiste.

L’avenir du monde passe par la jeunesse, une évidence valable depuis toujours et vraie pour toutes les générations. La « catastrophe éducative » évoquée par le pape est donc bien un problème majeur de la diplomatie actuelle. Comme il le dit ensuite, l’éducation « est l’antidote naturel à la culture individualiste, qui quelquefois dégénère en un véritable culte du “moi” et dans le primat de l’indifférence. Notre avenir ne peut pas être la division, l’appauvrissement des facultés de pensée et d’imagination, d’écoute, de dialogue et de compréhension mutuelle ». Il est donc essentiel de tenir compte de la jeunesse et de s’inquiéter de son état de détresse psychologique et des retards pris dans sa formation du fait des confinements imposés et des restrictions éducatives.

La liberté religieuse : un droit fondamental

Mais la catastrophe éducative évoquée par le Pape s’accompagne aussi d’une catastrophe à propos des libertés fondamentales, attaquées de toutes parts sous prétexte de lutter contre le virus : « Les exigences pour contenir la diffusion du virus ont aussi eu des conséquences sur diverses libertés fondamentales, y compris la liberté de religion, en limitant le culte et les activités éducatives et caritatives des communautés de foi. » Or la liberté religieuse est un impératif de l’homme et sa défense une des raisons d’être de la diplomatie vaticane. Là aussi, l’homme n’est pas que matière et il ne vit pas uniquement de pain et de relations en ligne. Comme il a besoin de voir des personnes et de cultiver ses relations sociales, il a aussi besoin, et il a le droit, d’avoir une vie de foi : « Il ne faut pas négliger le fait que la dimension religieuse constitue un aspect fondamental de la personnalité humaine et de la société, qui ne peut être effacé ; et que, alors que l’on cherche à protéger les vies humaines de la diffusion du virus, on ne peut considérer la dimension spirituelle et morale de la personne comme secondaire par rapport à la santé physique. » Le corps est certes important, mais l’âme et l’esprit le sont tout autant. La liberté d’avoir des cours à l’université et de voir ses amis relève de la santé de l’esprit, celle de pratiquer sa foi, de la santé de l’âme.

En conclusion de son discours, le Pape rappelle aux diplomates présents un élément essentiel de la liberté religieuse, à savoir que la pratique de la foi ne découle pas de la liberté de réunion, mais de la liberté religieuse elle-même : « La liberté de culte n’est cependant pas un corollaire de la liberté de réunion, mais dérive essentiellement du droit à la liberté religieuse qui est le premier et plus fondamental droit humain. Il est donc nécessaire que celle-ci soit respectée, protégée et défendue par les Autorités civiles, comme la santé et l’intégrité physique. D’ailleurs, un bon soin du corps ne peut jamais faire abstraction du soin de l’âme. » En disant cela, le pape pense évidemment aux nombreux pays européens qui, tout en se vantant d’être des démocraties et de respecter les libertés fondamentales, ont restreint comme jamais la liberté religieuse, au motif erroné de sauver le corps de leurs citoyens.



Lire aussi : La promesse de l’avenir se construit dans le présent

 

Le discours du Pape au cours de ses vœux diplomatiques 2021 se révèle beaucoup plus subversif qu’il n’y paraît de prime abord. En insistant sur la « crise anthropologique », plus grave et plus profonde que la crise sanitaire, en montrant le lien étroit entre soin du corps, de l’âme et de l’esprit et en insistant sur l’absolue nécessité de prendre soin de la jeunesse et de ne pas l’enfermer dans un ghetto numérique à distance, François a délivré un discours politique de haut niveau qui place la crise vécue depuis bientôt un an dans une perspective beaucoup plus large et profonde que ne le font la plupart des chefs d’État. Reste ensuite à leurs diplomates à jouer leur rôle d’ambassadeur, c’est-à-dire de rapporter dans leur capitale respective les propos tenus à Rome.

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17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 22:02
Messe des Cendres © Vatican Media

Messe des Cendres © Vatican Media

« Tu es le médecin, tu peux me libérer »: messe des Cendres (traduction complète)

Le carême, « descente humble au-dedans de nous-mêmes et vers les autres »

« Tu es le médecin, tu peux me libérer. Guéris mon cœur. Guéris ma lèpre »: le pape François invite à revenir vers Dieu, vers le Père, vers Jésus, vers l’Esprit Saint, pendant le carême qui s’est ouvert, ce mercredi 17 février 2021, par la messe « des Cendres », en la basilique Saint-Pierre, à l’autel de la Chaire de Pierre.

Le pape a reçu lui-même, en premier, les cendres imposées sur sa tête par l’archiprêtre de la basilique Saint-Pierre, le cardinal italien Angelo Comastri, avant d’imposer les cendres aux cardinaux présents.

Le pape a souligné que ce mouvement de retour du chrétien vers Dieu pendant le carême a été précédé par le don de Dieu: « Frères et sœurs, notre voyage de retour à Dieu est possible seulement parce que son voyage aller vers nous a eu lieu. Autrement il n’aurait pas été possible. Avant que nous n’allions à lui, lui est descendu vers nous. »

Le pape a indiqué un chemin en « descente » et d’humilité, à la suite du Christ, signifiée par le rite de l’imposition des cendres : « Le carême est une descente humble au-dedans de nous-mêmes et vers les autres. C’est comprendre que le salut n’est pas une escalade pour la gloire, mais un abaissement par amour. C’est nous faire petits.  »

Voici la traduction officielle de l’homélie prononcée par le pape François en italien.

AB

Messe des Cendres © Vatican Media

Messe des Cendres © Vatican Media

Homélie du pape François

Nous commençons le cheminement du Carême. Il s’ouvre par les paroles du prophète Joël, qui indiquent la direction à suivre. C’est une invitation qui naît du cœur de Dieu qui, avec les bras grands ouverts et les yeux pleins de nostalgie nous supplie : « Revenez à moi de tout votre cœur » (Jl 2, 12). Revenez à moi. Le Carême est un voyage de retour à Dieu. Que de fois, affairés ou indifférents, lui avons-nous dit : « Seigneur, je viendrai vers toi après, attends… Aujourd’hui je ne peux pas, mais demain je commencerai à prier et à faire quelque chose pour les autres ». Et ainsi un jour après l’autre. Maintenant Dieu fait appel à notre cœur. Dans la vie nous aurons toujours des choses à faire et nous aurons des excuses à présenter, mais, frères et sœurs, aujourd’hui c’est le temps de revenir à Dieu.

Revenez à moi, dit-il, de tout votre cœur. Le Carême est un voyage qui implique toute notre vie, tout notre être. C’est le temps pour vérifier les chemins que nous sommes en train de parcourir, pour retrouver la voie qui nous ramène à la maison, pour redécouvrir le lien fondamental avec Dieu, de qui dépend toute chose. Le Carême n’est pas une collecte de bonnes actions, c’est discerner vers où est orienté notre cœur. Cela est le centre du Carême : vers où est orienté mon cœur ? Essayons de nous demander : où me mène le navigateur de ma vie, vers Dieu ou vers mon moi ? Est-ce que je vis pour plaire au Seigneur, ou pour être remarqué, loué, préféré, à la première place et ainsi de suite ? Ai-je un cœur “qui danse”, qui fait un pas en avant et un pas en arrière, qui aime un peu le Seigneur et un peu le monde, ou bien un cœur ferme en Dieu? Suis-je bien avec mes hypocrisies, ou est-ce que je lutte pour libérer mon cœur des duplicités et des faussetés qui l’enchaînent?

Le voyage du Carême est un exode, un exode de l’esclavage à la liberté. Ce sont quarante jours qui rappellent les quarante années durant lesquelles le peuple de Dieu a voyagé dans le désert pour retourner à sa terre d’origine. Mais comme il a été difficile de quitter l’Egypte ! Il a été plus difficile de quitter l’Egypte de cœur du peuple de Dieu, cette Egypte qu’ils portaient toujours en eux, que de quitter la terre d’Egypte … Il est très difficile de laisser l’Egypte. Durant la marche, il y avait toujours la tentation de regretter les oignons, de revenir en arrière, de se lier aux souvenirs du passé, à quelque idole. Pour nous aussi, il en est ainsi : le voyage de retour à Dieu est entravé par nos attachements malsains, il est retenu par les liens séduisants des vices, par les fausses sécurités de l’argent et du paraître, par la lamentation d’être victime, qui paralyse. Pour marcher, il faut démasquer ces illusions.

Mais demandons-nous : comment alors procéder dans le cheminement vers Dieu ? Les voyages de retour, que nous raconte la Parole de Dieu, nous viennent en aide.

Regardons le fils prodigue et comprenons qu’il est temps pour nous aussi de revenir vers le Père. Comme ce fils, nous avons, nous aussi oublié le parfum de la maison, nous avons dilapidé des biens précieux pour des choses de moindre valeur et nous sommes restés les mains vides et le cœur mécontent. Nous sommes tombés : nous sommes des enfants qui tombent continuellement, nous sommes comme des petits enfants qui essayent de marcher mais tombent par terre, et qui ont besoin d’être relevés à chaque fois par le papa. C’est le pardon du Père qui nous remet toujours debout : le pardon de Dieu, la Confession, est le premier pas de notre voyage de retour. J’ai dit la Confession, je recommande aux confesseurs : soyez comme le père, non avec le fouet, avec l’accolade.

Nous avons ensuite besoin de revenir vers Jésus, de faire comme ce lépreux purifié qui revint pour le remercier. Ils étaient dix à avoir été guéris, mais lui seul a été aussi sauvé, parce qu’il est revenu vers Jésus (cf. Lc 17, 12-19). Tous, tous nous avons des maladies spirituelles, nous ne pouvons pas les guérir tout seuls ; nous avons tous des vices enracinés, nous ne pouvons pas les éradiquer tout seuls ; nous avons tous des peurs qui nous paralysent, nous ne pouvons les vaincre tout seuls. Nous avons besoin d’imiter ce lépreux qui revint vers Jésus et se jeta à ses pieds. Nous avons besoin de la guérison de Jésus, il nous faut mettre devant lui nos blessures et lui dire : “Jésus, je suis ici devant toi, avec mon péché, avec mes misères. Tu es le médecin, tu peux me libérer. Guéris mon cœur. Guéris ma lèpre”.

Encore : la Parole de Dieu nous demande de revenir au Père, nous demande de revenir à Jésus, et nous sommes appelés à revenir à l’Esprit Saint. La cendre sur la tête nous rappelle que nous sommes poussière et que nous retournerons en poussière. Mais sur notre poussière, Dieu a soufflé son Esprit de vie.Alors nous ne pouvons pas vivre en poursuivant la poussière, en suivant des choses qui aujourd’hui existent et qui demain disparaitront. Revenons à l’Esprit, dispensateur de vie, revenons au Feu qui fait renaître nos cendres, à ce Feu qui nous enseigne à aimer. Nous serons toujours poussière mais, comme dit une hymne liturgique, poussière amoureuse. Retournons prier l’Esprit Saint, redécouvrons le feu de la louange, qui brûle les cendres de la lamentation et de la résignation.

Frères et sœurs, notre voyage de retour à Dieu est possible seulement parce que son voyage aller vers nous a eu lieu. Autrement il n’aurait pas été possible. Avant que nous n’allions à lui, lui est descendu vers nous. Il nous a précédés, il est venu à notre rencontre. Pour nous, il est descendu plus bas que ce que nous pouvions imaginer : il s’est fait péché, il s’est fait mort. C’est ce que nous a rappelé Saint Paul : « Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché » (2 Co 5, 21). Afin de ne pas nous laisser seuls et pour nous accompagner dans notre marche, il est descendu dans notre péché et dans notre mort, il a touché le péché, il a touché notre mort. Alors notre voyage consiste à nous laisser prendre par la main. Le Père qui nous appelle à revenir est Celui qui sort de la maison pour venir nous rechercher ; le Seigneur qui nous guérit est Celui qui s’est laissé blesser en croix ; l’Esprit qui nous fait changer de vie est Celui qui souffle avec force et douceur sur notre poussière.

Voici alors la supplication de l’Apôtre : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu » (v. 20). Laissez-vous réconcilier : le chemin ne se fonde pas sur nos forces ; personne ne peut se réconcilier avec Dieu par ses propres forces, il ne peut pas. La conversion du cœur, avec les gestes et les pratiques qui l’expriment, n’est possible que si elle part de la primauté de l’action de Dieu. Ce ne sont pas nos capacités et nos mérites à exhiber qui nous font revenir à lui, mais sa grâce à accueillir. La grâce nous sauve, le salut est pure grâce, pure gratuité. Jésus nous l’a dit clairement dans l’Evangile : ce n’est pas la justice que nous pratiquons devant les hommes qui nous rend justes, mais la relation sincère avec le Père. Le début du retour à Dieu c’est de reconnaître que nous avons besoin de lui, que nous avons besoin de miséricorde, besoin de sa grâce. C’est la voie juste, la voie de l’humilité. Est-ce que je sens que j’ai besoin ou est-ce que je me sens autosuffisant ?

Aujourd’hui nous baissons la tête pour recevoir les cendres. A la fin du Carême, nous nous abaisserons encore plus pour laver les pieds de nos frères. Le Carême est une descente humble au-dedans de nous-mêmes et vers les autres. C’est comprendre que le salut n’est pas une escalade pour la gloire, mais un abaissement par amour. C’est nous faire petits. Sur ce chemin, pour ne pas perdre la route, mettons-nous devant la croix de Jésus : c’est la cathèdre silencieuse de Dieu.  Regardons chaque jour ses plaies, les plaies qu’il a portées au Ciel et qu’il fait voir au Père, tous les jours, dans sa prière d’intercession. Regardons chaque jour ses plaies. Dans ces ouvertures, reconnaissons notre vide, nos manques, les blessures du péché, les coups qui nous ont fait mal. Et pourtant, justement là, nous voyons que Dieu ne pointe pas le doigt contre nous, mais qu’il nous ouvre tout grand les mains. Ses plaies sont ouvertes pour nous et par ces plaies nous avons été guéris (cf. 1 P 2, 25 ; Is 53, 5). Embrassons-les et nous comprendrons que c’est justement là, dans les vides de la vie les plus douloureux, que Dieu nous attend avec sa miséricorde infinie. Parce que là, là où nous sommes plus vulnérables, là où nous avons le plus honte, il est venu à notre rencontre. Et maintenant qu’il est venu à notre rencontre, il nous invite à revenir à lui, pour retrouver la joie d’être aimés.

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17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 17:58
LE MEILLEUR JEÛNE PENDANT CE CARÊME - CONSEILS DU PAPE FRANÇOIS.

Je recommande ce qui suit comme le meilleur Jeûne pendant ce Carême 2021 :

 

- Jeûnez de mots offensants et transmettez seulement des mots doux et tendres.

- Jeûnez d'insatisfaction, d’ingratitude et remplissez-vous de gratitude.

- Jeûnez de colère et remplissez-vous de douceur et de patience.

- Jeûnez de pessimisme et soyez optimiste.

- Jeûnez de soucis et ayez confiance en Dieu.

- Jeûnez de lamentations et prenez plaisir aux choses simples de la vie.

- Jeûnez de stress et remplissez-vous de prière.

- Jeûnez de tristesse et d'amertume, et remplissez votre cœur de joie.

- Jeûnez d'égoïsme, et équipez-vous de compassion pour les autres.

- Jeûnez d'impiété et de vengeance, et soyez remplis d'actes de réconciliation et de pardon.

- Jeûnez de mots et équipez-vous de silence et de la disponibilité à écouter les autres.

 

Si nous pratiquons tous ce style de jeûne, notre quotidien sera rempli de paix, de joie, de confiance les uns dans les autres et de vie.

 

Ainsi soit-il.

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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 11:26
« Être âgé est un don de Dieu et une énorme ressource »
Le pape avec une personne âgée © Vatican Media

Le pape avec une personne âgée © Vatican Media

Vieillir en famille et dans son milieu naturel, le plaidoyer du Vatican

« Être âgé est un don de Dieu et une énorme ressource »

« Créer les meilleures conditions » afin que les personnes âgées puissent vivre leur vieillesse « dans le milieu qui leur est familial, avec leurs amitiés habituelles » : c’est le plaidoyer du Vatican, dans un document publié ce 9 février 2021 par l’Académie pontificale pour la vie. Il s’agit notamment de faire évoluer la réalité des maisons de retraite, apparentées à des hôpitaux dont les patients ne ressortent jamais.

« Qui ne voudrait pas continuer à vivre chez soi, dans sa maison, entouré de ses êtres aimés et de ses proches les plus chers même lorsque nous devenons plus fragiles ? La famille, la maison et notre environnement représentent le choix naturel pour quiconque », peut-on lire dans ce texte intitulé « La vieillesse : notre avenir / La condition des personnes âgées après la pandémie ».

Dans un monde à l’espérance de vie allongée, où coexistent souvent quatre générations, l’Académie encourage « une nouvelle vision », qui permette à la société « de prendre soin des personnes âgées ». Elle appelle à « rendre nos villes des lieux inclusifs et accueillants pour la vie des personnes âgées », formulant des recommandations concernant le logement, les soins à domicile, le personnel soignant, les nouvelles technologies, afin de prendre en charge la personne âgée « sur le lieu où se déroule son existence ».

« Etre âgé, affirme aussi le document, est un don de Dieu et une énorme ressource, une conquête à sauvegarder avec soin, même lorsque la maladie devient invalidante. »

Le texte souligne longuement « la force de la fragilité » : la vieillesse, peut-on y lire, est « l’âge propice à l’abandon à Dieu ». Et la faiblesse des personnes âgées est « provocatrice » : « elle invite les plus jeunes à accepter la dépendance vis-à-vis des autres comme une façon d’affronter la vie. Seule une culture juvénile fait en sorte que le terme « âgé » soit interprété comme méprisant. Une société qui sait accueillir la faiblesse des personnes âgées est capable d’offrir à tous une espérance pour l’avenir. »

LA VIEILLESSE : NOTRE AVENIR

La condition des personnes âgées après la pandémie

Une leçon à apprendre

Le temps est à présent venu de « trouver le courage d’ouvrir des espaces où tous peuvent se sentir appelés, et permettre de nouvelles formes d’hospitalité et de fraternité ainsi que de solidarité »[1]. C’est ainsi que s’exprimait le Pape François, dans sa prière du 27 Mars 2020, sur une place Saint-Pierre vide, après avoir rappelé à tous : « Avides de gains, nous nous sommes laissé absorber par les choses et étourdir par la hâte. Nous ne nous sommes pas arrêtés face à tes rappels, nous ne nous sommes pas réveillés face à des guerres et à des injustices planétaires, nous n’avons pas écouté le cri des pauvres et de notre planète gravement malade. Nous avons continué notre route, imperturbables… »[2].

L’Académie pontificale pour la Vie – en accord avec le Dicastère pour le Développement Humain Intégral – s’est sentie interpellée à intervenir avec une réflexion sur les enseignements à tirer de la tragédie de la pandémie, sur ses conséquences pour aujourd’hui et pour le proche avenir de nos sociétés. C’est dans cette perspective que l’on peut également lire les documents » publiés précédemment par l’Académie : « Pandémie et Fraternité universelle »[3] et « ‘Humana Communitas’[4] à l’époque de la pandémie. Réflexions inachevées sur la renaissance de la vie »[5].

La pandémie a fait émerger une double conscience : d’une part, l’interdépendance entre tous et d’autre part, la présence de fortes inégalités. Nous sommes tous aux mains de la même tempête, mais dans un certain sens, l’on peut également dire que nous sommes en train de ramer sur des bateaux très différents : les plus fragiles coulent chaque jour. Il est indispensable de repenser le modèle de développement de la planète tout entière. Tous sont interpellés : la politique, l’économie, la société, les organisations religieuses, afin d’engager une nouvelle organisation sociale qui mette au centre le bien commun des peuples. Il n’y a plus rien de « privé » qui ne soit également en mesure de mettre en jeu la forme « publique » de toute la communauté. L’amour pour le « bien commun » n’est pas une idée fixe chrétienne : son articulation concrète est à présent devenue une question de vie ou de mort, en vue d’une coexistence à la hauteur de la dignité de chaque membre de la communauté. Toutefois, pour les croyants, la fraternité solidaire est une passion évangélique : elle ouvre l’horizon pour une origine plus profonde et vers une destination plus élevée.

C’est dans ce difficile contexte qu’apparaît la dernière encyclique du Pape François, « Fratelli tutti » qui trace providentiellement l’horizon dans lequel se situer afin de dessiner cette « proximité » au monde des personnes âgées qui a été, jusqu’à présent, « écarté » par l’attention publique. En effet, les personnes âgées ont été parmi les plus touchées par la pandémie. Le nombre de décès enregistrés parmi les personnes de plus de 65 ans est impressionnant. Ainsi, le Pape François ne manque pas de le relever : « Nous avons vu ce qui est arrivé aux personnes âgées dans certaines parties du monde à cause du coronavirus. Elles ne devaient pas mourir de cette manière. Mais en réalité, quelque chose de similaire s’était déjà produit à cause des vagues de chaleur et dans d’autres circonstances : elles ont été cruellement marginalisées. Nous ne nous rendons pas compte qu’isoler les personnes âgées, tout comme les abandonner à la charge des autres sans un accompagnement adéquat et proche de la part de la famille, mutile et appauvrit la famille elle-même. En outre, cela finit par priver les jeunes de ce contact nécessaire avec leurs racines et avec une sagesse que la jeunesse laissée à elle seule ne peut atteindre »[6].

Le document que le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie a publié le 7 Avril 2020, quelques semaines après le début du confinement (lockdown) dans certains pays européens, se concentre sur la situation difficile des personnes âgées et identifie la solitude et l’isolement comme les principales raisons pour lesquelles le virus s’abat si durement sur cette génération. Ce texte affirme que « les personnes âgées qui vivent dans des établissements d’accueil méritent une attention particulière : nous entendons chaque jour de terribles nouvelles sur leur état et des milliers de personnes ont déjà perdu la vie dans ces structures. La concentration au même endroit de tant de personnes fragiles et la difficulté de trouver les équipements de protection ont créé des situations très difficiles à gérer, et ce, en dépit de l’abnégation et, dans certains cas, du sacrifice du personnel soignant » [7].

Le Covid-19 et les personnes âgées

Au cours de la première vague de la pandémie, une partie considérable des décès dus au Covid-19 s’est produite au sein d’institutions pour personnes âgées, des lieux qui auraient dû protéger la « partie plus fragile de la société », et où, au contraire, la mort a frappé de manière disproportionnée, encore plus, par rapport au foyer et à l’environnement familial. Le chef du Bureau européen de l’Organisation Mondiale de la Santé a déclaré qu’au printemps 2020 près de la moitié des décès dus au coronavirus dans cette région s’est produite dans des maisons de soins : une « tragédie inimaginable », a-t-il ainsi commenté[8]. Des calculs comparatifs des données, l’on remarque que la « famille », à égalité de conditions, a par contre protégé beaucoup plus les personnes âgées.

La mise en institutionnalisation des personnes âgées, surtout de celles qui sont les plus vulnérables et les plus seules, proposée comme la seule solution possible pour les prendre en charge, révèle dans de nombreux contextes sociaux un manque d’attention et de sensibilité à l’égard des plus faibles, envers lesquels il serait plutôt nécessaire d’employer des moyens et des financements propres à assurer les meilleurs soins possibles à ceux qui en ont le plus besoin, dans un environnement plus familier. Une telle approche manifeste de manière évidente ce que le pape François a défini comme la culture du rebus[9]. Les risques liés à cet âge tels que la solitude, le dépaysement, la perte de la mémoire et de l’identité, ainsi que la dégradation cognitive peuvent, dans ces contextes, se manifester plus facilement, alors que la vocation de ces établissements devrait être, au contraire, l’accompagnement familial, social et spirituel de la personne âgée dans le plein respect de sa dignité, sur un chemin souvent marqué par la souffrance.

Le Pape François le soulignait déjà durant les années où il était archevêque de Buenos Aires : « L’élimination des personnes âgées de la vie de la famille et de la société représente l’expression d’un processus pervers dans lequel n’existe plus la gratuité, la générosité, cette richesse de sentiments qui font que la vie n’est pas seulement donner et avoir, c’est-à-dire un marché… Éliminer les personnes âgées est une malédiction que notre société s’auto-inflige souvent » [10].

Il est donc plus que jamais opportun d’engager immédiatement une réflexion attentive, clairvoyante et honnête sur la façon dont la société contemporaine doit se faire « proche » de la population âgée, surtout celle qui est la plus faible. Par ailleurs, ce qui s’est passé au cours du Covid-19 empêche de liquider la question des soins aux personnes âgées par la recherche immédiate de boucs émissaires, d’individus coupables et demande, en revanche, que se lève un chœur visant à défendre les excellents résultats de ceux qui ont évité la contagion dans les établissements de soins de longue durée. Nous avons besoin d’une nouvelle vision, d’un nouveau paradigme qui permette à la société de prendre soin des personnes âgées.

La bénédiction d’une longue vie

L’exigence d’une réflexion nouvelle et sérieuse, capable d’impliquer la société à tous les niveaux, s’impose également à la suite des grands changements démographiques auxquels nous assistons tous.
Du point de vue statistique et sociologique, les hommes et les femmes ont en général aujourd’hui une espérance de vie plus longue. En liaison avec ce phénomène, l’on enregistre une réduction drastique de la mortalité infantile. Dans de nombreux pays du monde, cela a conduit à la coexistence de quatre générations. Ce fait incroyable, qui aurait beaucoup à nous dire sur l’importance d’apprendre à valoriser les relations intergénérationnelles, est sans aucun doute le fruit du progrès médico-scientifique, d’une assistance sanitaire plus évoluée, de soins plus répandus, ainsi que d’une vie sociale plus solidaire. La planète est en train de changer de visage, mais les sociétés – dans leurs articulations – doivent en prendre plus de conscience.

Cette grande transformation démographique représente, en effet, un défi culturel, anthropologique, économique. Les données nous indiquent que la population âgée croît plus rapidement dans les zones urbaines que dans les zones rurales, et que la concentration de personnes âgées dans ces zones y est plus forte. Ce phénomène indique, entre autres, un facteur qui a un impact important, à savoir la différence des risques de mortalité, qui ont tendance à être plus faibles dans les zones urbaines. Contrairement à ce qu’une vision stéréotypée pourrait laisser penser, les villes sont, à l’échelle mondiale, des lieux où l’on vit en moyenne davantage. Les personnes âgées y sont donc nombreuses, mais il est indispensable que nous rendions les villes habitables pour elles aussi. Selon les données de l’Organisation Mondiale de la Santé, en 2050, dans le monde, il y aura deux milliards de personnes de plus de 60 ans : une personne sur cinq sera donc une personne âgée[11]. Rendre nos villes des lieux inclusifs et accueillants pour la vie des personnes âgées, et, en général, pour toutes les formes de fragilité est donc essentiel.

Comme l’avait soulevé le Pape François, « à la vieillesse correspondent des époques différentes de la vie : pour beaucoup, elle est l’âge où cesse l’engagement productif, où les forces déclinent et où les signes de maladie, de besoin d’aide et d’isolement social apparaissent ; mais pour beaucoup elle est le commencement d’une longue période de bien-être psycho-physique et de liberté des obligations de travail. Dans les deux cas, comment vivre ces années ? Quel sens donner à cette phase de la vie qui, pour beaucoup, peut être longue ? »[12]. Dans notre société, souvent prévaut l’idée de la vieillesse comme celle d’un âge malheureux, toujours et seulement conçu comme l’âge de la prise en charge, du besoin et des frais pour les soins médicaux. Il y a 2000 ans, Terenzio Afro parlait de « senectus ipsa est morbus », à savoir de la vieillesse comme maladie en soi. Pourtant, dans la Bible, la longévité est considérée comme une bénédiction. « Elle nous confronte à notre fragilité, à la dépendance réciproque, aux liens familiaux et communautaires, et surtout à notre filiation divine ». « La vieillesse – comme l’a bien souligné le Pape François – n’est pas une maladie, elle est un privilège ! La solitude peut être une maladie, mais avec la charité, la proximité et le réconfort spirituel nous pouvons la guérir ».

En tout cas, être âgé est un don de Dieu et une énorme ressource, une conquête à sauvegarder avec soin, même lorsque la maladie devient invalidante et que des soins intégrés et de grande qualité deviennent nécessaires. Et il est indéniable que la pandémie a renforcé en nous tous la conscience que la « richesse des années » est un trésor à valoriser et à protéger[13].

Un nouveau modèle de soins et d’aide pour les personnes âgées les plus fragiles

Au niveau culturel et de conscience civile et chrétienne, il est plus que jamais opportun de repenser en profondeur les modèles d’aide pour les personnes âgées.

Apprendre à « honorer » les personnes âgées est crucial pour l’avenir de nos sociétés et, en fin de compte, pour notre avenir. « Il y a un très beau commandement dans les Tables de la Loi, beau parce qu’il correspond à la vérité́, capable de générer une réflexion profonde sur le sens de notre vie : « honore ton père et ta mère ». L’honneur en hébreu signifie le « poids », la valeur ; l’honneur signifie reconnaître la valeur d’une présence : à savoir celle de ceux qui nous ont engendrés à la vie et à la foi […]. La réalisation d’une vie pleine et de sociétés plus justes pour les nouvelles générations dépend de la reconnaissance de la présence et de la richesse que les grands-parents et les personnes âgées constituent pour nous, dans tous les contextes et lieux géographiques du monde. Et cette reconnaissance a pour corollaire le respect, qui est tel s’il s’exprime par l’accueil, la sollicitude et la valorisation de leurs qualités »[14] et de leurs besoins.

Parmi ces derniers, nous devons sans aucun doute créer les meilleures conditions afin que les personnes âgées puissent vivre cette phase particulière de leur vie, autant que possible, dans le milieu qui leur est familial, avec leurs amitiés habituelles. Qui ne voudrait pas continuer à vivre chez soi, dans sa maison, entouré de ses êtres aimés et de ses proches les plus chers même lorsque nous devenons plus fragiles ? La famille, la maison et notre environnement représentent le choix naturel pour quiconque.

Certes, tout ne peut pas toujours rester inchangé par rapport à lorsque l’on était plus jeune ; parfois, des solutions sont nécessaires qui rendent vraisemblable des soins à domicile. Dans certaines situations, notre maison ne semble plus suffire ou est inadéquate. Dans ces cas-là, il ne faut pas se laisser entraîner par une « culture du rebut », qui peut se manifester par la paresse ou par le manque d’imagination dans la recherche de solutions qui soient efficaces, lorsque la vieillesse signifie également l’absence d’autonomie. Mettre au centre de l’attention la personne, avec ses besoins et ses droits, est une expression de progrès, de civilisation et d’authentique conscience chrétienne.

La personne doit donc être au cœur de ce nouveau paradigme d’aide et de soin des personnes âgées les plus fragiles. Chaque personne âgée est différente de l’autre, la singularité de chaque histoire ne peut être négligée : sa biographie, son milieu de vie, ses relations actuelles et passées. Afin d’identifier de nouvelles perspectives de logement et d’aide, nous devons partir d’une considération attentive de la personne, de son histoire et de ses exigences. La mise en œuvre de ce principe implique une intervention articulée, à différents niveaux, qui doit être en mesure de réaliser un continuum d’aide entre le logement et certains services extérieurs, sans que se produisent des césures traumatiques, qui ne sont certes pas adaptées à la fragilité du vieillissement.

Dans cette perspective, une attention particulière doit être réservée aux logements, afin que ceux-ci soient adaptés aux exigences de la personne âgée : l’existence de barrières architecturales ou l’inadaptation des équipements hygiéniques, le manque de chauffage, ou encore la pénurie d’espace, doivent avoir des solutions concrètes. Lorsque l’on tombe malade ou que l’on devient plus faible, tout peut se transformer en un obstacle insurmontable. L’aide à domicile doit être intégrée, avec la possibilité de soins médicaux à domicile ainsi qu’une adéquate distribution de services sur le territoire. En d’autres mots, il est nécessaire et urgent de mette en œuvre une « prise en charge » de la personne âgée sur le lieu où se déroule son existence. Tout cela exige un processus de conversion sociale, civile, culturelle et morale. Ce n’est qu’ainsi que l’on répond de manière adéquate à la demande de proximité des personnes âgées, surtout de celles qui sont les plus faibles et les plus vulnérables.

Il faut augmenter les figures des personnels soignants (care-giver), une profession qui est déjà présente dans les sociétés occidentales. D’autres professionnalismes sont également à encadrer au sein de cadres normatifs, de façon à valoriser les talents et à soutenir les familles. Tout ceci peut permettre aux personnes âgées de vivre de façon « familiale » cette phase de leur existence.

Une aide importante peut être apportée par la mise en œuvre des nouvelles technologies et des progrès de la télémédecine et de l’intelligence artificielle : si ces moyens sont bien utilisés et bien distribués, ils peuvent créer, autour du logement de la personne âgée, un système intégré d’aides et de soins, permettant de rendre possible la permanence chez elle, dans sa propre maison, ou chez les membres de sa famille. Une alliance attentive et créative entre les familles, le système socio-sanitaire, le bénévolat et tous les acteurs sur le terrain, peut éviter qu’une personne âgée soit obligée de devoir quitter sa propre habitation. Il ne s’agira donc pas seulement d’ouvrir des structures ayant un nombre limité de lits, ou de fournir un jardin ou un animateur du temps libre. Au contraire, c’est une personnalisation de l’intervention socio-sanitaire et d’aide qui est plutôt nécessaire. Cette dernière pourrait constituer une réponse concrète à l’invitation de la part de l’Union européenne à promouvoir de nouveaux modèles de soin pour les personnes âgées[15]. Dans cet horizon, il faut promouvoir avec créativité et intelligence l’independant living, l’assisted living, le co-housing et toutes ces expériences qui s’inspirent au concept-valeur de l’aide réciproque, tout en permettant à la personne de maintenir une propre vie autonome.

De telles expériences permettent, en effet, de vivre dans un logement privé, tout en bénéficiant des avantages de la vie communautaire, dans un bâtiment équipé, avec un système de gestion du quotidien totalement partagé, ainsi que certains services assurés, tels que l’infirmier à domicile. En s’inspirant du voisinage traditionnel, celles-ci permettent de combattre de nombreuses difficultés des villes modernes telles que la solitude, les problèmes économiques, la carence de liens vitaux ou le simple besoin d’aide. Telles sont les raisons fondamentales de leur succès et de leur large diffusion dans le monde entier. Aujourd’hui, l’on utilise différentes définitions et il y a différentes typologies de résidence possibles : celles qui sont intergénérationnelles, qui prévoient la présence de noyaux avec des tranches d’âge différentes, mais prédéfinies ; celles qui n’accueillent que des personnes âgées, mais qui ont des caractéristiques particulières ou celles qui ne sont réservées qu’aux femmes âgées ; celles qui rassemblent des familles jeunes avec enfants ainsi que des célibataires ; ou encore, celles qui prévoient l’intégration d’opérateurs externes pour certains services de soins, et bien d’autres encore[16]. Dans certains cas, il est également apparu nécessaire d’offrir l’hospitalité aux personnes âgées, qui étaient précédemment institutionnalisées, et qui souhaitent commencer « une nouvelle vie » en quittant ces contextes qui les avaient accueillies pendant des années.

Il s’agit là de formules de logement et d’aide qui requièrent un profond changement de mentalité et d’approche envers l’idée même de la personne âgée comme étant fragile, mais qui est encore capable de donner et de partager : une alliance entre générations qui peut devenir une force au temps de la faiblesse.

Requalifier la maison de retraite dans un « continuum » socio-sanitaire

Dans cette optique, les maisons de retraite devraient se requalifier dans un continuum socio-sanitaire, c’est-à-dire offrir certains de leurs services directement au sein même des domiciles des personnes âgées : hospitalisation à domicile, prise en charge de la personne individuelle, avec des réponses d’aide modulées sur les besoins personnels, à basse ou à haute intensité, où l’aide socio-sanitaire intégrée et le caractère domiciliaire restent le pivot d’un nouveau paradigme moderne. À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation contre la maltraitance des personnes âgées, le Pape François a souligné : « La pandémie du COVID19 a montré que nos sociétés ne sont pas assez organisées pour faire de la place aux personnes âgées, avec un juste respect pour leur dignité et leur vulnérabilité. Là où il n’y pas de soin pour personnes âgées, il n’y a pas de futur pour les jeunes »[17]. Les données que l’Organisation Mondiale de la Santé publie chaque année, à l’occasion de cette Journée internationale, sont un triste écho aux paroles du Pape concernant la présence d’abus qui, dans les contextes institutionnalisés, se produisent le plus fréquemment[18].

Tout cela rend d’autant plus évidente la nécessité de soutenir les familles qui, surtout si elles sont composées par un petit nombre d’enfants et de petits-enfants, ne sont pas en mesure de supporter seules, dans une habitation, la responsabilité parfois épuisante de prendre soin d’une maladie exigeante et coûteuse en termes d’énergie et d’argent. Il faut réinventer un réseau de solidarité qui soit plus ample, et qui ne soit pas nécessairement et exclusivement fondé sur des liens de sang, mais qui soit articulé selon les appartenances, les amitiés, le sentiment commun, la générosité réciproque dans la réponse aux besoins des autres. En effet, le déclin des relations sociales frappe tout particulièrement les personnes âgées : au fur et à mesure que l’âge avance et que se développent des fragilités physiques et cognitives, il leur manque souvent des figures de référence, des personnes sur lesquelles pouvoir compter afin d’affronter tous les problèmes de leur vie. Certaines enquêtes historiques, de grande envergure, menées par exemple aux États-Unis, révèlent qu’entre 1985 et 2004, les réseaux d’amitié et de soutien ont subi une réduction drastique : si en 1985, les personnes pouvaient compter sur environ trois personnes de confiance, en 2004 ce nombre tombe à une. Cette perte concerne en particulier et surtout les amis plus que les personnes de famille. Ce phénomène représente un driver de grande importance dans la détermination de cette explosion de la demande sanitaire, qui ne trouve pas aujourd’hui de réponses sociales adéquates et qui ne doit pas être qualifiée d’impropre, au moment où la dégénérescence de notre propre réseau de relations sociales représente en soi un fait susceptible de détériorer toute condition de santé physique et mentale.

C’est pourquoi il est important d’inverser cette tendance, y compris à l’aide de plans attentifs qui soient en mesure de promouvoir, aussi bien du point de vue civil qu’ecclésial, l’attention et le soin envers les personnes qui vieillissent afin qu’elles ne soient pas laissées seules.

Dans différents pays, les maisons de repos ont été la réponse, au cours des dernières décennies, à une demande croissante, venant d’un monde en transformation, bien que de nombreuses personnes âgées continuent de vivre dans leurs habitations et demandent à être appuyées et soutenues dans cette option fondamentale. Dans de nombreuses villes, il y a de nombreuses années, il existait des « lieux » et des structures qui étaient bien connus de l’imaginaire collectif, où les personnes âgées étaient destinées à vivre les dernières années de leur vie, soit parce qu’elles choisissaient ce lieu, soit parce qu’elles y étaient obligées en raison de leurs conditions personnelles. Au fil des ans, les maisons de repos se sont multipliées, tant en nombre qu’en type et en capacité résidentielle. L’Église catholique elle-même, à travers les diocèses et certains instituts religieux, a également offert et offre encore aujourd’hui sa propre contribution dans la gestion de nombreuses maisons de repos qui accueillent et viennent en aide aux personnes âgées. La présence de personnel religieux constitue un facteur d’indubitable valeur au sein d’institutions qui étaient déjà anciennes et qui jouissaient d’une grande estime, et qui ont constitué pour longtemps une solution concrète à une problématique sociale si complexe, comme celle du vieillissement. Il existe de nombreux exemples, d’une grande valeur, et qui montrent de fait comment il est possible d’humaniser l’aide aux personnes âgées qui sont les plus fragiles : des exemples de charité chrétienne, d’œuvres pieuses et d’institutions de longue date, qui ne lésinent pas leurs énergies et leurs efforts, même au milieu de situations économiques difficiles et presque ingérables.

Les familles, quant à elles, font souvent appel à la solution de l’hospitalisation au sein de structures publiques et privées par nécessité, dans l’espoir de pouvoir offrir à leurs proches une aide de qualité. Et il est indéniable que si jadis les familles nombreuses réussissaient à s’organiser dans le soin des membres de la famille les plus âgés, au sein même de leur propre habitation, aujourd’hui la structure modifiée des noyaux familiaux – « plus étroits », avec un réduction du nombre moyen de leurs composants, mais également « plus longs », avec trois générations ou plus en leur sein – et les exigences de travail complexes qui éloignent les adultes de la maison, transforment en un tout nouveau défi le fait de prendre soin des membres les plus âgés de la famille. Dans certains contextes sociaux pauvres, la solution institutionnelle peut constituer une réponse concrète à l’absence d’une propre habitation. Et si certaines personnes âgées choisissent elles-mêmes, en toute autonomie, de déménager dans des maisons de retraite pour trouver de la compagnie, une fois qu’elles sont restées seules, d’autres le font parce que la culture dominante les pousse à sentir qu’elles sont un fardeau et une gêne pour leurs enfants ou leurs familles.

Dans la plupart de ces structures, la dignité et le respect de la personne âgée ont toujours été les charnières de l’œuvre d’aide, faisant ressortir encore plus, par contraste, les épisodes de maltraitance et de violations des droits de l’homme, lorsque ces derniers ont été dévoilés. À cet égard, les systèmes socio-sanitaires et de soins, tant publics que privés, ont investi des ressources financières considérables dans les soins aux personnes du troisième et quatrième âge, en intégrant les maisons de repos.

Toutefois, au fil des années, les normes ont imposé une limitation de la dimension des grandes structures résidentielles, en les remplaçant par des unités plus petites et plus fonctionnelles aux besoins de leurs hôtes. Il est vrai que l’environnement des maisons de repos apparaît plutôt structuré comme un hôpital que comme une habitation, sans que subsiste toutefois l’élément le plus spécifique : à savoir, le fait qu’à l’hôpital, l’on entre avec l’espoir d’en sortir, une fois guéris. Il s’agit là d’un facteur qui est en train de faire émerger un certain malaise dans la conscience collective, aussi bien au niveau médical que culturel. C’est pour cette raison qu’il est important de préserver un tissu humain et un environnement d’aide et d’accueil où chacun peut s’occuper de l’autre, servir et rencontrer. Comme l’a rappelé le Pape François : « La personne âgée n’est pas un extra-terrestre. La personne âgée, c’est nous, dans peu de temps, dans longtemps, mais cependant inévitablement, même si nous n’y pensons pas. Et si nous apprenons à bien traiter les personnes âgées, nous serons traités de la même manière »[19].

Les personnes âgées et la force de la fragilité

Dans cet horizon, même les diocèses, les paroisses et les communautés ecclésiales sont invités à une réflexion plus attentive à l’encontre du monde des personnes âgées. Au cours des dernières décennies, les Papes sont intervenus à plusieurs reprises afin de solliciter le sens de responsabilité et le soin pastoral à l’égard des personnes âgées.

Leur présence est une grande ressource. Il suffit de penser au rôle déterminant que les personnes âgées ont eu dans la conservation et dans la transmission de la foi aux jeunes dans les pays en proie à des régimes athées et autoritaires. Sans compter ce que les grands-parents continuent à faire afin de transmettre la foi à leurs petits-enfants, « Dans les sociétés sécularisées de nombreux pays – a ainsi souligné le Pape François –, les générations actuelles de parents n’ont pas, pour la plupart, cette formation chrétienne et cette foi vivante, qu’au contraire les grands-parents peuvent transmettre à leurs petits-enfants. Ils sont le chaînon indispensable pour éduquer à la foi les petits et les jeunes. Nous devons nous habituer à les inclure dans nos horizons pastoraux et à les considérer, de manière non épisodique, comme une des composantes vitales de nos communautés. Ils ne sont pas seulement des personnes que nous sommes appelés à assister et à protéger pour préserver leur vie, mais ils peuvent être acteurs d’une pastorale évangélisatrice, témoins privilégiés de l’amour de Dieu »[20].

Certes, quant à elles, les personnes âgées doivent chercher à vivre avec sagesse leur vieillesse : « Être âgé contient aussi une grâce et une mission, une véritable vocation du Seigneur »[21]. C’est pourquoi « La pastorale des personnes âgées, comme toute pastorale, doit s’insérer dans la nouvelle saison missionnaire inaugurée par le pape François avec Evangelii gaudium. Cela signifie : annoncer la présence du Christ [également] aux personnes âgées. L’évangélisation doit viser la croissance spirituelle de chaque âge, car l’appel à la sainteté́ s’adresse à tous, même aux grands-parents. Toutes les personnes âgées n’ont pas encore rencontré le Christ, et même si elles l’ont fait, il est indispensable de les aider à redécouvrir le sens de leur Baptême dans une phase particulière de leur vie [afin de] redécouvrir l’émerveillement devant le mystère de l’amour de Dieu et de l’éternité́ ; […] découvrir au contraire la relation avec le Dieu de l’amour miséricordieux ; demander aux personnes âgées qui font partie de nos communautés d’être des acteurs de la nouvelle évangélisation afin de transmettre elles-mêmes l’Évangile. Elles sont appelées à être missionnaires »[22], comme à tout âge de la vie.

En ce sens, « l’Église [peut devenir] le lieu où les générations sont appelées à partager le projet d’amour de Dieu, dans un rapport d’échange réciproque des dons de l’Esprit Saint. Ce partage intergénérationnel nous oblige à changer notre regard sur les personnes âgées, pour apprendre à regarder vers l’avenir avec elles […]. Le Seigneur peut et veut écrire avec elles aussi des pages nouvelles, des pages de sainteté́, de service, de prière »[23].

En effet, les jeunes et les personnes âgées, en se rencontrant, peuvent apporter dans le tissu social cette nouvelle sève d’humanisme qui rendrait plus solidaire la société. À plusieurs reprises, le Pape François a exhorté les jeunes à être aux côtés de leurs grands-parents. Ainsi, le 26 Juillet 2020, au cœur de la pandémie, en s’adressant aux jeunes, le Pape a déclaré : « Je voudrais inviter les jeunes à accomplir un geste de tendresse envers les personnes âgées, en particulier les plus seules, dans les maisons et dans les résidences, celles qui ne voient plus leurs proches depuis tant de mois. Chers jeunes, chacune de ces personnes âgées est votre grand-parent ! Ne les laissez pas seules ! Utilisez l’imagination de l’amour, téléphonez, faites des appels vidéo, envoyez des messages, écoutez-les […]. Envoyez-leur un baiser ». C’est ainsi qu’en 2012, Benoît XVI eu l’occasion de déclarer : « Il ne peut y avoir de véritable croissance humaine et éducation sans un contact fécond avec les personnes âgées, parce que leur existence elle-même est comme un livre ouvert dans lequel les jeunes générations peuvent trouver de précieuses indications pour le chemin de la vie ».

La vieillesse rappelle également le sens du destin ultime de l’existence humaine. En 1999, Jean-Paul II écrivait aux personnes âgées : « Il est urgent de se replacer dans la perspective juste qui consiste à considérer la vie dans son ensemble. Et cette perspective juste, c’est l’éternité, dont la vie, dans chacune de ses étapes, est une préparation significative. Le temps de la vieillesse, lui aussi, a son rôle à jouer dans ce processus de maturation progressive de l’être humain en marche vers l’éternité. Si la vie est un pèlerinage vers la patrie céleste, la vieillesse est la période où il est le plus naturel de regarder le seuil de l’éternité »[24]. L’homme qui vieillit ne s’approche pas de la fin, mais du mystère de l’éternité ; pour le comprendre, il a besoin de s’approcher de Dieu et de vivre dans la relation avec Lui. Prendre soin de la spiritualité des personnes âgées, de leur besoin d’intimité avec le Christ et de partage de la foi est un devoir de charité dans l’Église.

Le témoignage que les personnes âgées peuvent donner avec leur fragilité est également précieux. Il peut être lu comme étant un « magistère », un enseignement de vie. C’est ce qu’exprime la rencontre de Jésus ressuscité avec Pierre sur les rives du lac de Tibériade. En s’adressant à l’apôtre, Jésus dit ainsi : « Quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais ; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudras pas » (Jn 21, 18). Tout le magistère de la personne qui s’affaiblit dans sa vieillesse semble ainsi se résumer dans ces paroles : « tendre les mains » pour se faire aider. Les personnes âgées nous rappellent la faiblesse radicale de chaque être humain, même lorsque nous sommes en bonne santé. Elles nous rappellent le besoin d’être aimés et soutenus. Dans la vieillesse, toute autosuffisance vaincue, l’on devient des mendiants d’aide. « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2Co 12, 10), écrit l’apôtre Paul. Dans la faiblesse, c’est Dieu lui-même qui tend le premier sa main vers l’homme.

La vieillesse doit être également conçue dans cet horizon spirituel : c’est l’âge propice à l’abandon à Dieu. Tandis que le corps s’affaiblit, la vitalité psychique, la mémoire et l’esprit diminuent, la dépendance de la personne humaine à Dieu apparaît toujours plus évidente. Certes, il y a ceux qui peuvent ressentir la vieillesse comme une condamnation, mais aussi ceux qui peuvent la ressentir comme une occasion pour rétablir la relation avec Dieu. Une fois les étais humains tombés, la vertu fondamentale devient la foi vécue non seulement comme adhésion à des vérités révélées, mais également comme certitude de l’amour de Dieu qui n’abandonne pas.

La faiblesse des personnes âgées est aussi provocatrice : elle invite les plus jeunes à accepter la dépendance vis-à-vis des autres comme une façon d’affronter la vie. Seule une culture juvénile fait en sorte que le terme « âgé » soit interprété comme méprisant. Une société qui sait accueillir la faiblesse des personnes âgées est capable d’offrir à tous une espérance pour l’avenir. Enlever le droit à la vie de ceux qui sont fragiles, signifie au contraire voler l’espérance, surtout aux jeunes. C’est pourquoi écarter les personnes âgées – y compris avec le langage – est un grave problème pour tous. Cette attitude implique un message clair d’exclusion, qui est à la base de tant d’accueil manqué : de la personne conçue à celle qui a des handicaps, de l’émigré à celui qui vit dans la rue. Ainsi, la vie n’est pas accueillie dès lors qu’elle est trop faible et qu’elle a besoin de soins, elle n’est pas aimée dans sa transformation et elle n’est pas acceptée dans sa fragilisation. Malheureusement, il ne s’agit pas là d’une éventualité lointaine, mais de quelque chose qui arrive fréquemment, là où l’abandon, comme le répète le Pape, devient une forme d’euthanasie cachée[25] et propose un message qui met en danger la société tout entière. Il s’agit là d’une attitude dangereuse, qui manifeste clairement que l’opposé de la faiblesse n’est pas la force, mais l’hybris, comme l’appelait les Grecs : la présomption qui ne connaît pas de limites. Très répandue dans nos sociétés, elle engendre des colosses aux pieds d’argile. Présomption, orgueil, arrogance et mépris des faibles caractérisent ceux qui se croient forts. Une attitude qui est stigmatisée dans les Écritures : la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes (1Co 1, 25). Et ce qui est faible pour le monde, Dieu l’a choisi pour confondre les forts (1Co 1, 27). Non seulement le christianisme ne repousse pas et ne cache pas la faiblesse de l’homme, depuis la conception jusqu’au moment de la mort, mais elle lui confère l’honneur, le sens et également la force. Certes, l’on ne peut pas dire avec superficialité qu’en vieillissant l’on devient automatiquement meilleur : les défauts et les aspérités déjà présents à l’âge adulte peuvent s’accentuer, et la rencontre avec notre propre vieillesse et ses faiblesses peut représenter un temps de malaise intérieur, de fermeture envers les autres ou de refus de notre propre fragilité.

Mais les chrétiens – eux, en particulier – doivent s’interroger avec l’intelligence de l’amour afin d’identifier des perspectives et des voies nouvelles par lesquelles répondre au défi non seulement du vieillissement, mais plutôt de la faiblesse dans la vieillesse. Car il est indéniable que la maladie et la perte d’autonomie qui peuvent survenir créent des problèmes et une demande légitime d’aide.

Un récit évangélique, en particulier, met en lumière la valeur et les potentialités surprenantes de la vieillesse. Il s’agit de l’épisode de la Présentation au Temple du Seigneur, une fête qui, dans la tradition chrétienne orientale, est appelée « Fête de la Rencontre ». En effet, à cette occasion, deux personnes en âge avancé, Siméon et Anne, rencontrent l’Enfant Jésus : des personnes âgées fragiles le révèlent au monde comme lumière des nations et parlent de lui à ceux qui étaient en attente de l’accomplissement des promesses divines (cf. Lc 2, 32-38). Siméon prend Jésus dans ses bras : l’Enfant et le vieillard, presque à vouloir symboliser le début et la fin de l’existence terrestre, se soutiennent réciproquement : en effet, comme le proclament certains Hymnes liturgiques, « Le vieillard portait l’enfant, mais l’enfant dirigeait le vieillard ». L’espérance jaillit ainsi de la rencontre entre deux personnes fragiles, un Enfant et un vieillard, pour nous rappeler, en ces temps qui sont les nôtres et exaltent la culture de la performance et de la force, que le Seigneur aime révéler la grandeur dans la petitesse et la force dans la tendresse. Cet épisode, comme l’a souligné à maintes reprises le Saint-Père, marque également la rencontre entre les jeunes, représentés par Marie et Joseph, qui amènent l’Enfant au Temple, et les vieux Siméon et Anne, qui les accueillent et les instruisent. Cependant, dans cette rencontre, les rôles s’inversent : le texte biblique montre, à travers des répétitions récurrentes, comment les jeunes recherchent l’adhésion fidèle à la tradition, en s’en tenant à ce qui prescrivait « la Loi du Seigneur » (cf. 22-24, 27), tandis que les personnes âgées révèlent la nouveauté de l’Esprit (cf. 25-27), en prophétisant l’avenir.

Cela se produit dans le lit fécond de la rencontre ouverte et accueillante entre les jeunes et les personnes âgées, qui permet la réalisation d’une promesse ancienne : « Cet épisode accomplit ainsi la prophétie de Joël : ‘ Vos anciens seront instruits par des songes, et vos jeunes gens par des visions ‘ (3, 1). Dans cette rencontre, les jeunes voient leur mission et les anciens réalisent leurs rêves » [26]. L’avenir – semble ainsi nous dire cette prophétie – n’ouvre ainsi des possibilités surprenantes que si l’on cultive ensemble. C’est seulement grâce aux personnes âgées que les jeunes peuvent retrouver leurs racines et ce n’est que grâce aux jeunes que les personnes âgées retrouvent la capacité de rêver. Le Pape François en a rappelé à plusieurs reprises la nécessité, tant pour l’Église que pour la société, en proposant d’encourager avec audace les grands-parents à rêver : non seulement pour raviver en eux l’espérance, mais également pour donner aux jeunes générations la sève vitale, qui jaillit des rêves des personnes âgées, qui sont d’irremplaçables intermédiaires de mémoire, afin d’orienter sagement l’avenir. C’est pourquoi, priver les personnes âgées de leur « rôle prophétique », en les mettant de côté pour des raisons purement productives, provoque un appauvrissement incalculable, une perte impardonnable de sagesse et d’humanité. En mettant de côté les personnes âgées, l’on coupe les racines qui permettent à la société de croître vers le haut et de ne pas s’aplatir sur les besoins momentanés du présent.

Le paradigme que l’on veut proposer n’est pas une utopie abstraite ou une prétention naïve, mais il peut, au contraire, innerver et nourrir de nouvelles et plus sages politiques de santé publique, ainsi que des propositions originales d’un système de soins qui soit plus adapté à la vieillesse. Des propositions qui sont plus efficaces, outre que plus humaines. C’est ce qu’exige une éthique du bien commun ainsi que le principe du respect de la dignité de chaque individu, sans aucune distinction, y compris celle de l’âge. La société civile tout entière, l’Église et les différentes traditions religieuses, le monde de la culture, de l’école, du bénévolat, du spectacle, de l’économie et des communications sociales doivent ressentir la responsabilité de suggérer et de soutenir – au sein de cette révolution copernicienne – des mesures nouvelles et efficaces afin qu’il soit permis aux personnes âgées d’être accompagnées et aidées dans des milieux familiaux, à leurs domiciles ou, de toute façon, dans des environnements domestiques qui ressemblent le plus possible à un foyer plus qu’à un hôpital. Il s’agit d’une révolution culturelle qui doit être mise en œuvre. L’Académie pontificale pour la Vie sera attentive à indiquer ce chemin comme la voie la plus authentique pour témoigner de la vérité profonde de l’être humain : à l’image et à la ressemblance du Dieu, mendiant et maître d’amour.

 

+ Vincenzo Paglia                                                                                                                          Mgr Renzo Pegoraro

Président                                                                                                                                       Chancelier

 

 

Cité du Vatican, 2 Février 2021

[1] François, Moment extraordinaire de prière en temps d’épidémie, 27 Mars 2020.

[2] François, Ivi.

[3] Note du 30 Mars 2020.

[4] Note du 22 Juillet 2020. Humana Communitas est le titre de la Lettre que le Pape François a envoyée à l’Académie pontificale pour la Vie, le 6 Janvier 2019, à l’occasion du XXVème anniversaire de son institution.

[5] À ce sujet, voir également le document du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie du 7 Avril 2020, Dans la solitude le coronavirus tue davantage, in http://www.laityfamilylife.va/content/laityfamilylife/fr/news/2020/nella-solitudine-il-coronavirus-uccide-di-piu.html

[6] François, Lettre encyclique « Fratelli tutti. Sur la fraternité et l’amitié sociale », 2020, 19.

[7] Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, « Dans la solitude, le coronavirus tue encore plus, 7 Avril 2020, dans http://www.laityfamilylife.va/content/laityfamilylife/fr/news/2020/nella-solitudine-il-coronavirus-uccide-di-piu.html

[8] 23 Avril 2020, Associated Press

[9]  François, Audience générale, 5 Juin 2013.

[10] J.M. Bergoglio, Seul l’amour nous sauvera, LEV, Cité du Vatican 2013, p. 83.

[11] World Health Organization (2011), Global Health and Aging, disponible ici : http://www.who.int/ageing/publications/global_health.pdf

[12] François, Discours aux participants au Ier Congrès international de pastorale des personnes âgées sur le thème : « La richesse des années », 31 Janvier 2020.

[13] COMECE-FAFCE, The elderly and the future of Europe. Intergenerational solidarity and cares in times of demographic change, 3 Décembre 2020.

[14] Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, Conclusions du Ier Congrès international de pastorale des personnes âgées « La richesse des années », 30 Janvier 2020, in Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, « La richesse des années », LEV, 2020, http://www.laityfamilylife.va/content/dam/laityfamilylife/Epub/La%20richesse.pdf

[15] 2012 a été une année que les institutions internationales ont consacrée à la vieillesse : l’Union européenne l’avait proclamée « Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle », alors que l’Organisation Mondiale de la Santé avait consacré la Journée Mondiale de la Santé 2012 au thème « Vieillissement et santé : la bonne santé ajoute de la vie aux années ».

[16] Pour une panoramique, cf. C.Durret, Senior Cohousing, A Community approach to Indipendent LivingThe Handbook, 2019, Gabriola Island BC, Canada.

[17] François, Tweet du 15 Juin 2020.

[18] https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/elder-abuse

[19] François, Audience générale, 4 Mars 2015.

[20] François, Discours aux participants au Ier Congrès international de pastorale des personnes âgées « La richesse des années », 31 Janvier 2020.

[21] François, Audience générale, 11 Mars 2015.

[22] Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, Conclusions au Ier Congrès international de pastorale des personnes âgées « La richesse des années », 30 Janvier 2020, in http://www.laityfamilylife.va/content/dam/laityfamilylife/Epub/La%20richesse.pdf

[23] François, Discours aux participants au Ier Congrès international de pastorale des personnes âgées « La richesse des années », 31 Janvier 2020.

[24] Jean-Paul II, Lettre aux personnes âgées, 1999.

[25] Cf. FRANÇOIS, Rencontre avec les personnes âgées, 28 Septembre 2014.

[26] François, Homélie, 2 Février 2018.

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5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 09:41
Evénement pour la Journée de la Fraternité humaine, capture Vatican News

Evénement pour la Journée de la Fraternité humaine, capture Vatican News

Journée de la fraternité humaine : « Soit nous sommes frères… soit tout s’écroule », prévient le pape

Message à un événement virtuel avec le grand imam d’Al-Azhar

« Soit nous sommes frères… soit tout s’écroule », avertit le pape François dans un message à l’occasion de la première Journée mondiale de la Fraternité humaine, ce 4 février 2021. « Il n’est nul besoin d’une guerre pour faire des ennemis. La négligence suffit », souligne-t-il aussi.

« Aujourd’hui, la fraternité est la nouvelle frontière de l’humanité. Soit nous sommes frères, soit nous nous détruisons mutuellement », insiste le pape dans cette vidéo enregistrée pour un événement virtuel avec le grand imam d’Al-Azhar, co-signataire de la Déclaration sur la Fraternité humaine deux ans plus tôt (2019), à Abou Dhabi.

« Il n’est plus de temps aujourd’hui pour l’indifférence », affirme encore le pape qui invite à refuser la « distance », la « négligence », le « désintérêt » : « Fraternité veut dire main tendue ; fraternité veut dire respect. Fraternité veut dire écouter avec le coeur ouvert. »

« C’est le moment de l’écoute. C’est le moment de l’acceptation sincère. C’est le moment de la certitude qu’un monde sans frères est un monde d’ennemis…. Disons-le clairement : soit des frères, soit des ennemis. »

Voici notre traduction de ce message.

Message du pape François

Sœurs et frères. Ce sont les mots : sœurs et frères. Pour réaffirmer la fraternité.

Un merci spécial à vous, mon frère, mon ami, mon compagnon sur les défis et les risques dans la lutte pour la fraternité, le grand imam Ahmed Al-Tayyeb, merci pour votre compagnie sur le chemin de la réflexion et de la rédaction du document qui a été présenté il y a deux ans. Votre témoignage m’a beaucoup aidé parce qu’il a été un témoignage courageux. Je sais que ce n’était pas une mission facile. Mais nous avons pu le faire ensemble, et nous aider mutuellement. La plus belle chose est que ce premier désir de fraternité s’est consolidé dans une vraie fraternité. Merci, mon frère, merci !

Je souhaite aussi remercier Son Altesse le cheick Mohammed bin Zayed pour tous les efforts qu’il a réalisés pour que l’on puisse avancer sur ce chemin.Il a cru en ce projet. Il y a cru.

Et je pense qu’il est juste aussi de remercier – permettez-moi l’expression, Monsieur le Juge – “l’enfant terrible” de tout ce projet, le juge Abdel Salam, ami, travailleur, plein d’idées, qui nous a aidé à avancer.

Merci à tous d’avoir parié sur la fraternité, parce qu’aujourd’hui la fraternité est la nouvelle frontière de l’humanité. Soit nous sommes frères, soit nous nous détruisons mutuellement.

Il n’y a plus de temps aujourd’hui pour l’indifférence. Nous ne pouvons pas nous en laver les mains, en prenant de la distance, avec négligence, ou par désintérêt. Soit nous sommes frères – permettez-moi –, soit tout s’écroule. C’est la frontière. La frontière sur laquelle nous devons construire; c’est le défi de notre siècle, c’est le défi de notre époque.

Fraternité veut dire main tendue ; fraternité veut dire respect. Fraternité veut dire écouter avec le cœur ouvert. Fraternité veut dire fermeté dans ses propres convictions. Parce qu’il n’y a pas de vraie fraternité si l’on négocie ses convictions.

Nous sommes frères, nés d’un même Père. Avec des cultures, des traditions différentes, mais tous frères. Et dans le respect de nos cultures et de nos traditions différentes, de nos citoyennetés différentes, il faut construire cette fraternité. Non pas en la négociant.

C’est le moment de l’écoute. C’est le moment de l’acceptation sincère. C’est le moment de la certitude qu’un monde sans frères est un monde d’ennemis. Je veux souligner ceci. Nous ne pouvons pas dire: soit des frères, soit pas. Disons-le clairement : soit des frères, soit des ennemis. Parce que la négligence est une forme subtile d’inimitié. Il n’est nul besoin d’une guerre pour faire des ennemis. La négligence suffit. Cette technique – elle s’est transformée en une technique – suffit, cette attitude de détourner le regard, de ne pas se soucier de l’autre, comme s’il n’existait pas, suffit.

Cher frère grand imam, merci pour votre aide. Merci pour votre témoignage. Merci pour ce chemin que vous avez fait ensemble.

[Félicitations du pape au secrétaire général des Nations unies, António Guterres, lauréat du prix Zayed]

Je souhaite féliciter pour ce Prix le secrétaire général des Nations unies et le remercier pour tous les efforts qu’il accomplit pour la paix. Une paix qui ne peut être obtenue qu’avec un cœur fraternel. Merci pour ce que vous faites.

[Félicitations du pape à Latifa Ibn Ziaten, lauréate du Prix Zayed]

Chère sœur, tes dernières paroles n’ont pas été dites par ouï-dire ou par convention : “nous sommes tous frères”. C’est une conviction. Et une conviction façonnée dans la douleur, dans tes plaies. Tu as dépensé ta vie avec le sourire, tu as dépensé ta vie dans le non ressentiment et, à travers la douleur de perdre un enfant – seule une mère sait ce que signifie perdre un fils –, à travers cette douleur tu as le courage de dire “nous sommes tous frères” et de semer des paroles d’amour. Merci pour ton témoignage. Et merci d’être la mère de ton fils, de tant d’enfants ; d’être mère aujourd’hui de cette humanité qui t’écoute et qui apprend de toi : soit le chemin de la fraternité, soit des frères, soit nous perdons tout.

Merci, merci !

Traduction de Zenit, Anne Kurian-Montabone

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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 18:13

Journée mondiale de prière et de réflexion contre la traite des personnes, le 8 février 2021

Célébrée le 8 février 2021, la Journée mondiale de prière et de réflexion contre la traite des personnes a pour thème l'une de ses principales causes : le modèle économique du néolibéralisme. Cette journée est placée sous l’égide de Sainte Joséphine Bakhita (1869-1947), réduite en esclavage au Soudan, alors qu’elle était enfant.

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-  Texte Orientations pastorales sur la la traite des personnes d'avril 2019
-  Prière à sainte Joséphine Bakhita
-  Veillée de prière de l'Union Internationale des Supérieures Générales
-  Fiche du livre de Véronique Olmi sur Bakhita de l'OFC en date du 24 janvier 2021

En savoir plus sur le site national mission et migrations

Journée mondiale de prière et de réflexion contre la traite des personnes, le 8 février 2021

Prière à S. Joséphine Bakhita

Sainte Joséphine Bakhita, enfant, tu as été vendue comme esclave et tu as dû affronter des difficultés et des souffrances indicibles. Une fois libérée de ton esclavage physique, tu as trouvé la vraie rédemption dans ta rencontre avec le Christ et avec son Église. Sainte Joséphine Bakhita, aide tous ceux qui sont pris dans le piège de l’esclavage.

Intercède auprès de Dieu, pour que soient brisées les chaînes de leur captivité. Que Dieu rende libres toux ceux que les hommes réduisent en esclavage Réconforte ceux qui survivent à cet esclavage et fais qu’ils te considèrent comme un modèle de foi et d’espérance. Aide tous les survivants à guérir de leurs blessures. Enfin, nous te supplions de prier et d’intercéder pour tous ceux qui subissent un esclavage parmi nous. Amen.

St. Joséphine Bakhita est née au Soudan en 1869 et a été réduite à l’esclavage alors qu’elle n’était qu’une enfant. Par la suite, elle a été vendue à un diplomate italien et amenée en Italie. Plus tard, elle fut libérée avec l’aide des Sœurs Canossiennes Filles de la Charité. Grâce à elles, elle a découvert Dieu, qu’elle a fidèlement servi jusqu’à sa mort, en 1947. En octobre 2000, Joséphine Bakhita a été canonisée par le Pape Jean-Paul II, qui a déclaré à cette occasion : « Chez sainte Joséphine Bakhita, nous trouvons un brillant défenseur de la véritable émancipation. L'histoire de sa vie inspire non pas l'acceptation passive, mais la ferme résolution à œuvrer de façon effective pour libérer les jeunes filles et les femmes de l'oppression et de la violence, et pour leur restituer leur dignité dans le plein exercice de leurs droits » (Messe de canonisation de Sainte Joséphine Bakhita, 1er octobre 2000).

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