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17 juillet 2021 6 17 /07 /juillet /2021 08:23
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En images : Emmanuel Macron a visité le sanctuaire de Lourdes
Emmanuel Macron accueilli à Lourdes

Ludovic MARIN / AFP

Le président de la République est entouré d'Antoine Hérouard, délégué apostolique au sanctuaire de Lourdes, Mgr Olivier Ribadeau Dumas, recteur du sanctuaire, et de Thierry Lavit, maire de Lourdes.

Lauriane Vofo Kana - Publié le 16/07/21 -

Emmanuel Macron est devenu ce vendredi 16 juillet le premier Président de la Ve République à visiter le sanctuaire de Lourdes. Il y a conclu un déplacement de deux jours dans les Hautes-Pyrénées.

C’est sous un ciel clair qu’Emmanuel Macron s’est fait attendre ce vendredi 16 juillet. Premier Président de la Ve République à se rendre au sanctuaire, il a été accueilli par une foule nombreuse. Attendu pour démarrer une déambulation dans la cité mariale vers 15 heures, c’est plus de trois quart d’heures après que les visiteurs et les curieux ont finalement aperçu le Président.

 

Le chef de l’État avait pour guide Mgr Hérouard, délégué apostolique au sanctuaire et Mgr Ribadeau Dumas, le recteur. Il s’est ensuite offert un bain de foule en allant à la rencontre des Français qui avaient fait le déplacement. Selfies, échanges et remerciements ont rythmé l’avancée de l’invité d’exception.

 

Un seul incident notable a perturbé le parcours du locataire de l’Elysée. Il a été vivement interpellé par un homme qui a lancé : « Honte à vous », le traitant d’ « athée primaire », avant d’être exfiltré. Le Président a poursuivi sa visite sans encombre, en profitant du bon accueil des pèlerins présents à Lourdes pour la deuxième édition du pèlerinage digital : Lourdes United. Plusieurs acteurs de la comédie musicale à succès « Bernadette de Lourdes », présents sur les lieux, ont interprété leur titre phare, « Madame ».

 

Ce déplacement à Lourdes marquait la dernière étape d’une visite de deux jours dans le département des Hautes-Pyrénées.

 
 
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25 juin 2021 5 25 /06 /juin /2021 10:46
Mali : on est sans nouvelles du père Léon Dougnon
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Shutterstock I Claudiovidri Mopti, Mali.

Agnès Pinard Legry - Publié le 24/06/21

Parmi les cinq chrétiens enlevés lundi 21 juin dans le centre du Mali, les quatre paroissiens ont été libérés mercredi. Confirmé par les autorités régionales ainsi que par l’Église, cet enlèvement n’a pas encore été revendiqué. On reste en revanche sans nouvelles du prêtre.

L’annonce de la libération de quatre des cinq otages enlevés au Mali a apporté un grand soulagement. Enlevé lundi 21 juin avec leur curé, le père Léon Dougnon, le groupe se rendait alors aux funérailles de l’ancien curé de leur paroisse. Les autorités restent cependant sans nouvelles du curé de Ségué. L’enlèvement pourrait avoir été perpétré par des djihadistes liés à al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), très présents dans cette zone.

 
Crise sécuritaire depuis 2012

Le nord du Mali est le théâtre depuis 2012 d’une profonde crise sécuritaire. Plusieurs groupes terroristes se sont rassemblés cette année-là et avaient réussi à prendre le contrôle de plusieurs régions du nord et du centre du pays. En grande partie chassés grâce à l’opération Barkhane de l’armée française, ces groupes sont encore à l’origine d’attaques ciblées et d’enlèvements.

 

C’est aussi au Mali que la religieuse colombienne sœur Gloria Cecilia Narváez a été enlevée en février 2017. Missionnaire depuis plus de dix ans dans le pays, elle serait retenue en otage par des djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Gsim).

 
Enlevés, portés disparus… on est sans nouvelle de ces missionnaires :
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17 juin 2021 4 17 /06 /juin /2021 17:10

Article du News Vatican -14.06.2021

Lancement d’une Journée annuelle «de la paix pour l’Orient»

Les fidèles sont invités à participer à cette initiative rendue publique par une lettre du patriarche latin de Jérusalem, Mgr Pierbattista Pizzaballa. Elle se tiendra le 27 juin prochain.A l’occasion du 130e anniversaire de l’encyclique Rerum Novarumdu Pape Léon XIII, la commission Justice et Paix du Conseil des patriarches catholiques du Moyen-Orient propose le lancement d’une "Journée de la paix pour l’Orient", fixée au 27 juin. Dorénavant, une messe sera donc célébrée tous les ans, dans chaque pays appartenant au Conseil susmentionné; tous les évêques et patriarches sont vivement invités à participer à cette «intense prière». En cette année dédiée à saint Joseph, le Moyen-Orient sera consacré à la Sainte Famille, lors d’une messe célébrée en la Basilique de l’Annonciation à Nazareth, le dimanche 27 juin, en présence de tous les Ordinaires de Terre Sainte. Une icône de Marie, Jésus et Joseph, spécialement peinte et incrustée de reliques provenant de la Basilique sera bénie, avant de partir en pèlerinage vers le Liban. Elle fera ensuite étape dans tous les pays d’Orient pour arriver enfin à Rome vers le 8 décembre 2021,pour la clôture de l’année consacrée par le Pape au père adoptif de Jésus. «À Rome également, le Saint-Père donnera sa bénédiction apostolique spéciale pour la "Journée de la paix pour l'Orient"», écrit Mgr Pizzaballa dans une lettre publiée ce lundi par le site du Patriarcat latin de Jérusalem.Les fidèles sont encouragés à participer à cette initiative spirituelle «pour implorer la Miséricorde de Dieu et Sa Paix sur ce bien-aimé Moyen-Orient, où la foi chrétienne est née et est toujours vivante, malgré les souffrances».

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11 juin 2021 5 11 /06 /juin /2021 22:19
Le card. Marx et le pape François © COMECE

Le card. Marx et le pape François © COMECE

La lettre au card. Marx, un des textes les plus importants du pontificat, par Andrea Monda

D’une portée « grandiose et durable »

« Un des textes les plus importants du pontificat du pape François », d’une portée « grandiose et durable » : c’est l’analyse du directeur de L’Osservatore Romano Andrea Monda sur la lettre du pape François refusant la démission que lui avait présentée le cardinal allemand Reinhard Marx pour assumer sa responsabilité dans la gestion des abus sexuels.

Cette lettre du 10 juin 2021 « est adressée au cardinal Reinhard Marx, note le directeur dans un éditorial le lendemain, mais elle est destinée à tous, à chaque catholique qui vit aujourd’hui sur la terre. Aujourd’hui et demain… Il s’agit d’un texte qui va accroître l’héritage très riche du pape François ».

Pour Andrea Monda, le passage « le plus intense et le plus touchant » est l’appel à l’humilité : « C’est le chemin de l’Esprit que nous devons suivre, et son point de départ est l’humble confession : nous avons eu tort, nous avons péché. Ni les sondages ni le pouvoir des institutions ne nous sauveront. Le prestige de notre Église, qui tend à cacher ses péchés, ne nous sauvera pas ; le pouvoir de l’argent ou l’opinion des médias (desquels nous sommes souvent trop dépendants) ne nous sauveront pas. Nous nous sauverons en ouvrant la porte à Celui qui peut le faire et en confessant notre nudité : ‘j’ai péché’, ‘nous avons péché’… et en pleurant, et en balbutiant tant bien que mal ce “éloigne-toi de moi car je suis pécheur“, l’héritage que le premier pape a laissé aux papes et aux évêques de l’Église. Et nous ressentirons cette honte guérisseuse qui ouvre les portes à la compassion et à la tendresse du Seigneur qui est toujours près de nous. ».

« Pleurer et balbutier son indignité, reprend le directeur du quotidien du Vatican : c’est l’héritage de Pierre que François fait sien et offre à l’attention de tout fidèle catholique. »

Le pape souligne aussi le sens de « la vraie réforme », qui « commence par soi-même ». Ceux qui « ne comprennent pas et qui polémiquent sont les “idéologues”… qui oublient la véritable réforme, l’unique possible », insiste Andrea Monda : celle de Jésus, qui « l’a faite par sa vie, par son histoire, par sa chair sur la croix ».

« Voilà la force de l’Eglise, ajoute-t-il, la croix, l’unique lieu où Jésus est reconnu comme roi et comme fils de Dieu. Voilà notre héritage d’enfants de Dieu, conduits avec amour par le pasteur successeur de Pierre. »

Le cardinal Marx, 63 ans, avait présenté au pape sa démission comme archevêque de Munich et Freising, pointant du doigt dans l’Eglise « des erreurs personnelles », des « échecs administratifs », mais aussi « une défaillance institutionnelle et systémique ». Figure importante dans l’Eglise – il est notamment membre du “Conseil des cardinaux“ créé par le pape en 2013 pour l’aider dans la réforme de la Curie romaine et coordinateur du Conseil pour l’économie du Saint-Siège -, sa demande avait eu un fort écho médiatique.

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9 juin 2021 3 09 /06 /juin /2021 14:16
Communauté de Saint-Louis-des-Français de Rome, 7 juin 2021 © Vatican Media

Communauté de Saint-Louis-des-Français de Rome, 7 juin 2021 © Vatican Media

«Les prêtres « surhommes » tournent mal, tous», fait observer le pape François (traduction complète)

Message aux prêtres de Saint-Louis-des-Français

 

« Les prêtres « surhommes » tournent mal, tous », affirme le pape François dans son allocution aux prêtres de Saint-Louis-des-Français de Rome, qu’il a reçus en audience ce lundi 7 juin 2021, dont Mgr Jean Landousies CM, qui quitte fin juin le service du Saint-Siège, et auquel le pape a rendu un hommage appuyé, et le nouveau recteur, depuis septembre 2020, Mgr Laurent Bréguet, originaire du diocèse d’Angers.

Le pape a en quelque sorte fait l’éloge de la fragilité chrétienne : « Les fragilités ne doivent pas être laissées de côté : elles sont un lieu théologique. Ma fragilité, celle de chacun de nous est le lieu théologique de la rencontre avec le Seigneur. Les prêtres « surhommes » tournent mal, tous. Le prêtre frêle, qui connaît ses faiblesses et en parle avec le Seigneur, ça ira. Avec Joseph, nous sommes appelés à revenir à l’expérience d’actes simples d’accueil, de tendresse, de don de soi. »

Le pape a aussi évoqué les écueils de la vie communautaire : « Dans la vie communautaire, il y a toujours la tentation de créer de petits groupes fermés, de s’isoler, de critiquer et de dire du mal des autres, de se croire supérieur, plus intelligent. Les cancans c’est une habitude des groupes fermés, aussi une habitude des prêtres qui deviennent des vieux garçons : ils vont, parlent, médisent : cela n’aide pas. Et cela nous menace tous, et ce n’est pas bon. »

Mais le pape indique aussi l’antidote : « Nous devons abandonner cette habitude et regarder la miséricorde de Dieu et y penser. Puissiez-vous toujours vous accueillir les uns les autres comme un don. Dans une fraternité vécue dans la vérité, dans la sincérité des relations et dans une vie de prière, nous pouvons former une communauté où vous pouvez respirer l’air de la joie et de la tendresse. »

Surtout, le pape recommande le service du peuple de Dieu : « On ne peut pas réfléchir sur le prêtre en dehors du saint peuple de Dieu. Le sacerdoce ministériel est une conséquence du sacerdoce baptismal du saint peuple fidèle de Dieu. Il ne faut pas l’oublier. Si vous pensez à un sacerdoce isolé du peuple de Dieu, ce n’est pas un sacerdoce catholique, non ; et même pas chrétien. Dépouillez-vous de vous-mêmes, de vos idées préconçues, de vos rêves de grandeur, de votre affirmation de soi, pour mettre Dieu et les personnes au centre de vos préoccupations quotidiennes. Pour mettre le saint peuple fidèle de Dieu au centre, il faut être des pasteurs. »

Une page précieuse sur l’enseignement du pape François sur le sacerdoce et la pastorale, avec saint Joseph pour modèle.

Voici notre traduction, rapide, de travail, de l’allocution du pape François prononcée en italien.

AB

Allocution du pape François

Chers frères,

Je suis très heureux de vous accueillir en tant que communauté sacerdotale de Saint-Louis-des-Français. Je remercie le recteur, Mgr Laurent Bréguet, pour ses aimables paroles.

Dans une société marquée par l’individualisme, l’affirmation de soi, l’indifférence, vous faites l’expérience du vivre ensemble avec ses défis quotidiens. Située au cœur de Rome, votre maison, avec son témoignage de vie, peut communiquer aux personnes qui la fréquentent les valeurs évangéliques d’une fraternité variée et solidaire, surtout quand quelqu’un traverse un moment difficile. En effet, votre vie fraternelle et vos divers engagements sont capables de vous faire ressentir la fidélité de l’amour de Dieu et sa proximité. Un signe, un signal.

En cette année dédiée à saint Joseph, je vous invite à redécouvrir le visage de cet homme de foi, de ce père tendre, modèle de fidélité et d’abandon confiant au dessein de Dieu. « La volonté de Dieu, son histoire, son projet, passent aussi à travers la préoccupation de Joseph. Joseph nous enseigne ainsi qu’avoir foi en Dieu comprend également le fait de croire qu’il peut agir à travers nos peurs, nos fragilités, notre faiblesse » (Lettre apostolique Patris corde, 2). Les fragilités ne doivent pas être laissées de côté : elles sont un lieu théologique. Ma fragilité, celle de chacun de nous est le lieu théologique de la rencontre avec le Seigneur. Les prêtres « surhommes » tournent mal, tous. Le prêtre frêle, qui connaît ses faiblesses et en parle avec le Seigneur, ça ira. Avec Joseph, nous sommes appelés à revenir à l’expérience d’actes simples d’accueil, de tendresse, de don de soi.

Dans la vie communautaire, il y a toujours la tentation de créer de petits groupes fermés, de s’isoler, de critiquer et de dire du mal des autres, de se croire supérieur, plus intelligent. Les cancans c’est une habitude des groupes fermés, aussi une habitude des prêtres qui deviennent des vieux garçons : ils vont, parlent, médisent : cela n’aide pas. Et cela nous menace tous, et ce n’est pas bon. Nous devons abandonner cette habitude et regarder la miséricorde de Dieu et y penser. Puissiez-vous toujours vous accueillir les uns les autres comme un don. Dans une fraternité vécue dans la vérité, dans la sincérité des relations et dans une vie de prière, nous pouvons former une communauté où vous pouvez respirer l’air de la joie et de la tendresse.

Je vous encourage à vivre les précieux moments de partage et de prière communautaire dans une participation active et joyeuse. Même des moments de gratuité, de rencontre gratuite… Le prêtre est un homme qui, à la lumière de l’Évangile, répand autour de lui le goût de Dieu et transmet l’espérance aux cœurs inquiets : c’est ainsi qu’il doit en être.

Les études que vous faites dans les différentes universités romaines vous préparent à vos futures tâches de pasteurs, et elles vous permettent de mieux apprécier la réalité dans laquelle vous êtes appelés à annoncer l’Évangile de la joie. Cependant, vous ne vous rendez pas sur le terrain pour appliquer les théories sans prendre en considération l’environnement dans lequel vous vous trouvez, ainsi que les personnes qui vous sont confiées. Je vous souhaite d’être « des pasteurs avec « l’odeur des brebis » » (Homélie du 28 mars 2013), des personnes capables de vivre, de rire et de pleurer avec les vôtres, en un mot de communiquer avec eux.

Cela m’inquiète, quand on fait des réflexions, des pensées sur le sacerdoce, comme si c’était une chose de laboratoire : ce prêtre, cet autre prêtre… On ne peut pas réfléchir sur le prêtre en dehors du saint peuple de Dieu. Le sacerdoce ministériel est une conséquence du sacerdoce baptismal du saint peuple fidèle de Dieu. Il ne faut pas l’oublier. Si vous pensez à un sacerdoce isolé du peuple de Dieu, ce n’est pas un sacerdoce catholique, non ; et même pas chrétien. Dépouillez-vous de vous-mêmes, de vos idées préconçues, de vos rêves de grandeur, de votre affirmation de soi, pour mettre Dieu et les personnes au centre de vos préoccupations quotidiennes. Pour mettre le saint peuple fidèle de Dieu au centre, il faut être des pasteurs.

« Non, je voudrais être seulement un intellectuel, pas un pasteur » : mais, demande la réduction à l’état laïc, cela t’ira mieux, et sois un intellectuel. Mais si tu es prêtre, sois un pasteur. Tu seras un pasteur, de tant de façons, mais toujours au milieu du peuple de Dieu. Ce que Paul a rappelé à son disciple bien-aimé : « Souviens-toi de ta mère, ta grand-mère, du peuple qui t’ont enseigné ». Le Seigneur dit à David : « Je t’ai choisi de derrière le troupeau », de là.

Chers frères prêtres, je vous invite à avoir toujours de grands horizons, à rêver, à rêver d’une Église entièrement au service, d’un monde plus fraternel et solidaire. Et pour cela, en tant que protagonistes, vous avez votre contribution à offrir. N’ayez pas peur d’oser, de prendre des risques, d’aller de l’avant car vous pouvez tout avec le Christ qui vous donne la force (cf. Ph 4, 13).

Avec lui, vous pouvez être des apôtres de la joie, en cultivant en vous la gratitude d’être au service de vos frères et de l’Église. Et le sens de l’humour va de pair avec la joie. Un prêtre qui n’a pas le sens de l’humour, ne plaît pas, quelque chose ne va pas. Imitez ces grands prêtres qui rient des autres, d’eux-mêmes et même de leur propre ombre : le sens de l’humour c’est l’une des caractéristiques de la sainteté, comme je l’ai souligné dans l’Exhortation apostolique sur la sainteté, Gaudete et exultate.

Et cultivez en vous la gratitude d’être au service de vos frères et de l’Église. En tant que prêtres, vous avez été « oints de l’huile de la joie pour oindre de l’huile de joie » (Homélie du 17 avril 2014). Et ce n’est qu’en restant enraciné dans le Christ que vous pourrez éprouver une joie qui vous pousse à gagner les cœurs. La joie sacerdotale est la source de votre agir en missionnaires de votre temps.

Enfin, je vous invite à cultiver la gratitude. Gratitude envers le Seigneur pour ce que vous êtes les uns pour les autres. Avec vos limites, vos faiblesses, vos tribulations, il y a toujours un regard d’amour posé sur vous et qui vous donne confiance. La gratitude « est toujours « une arme puissante » » (Lettre aux prêtres à l’occasion du 160e anniversaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney, 4 août 2019), qui permet de garder allumée la flamme de l’espérance dans les moments de découragement, de solitude et d’épreuve.

Je confie chacun de vous, les membres de vos familles, le personnel de votre maison, ainsi que les membres de la paroisse de Saint-Louis-des-Français à l’intercession de la Vierge Marie et à la protection de saint Louis. Je vous bénis de tout mon cœur et je vous demande de ne pas oublier de prier pour moi, car j’en ai besoin. Cette tâche n’est pas facile.

Et dans les livres de spiritualité il y a un chapitre – dans certains livres, mais pensons à Saint Alfonse-Marie de Liguori et tant d’autres – un chapitre sur un thème puis un exemple, et certains disent : « Où l’on prouve ce qui a été dit par un exemple « , et ils donnent un exemple de vie.

Aujourd’hui, avant que vous n’entriez, le père Landousies m’a dit qu’à la fin du mois de juin il quittera ce bureau ici, à la curie : il a été mon traducteur français depuis longtemps.

Mais je voudrais faire un résumé de sa personne. C’est un exemple. J’ai trouvé en lui le témoignage d’un prêtre heureux, d’un prêtre conséquent, d’un prêtre qui a su vivre avec des martyrs déjà béatifiés – qu’il connaissait individuellement – et aussi de vivre avec une maladie dont on ne savait pas ce que c’était, avec la même paix, avec le même témoignage.

Et je profite publiquement, même devant L’Osservatore Romano, tout le monde, pour le remercier de son témoignage, qui m’a fait du bien à maintes reprises. Sa façon d’être m’a fait du bien. Il va s’en aller, mais il va exercer son ministère à Marseille, et il fera tant de bien avec cette capacité qu’il a d’accueillir tout le monde. Mais il laisse ici la bonne odeur du Christ, la bonne odeur d’un prêtre, d’un bon prêtre. Alors devant vous, je lui dis merci, merci pour tout ce que tu as fait.

Copyright – Traduction de Zenit, Anita Bourdin

 

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 09:51
Audience générale du 19 mai 2021 © Vatican Media

Audience générale du 19 mai 2021 © Vatican Media

Catéchèse : « Ayez le courage de dire à Dieu : mais pourquoi… ? »

« Nos expressions les plus dures et les plus amères »

« Ayez le courage de dire à Dieu : mais pourquoi… ? » a encouragé le pape François à l’audience générale de ce mercredi matin, 19 mai 2021. Et même, a-t-il ajouté, « se mettre un peu en colère fait du bien », pour « attirer le cœur de notre Père vers notre misère, vers notre difficulté, vers notre vie ».

« Dieu nous répondra », a-t-il affirmé dans sa catéchèse depuis la Cour Saint-Damase du Vatican : « Il recueillera même nos expressions les plus dures et les plus amères, avec l’amour d’un père et les considérera comme un acte de foi, comme une prière. »

Méditant sur les difficultés de la prière, le pape a invité notamment à la « vigilance » : « Toutes les minutes de notre vie sont précieuses et ne doivent pas être perdues en distractions. »

« Quand l’imagination tourne en rond, tourne en rond, tourne en rond… Il nous faut l’arrêter et la mettre en cage, avec attention », a-t-il aussi recommandé.

Au fil de sa méditation, le pape a aussi mis en garde contre la « sécheresse spirituelle avec un cœur gris » : « Le cœur doit être ouvert et lumineux, afin que la lumière du Seigneur y entre. Et si elle n’entre pas, il faut l’attendre avec espérance. »

Voici la traduction de sa catéchèse fournie par le Saint-Siège.

Catéchèse – 34. Distraction, aridité, acédie

Chers frères et sœurs, bonjour!

En suivant le modèle du Catéchisme, au cours de cette catéchèse, nous nous référons à l’expérience vécue de la prière, en tentant d’en indiquer certaines difficultés, très communes, qui doivent être identifiées et surmontées. Prier n’est pas facile : il y a de nombreuses difficultés qui se présentent dans la prière. Il faut les connaître, les identifier et les surmonter.

Le premier problème qui se présente à celui qui prie est la distraction (cf. CEC, n. 2729). Tu commences à prier, puis ton esprit erre, erre, dans le monde entier ; ton cœur est là, l’esprit est là… La distraction de la prière. La prière coexiste souvent avec la distraction. En effet, l’esprit humain a du mal à s’arrêter longtemps sur une seule pensée. Nous faisons tous l’expérience de ce tourbillon constant d’images et d’illusions en mouvement constant, qui nous accompagne même pendant notre sommeil. Et nous savons tous qu’il n’est pas bon de céder à ce penchant désordonné.

Lutter pour gagner et maintenir la concentration ne concerne pas seulement la prière. Si l’on n’atteint pas un degré suffisant de concentration, on ne peut pas étudier avec profit ni même bien travailler. Les athlètes savent que les compétitions ne se remportent pas seulement avec l’entraînement physique, mais aussi avec la discipline mentale : surtout avec la capacité de rester concentrés et de maintenir vive l’attention.

Les distractions ne sont pas coupables, mais elles doivent être combattues. Dans le patrimoine de notre foi, il existe une vertu qui est souvent oubliée, mais qui est très présente dans l’Evangile. Elle s’appelle « vigilance ». Et Jésus le dit tant : « Veillez. Priez ». Le Catéchisme la cite de façon explicite dans son instruction sur la prière (cf. n. 2730). Souvent, Jésus rappelle les disciples au devoir d’une vie sobre, guidée par la pensée que tôt ou tard, Il reviendra, comme un époux des noces ou un maître d’un voyage. Mais ne connaissant ni l’heure, ni le jour de son retour, toutes les minutes de notre vie sont précieuses et ne doivent pas être perdues en distractions. A un moment que nous ignorons, la voix de notre Seigneur retentira : ce jour-là, bienheureux ces serviteurs qu’Il trouvera occupés, encore concentrés sur ce qui compte véritablement. Ils ne se sont pas dispersés en courant après toutes les attractions qui leur venaient à l’esprit, mais ils ont cherché à marcher sur la juste voie, en faisant le bien et en faisant leur devoir. Voilà la distraction : quand l’imagination tourne en rond, tourne en rond, tourne en rond… Sainte Thérèse appelait cette imagination qui erre, erre dans la prière, « la folle de la maison » : c’est comme une folle qui te fait tourner en rond, tourner en rond… Il nous faut l’arrêter et la mettre en cage, avec attention.

Le temps de la sécheresse mérite un discours à part. Le Catéchisme le décrit en ces termes : « Le cœur est sevré, sans goût pour les pensées, souvenirs et sentiments, même spirituels. C’est le moment de la foi pure qui se tient fidèlement avec Jésus dans l’agonie et au tombeau » (n. 2731). La sécheresse nous fait penser au Vendredi Saint, à la nuit et au Samedi Saint, toute la journée : Jésus n’est pas là, il est dans la tombe ; Jésus est mort : nous sommes seuls. Et cela est la pensée-mère de la sécheresse. Souvent, nous ne savons pas quelles sont les causes de la sècheresse : cela peut dépendre de nous-mêmes, mais aussi de Dieu, qui permet certaines situations de la vie extérieure ou intérieure. Ou, parfois, ce peut être un mal à la tête ou un mal au foie qui t’empêche d’entrer dans la prière. Souvent, nous ne connaissons pas bien la raison. Les maîtres spirituels décrivent l’expérience de la foi comme une alternance constante de temps de consolation et de désolation ; des moments où tout est facile, tandis que d’autres sont marqués par une grande pesanteur. Souvent, quand nous rencontrons un ami, nous disons : « Comment vas-tu ? » – « Aujourd’hui je suis déprimé ». Souvent, nous sommes « déprimés », c’est-à-dire que nous n’éprouvons pas de sentiments, nous ne trouvons pas de consolations, nous n’y arrivons pas. Ce sont ces jours gris… Et il y en a beaucoup, dans la vie ! Mais le danger est d’avoir le cœur gris : quand cette « déprime » arrive au cœur et le rend malade… Il y a des gens qui vivent avec le cœur gris. C’est terrible : on ne peut pas prier, on ne peut pas sentir la consolation avec le cœur gris ! Et on ne peut toujours avoir une sécheresse spirituelle avec un cœur gris. Le cœur doit être ouvert et lumineux, afin que la lumière du Seigneur y entre. Et si elle n’entre pas, il faut l’attendre avec espérance. Mais ne pas l’enfermer dans le gris.

Puis, une chose différente est l’acédie, un autre défaut, un autre vice, qui est une véritable tentation contre la prière et, plus généralement, contre la vie chrétienne. L’acédie est « une forme de dépression due au relâchement de l’ascèse, à la baisse de la vigilance, à la négligence du cœur » (CEC, n. 2733). C’est l’un des sept « péchés capitaux » parce que, alimenté par la présomption, il peut conduire à la mort de l’âme.

Comment faire, donc, dans cette succession d’enthousiasmes et de découragements ? Il faut apprendre à marcher toujours. Le véritable progrès de la vie spirituelle ne consiste pas à multiplier les extases, mais à être capables de persévérer dans les moments difficiles :  marche, marche, marche… Et si tu es fatigué, arrête-toi un peu et recommence à marcher. Mais avec persévérance. Rappelons la parabole de saint François sur la joie parfaite : ce n’est pas dans les fortunes infinies qui pleuvent du Ciel que l’on mesure la capacité d’un frère, mais dans le fait de marcher avec constance, même lorsque l’on n’est pas reconnu, même lorsque l’on est maltraité, même lorsque tout a perdu le goût des débuts. Tous les saints sont passés par cette « vallée obscure », et ne nous scandalisons pas si, en lisant leur journal, nous écoutons le compte-rendu de soirées de prière sans entrain, vécue sans goût. Il faut apprendre à dire : « Même si Toi, mon Dieu, sembles faire de tout pour que je cesse de croire en Toi, moi au contraire je continue à te prier ». Les croyants n’éteignent jamais la prière ! Parfois, elle peut ressembler à celle de Job, qui n’accepte pas que Dieu le traite de façon injuste, proteste et le prend à parti. Mais souvent, même protester devant Dieu est une façon de prier ou, comme disait cette petite vieille, « se mettre en colère contre Dieu est aussi une façon de prier », parce que souvent, le fils se met en colère contre son père : c’est un mode de relation avec le père ; parce qu’il le reconnaît comme « père », il se met en colère…

Et nous aussi, qui sommes beaucoup moins saints et patients que Job, nous savons qu’à la fin, au terme de ce temps de désolation, au cours duquel nous avons élevé au Ciel des cris muets et de nombreux « pourquoi ? », Dieu nous répondra. N’oubliez pas la prière du « pourquoi ? » : c’est la prière que font les enfants quand ils commencent à ne pas comprendre les choses et les psychologues l’appellent « l’âge des pourquoi », parce que l’enfant demande à son père : « Papa, pourquoi… ? Papa, pourquoi… ? Papa, pourquoi… ? Mais attention : l’enfant n’écoute pas la réponse du père. Le père commence à répondre et l’enfant arrive avec un autre pourquoi.  Il veut seulement attirer le regard de son père sur lui ; et quand nous nous mettons un peu en colère contre Dieu, et que nous commençons à demander des pourquoi, nous sommes en train d’attirer le cœur de notre Père vers notre misère, vers notre difficulté, vers notre vie. Mais oui, ayez le courage de dire à Dieu : « Mais pourquoi… ? ». Parce que parfois, se mettre un peu en colère fait du bien, parce que cela réveille ce rapport de fils à Père, de fille à Père, que nous devons avoir avec Dieu. Et Il recueillera même nos expressions les plus dures et les plus amères, avec l’amour d’un père et les considérera comme un acte de foi, comme une prière.

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14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 18:11
Jean-Paul II © L'Osservatore Romano

Jean-Paul II © L'Osservatore Romano

40 ans après l’attentat contre Jean-Paul II, le pape François fait mémoire

« Dans les mains de Dieu »

Quarante ans après l’attentat subi par Jean-Paul II, place Saint-Pierre, le 13 mai 1981, le pape François a fait mémoire de cet événement où son prédécesseur survécut de justesse.

Au terme de l’audience générale qu’il présidait la veille dans la Cour Saint-Damase du Vatican, en saluant les Polonais, le pape a évoqué le lien entre la mémoire liturgique de Notre-Dame de Fatima, et l’attentat : Jean-Paul II « lui-même soulignait avec force qu’il devait la vie à Notre Dame de Fatima », a-t-il rappelé.

Et le pape de souhaiter : « Que cet événement nous rende conscients que notre vie et l’histoire du monde sont dans les mains de Dieu. »

« Au Coeur Immaculé de Marie, a-t-il invité, confions l’Eglise, nous-mêmes et le monde entier. Demandons dans la prière la paix, la fin de la pandémie, l’esprit de pénitence et notre conversion. »

Jean-Paul II a été victime d’une tentative d’assassinat le 13 mai 1981, deux ans et demi après son élection comme pape : Place Saint-Pierre, il été atteint par 3 des balles tirées par le tueur à gages turc Ali Agça qui l’ont blessé au ventre, au coude droit et à l’index de la main gauche.

Les motifs de l’attentat sont à ce jour encore inconnus. Jean-Paul II lui-même pensait qu’un État de l’ancien bloc soviétique avait commandité le meurtre.

Le pape polonais a tout de suite pardonné à son agresseur, déclarant cinq jours après l’attentat, dans un message enregistré depuis son lit d’hôpital au Gemelli, lors de l’angélus du dimanche 17 mai 1981: « Je prie pour le frère qui m’a frappé et auquel j’ai sincèrement pardonné ». Il lui a rendu visite à la prison romaine de Rebibbia, le 27 décembre 1983.

Condamné à perpétuité en Italie, Ali Agça, âgé de 23 ans au moment de l’attentat, a été libéré au cours du Grand Jubilé, en juin 2000, à l’issue de la grâce signée par le président italien Carlo Azeglio Ciampi, avec l’avis favorable du Vatican, après avoir purgé une peine de 19 ans.

Jean-Paul II a toujours exprimé sa conviction que la Vierge Marie était intervenue pour sauver sa vie. En souvenir, il voulut qu’une mosaïque représentant Marie « Mère de l’Eglise » soit placée à un endroit bien visible. L’image de plus de 2,5 mètres a été installée, entre novembre et décembre 1981, sur une façade du Palais apostolique située à droite de la basilique Saint-Pierre. On y lit sa devise: « Totus Tuus ».

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14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 18:08
L'Ascension du Christ, Giotto, Chapelle des Scrovegni, Padoue (Italie) © DR

L'Ascension du Christ, Giotto, Chapelle des Scrovegni, Padoue (Italie) © DR

« Le bon combat », tweet du pape pour l’Ascension

La mission que Dieu nous confie

« En même temps, ajoute le pape, elle nous rappelle la mission que le Seigneur nous a confiée ici sur terre. Que le Saint-Esprit nous guide dans le bon combat que nous devons mener. »

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8 mai 2021 6 08 /05 /mai /2021 14:25
Baptême d'enfants dans la chapelle Sixtine, 12 janvier 2020 © Vatican Media

Baptême d'enfants dans la chapelle Sixtine, 12 janvier 2020 © Vatican Media

Lectures de dimanche :
« Si vous voulez être heureux, rendez quelqu’un heureux »

La vocation chrétienne, c’est être choisi

mai 07, 2021 12:37

« La vocation chrétienne n’est pas un choix mais c’est être choisi », écrit Mgr Francesco Follo en méditant sur les lectures de dimanche prochain, 9 mai 2021 (VIème dimanche de Pâques – Année B – Ac 10,25-27.34-35.44-48; Ps 97; 1 Jn 4,7 à 10; Jn 15,9-17).

La méditation de l’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Unesco à Paris a pour titre « L’amour est mission et la mission est amour ». Citant un moine de Tibhirine, il prévient : « Si vous voulez être heureux, vous allez directement à la déception, au malheur. Si vous voulez être heureux, rendez quelqu’un heureux. »

« L’amour c’est partager, c’est donner la vie sans la perdre, c’est donner la vie et la sentir revenir sous forme de joie et de plénitude », explique encore Mgr Follo.

Prémisse :

La vocation chrétienne n’est pas un choix mais c’est être choisi, nous dit le Christ dans l’Évangile de ce dimanche. Nous sommes choisis pour vivre les chemins de l’amour, pour porter des fruits de joie, pour donner un sens à notre vie et à celle des autres. C’est pour cela que sainte Thérèse de Lisieux priait ainsi : « Ô Jésus, mon amour, j’ai enfin trouvé ma vocation. Ma vocation est l’amour. Oui, j’ai trouvé ma place dans l’Église, et tu m’as donné cette place, ô mon Dieu. Dans le cœur de l’Église, ma mère, je serai amour et ainsi je serai tout et mon désir se traduira en réalité ».

Donc c’est quoi l’amour, sinon déverser tout ce que nous sommes dans la vie des frères.
L’amour c’est partager, c’est donner la vie sans la perdre, c’est donner la vie et la sentir revenir sous forme de joie et de plénitude.

Jésus lui-même s’offre comme mesure, modèle, inspiration du plus grand amour : Il lave les pieds de ses disciples, donne « sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13), pardonne et aime aussi ses ennemis.
L’amour dont parle Jésus a une dimension missionnaire claire, comme on peut le voir dans deux phrases qu’il faut lire en parallèle : l’amour est mission, la mission est amour.
– « Comme le Père m’a aimé, moi aussi, je vous ai aimé. Restez dans mon amour » (Jn 15, 9) ;
– « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie aussi … Recevez le Saint-Esprit » (Jn 20, 21-22).

L’amour et la mission vont de pair : la mission naît de l’amour, l’amour conduit à la mission. Tout cela dans le signe et avec la puissance de l’Esprit d’amour. Jean (2e lecture) renforce le même enseignement, en s’appuyant sur l’origine divine de l’amour : « Aimons-nous les uns les autres … parce que l’amour vient de Dieu : … parce que Dieu est amour …. C’est Lui qui nous a aimés » (Jn 15, 7.8.10).

Aimez au point de donner votre vie pour les autres. C’est le plus grand amour, c’est l’amour des martyrs. Et de nombreux autres chrétiens, missionnaires et non. L’un des 7 moines trappistes, tué à Tibhirine (Algérie, 21 mai 1996) par certains fondamentalistes, a laissé ce témoignage écrit : « Si un jour vient – et cela pourrait être aujourd’hui – quand je serai victime du terrorisme qui semble vouloir engloutir tous les étrangers vivant en Algérie, je voudrais que ma communauté, mon Église, ma famille se souviennent que ma vie est donnée à Dieu et à ce pays » (Dom Christian de Chargé, Prieur du Monastère trappiste Notre-Dame de Tibhirne). Et le fr. Luc Dochier, un autre des moines de la même fraternité trappiste, a écrit : « Si vous voulez être heureux, vous allez directement à la déception, au malheur. Si vous voulez être heureux, rendez quelqu’un heureux ».

1) L’amour don de soi-même sans mesure.

« Dieu est amour » et cet Amour est le centre de la foi chrétienne.  Celle-ci est la grande révélation qui est au centre des deux textes de Jean (1 Jn 4,7 – 10; Jn 15,9 – 17) qui nous sont proposées par la Liturgie dans cette sixième dimanche de Pâques: « Dieu est amour; Celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui » (1 Jn 4,16) et porte du fruit, c’est à dire il (ap)porte le Christ et sa joie.
La liturgie d’aujourd’hui nous invite à parcourir l’exode intérieur (sortir de soi-même à travers l’intérieur de soi, comme le disaient certains pères de l’Église), en nous faisant pèlerins de l’amour par la prière d’un cœur à l’écoute et en laissant les choses superflues qui pourraient nous faire perdre l’essentiel : Dieu et son amour.
Le commandement de l’amour – qu’ouvre (v. 12) et (v. 17) ferme le récit de l’Évangile de ce dimanche – trouve en Jésus sa raison. La raison de cet amour est le fait que si nous nous aimons entre nous, c’est parce qu’il nous a aimés le premier : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » Avec le commandement de l’amour, le Fils de Dieu se propose comme raison, modèle, règle, source et mesure : « Comme je vous ai aimés ».
Comme modèle, car il nous donne l’exemple d’une vie donnée par amour pour lui ressembler en vivant l’amour réciproque, en accueillant l’autre et en pratiquant la miséricorde.
Comme règle, parce que le Christ se propose comme la Voie. Prendre cette Voie comme une règle n’a pas le sens de faire un voyage vers quelque chose, mais de marcher avec Quelqu’un, à la suite personnelle du Christ, donc suite marquée par la logique de la croix.
Comme source, parce que, conscients que nous ne pouvons rien faire sans Lui, nous puisons de lui la grâce d’aimer et de savoir se donner pour donner la vie non seulement comme Lui, mais avec Lui.
Comme une mesure démesurée, parce qu’Il nous enseigne que le véritable amour ne mesure pas le don de soi. « La charité du Christ, reçue avec un cœur ouvert, nous change, nous transforme, nous rend capables d’aimer non pas selon la mesure humaine, toujours limitée, mais selon la mesure de Dieu. Et quelle est la mesure de Dieu ? Pas de mesure ! La mesure de Dieu est sans mesure » (Pape François).

2) Le nouveau nom des disciples : amis

En conséquence de l’affirmation logique : « Comme je vous ai aimés », nous nous serions attendus à une phrase comme celle-ci : « Ainsi, vous m’aimerez ». Au lieu de cela, Jésus dit à ses disciples de s’aimer réciproquement : « Aimez-vous les uns les autres ». Le Christ « commande » à ses disciples un amour qui tend à la réciprocité. Bien sûr, si cet amour veut ressembler à celui du Christ, il doit être gratuit. Dans l’amour de Jésus la dimension de la gratuité est fondamentale et notre amour aussi doit l’avoir. L’amour de Jésus ne veut pas posséder le disciple. Le Sauveur nous invite à nous aimer les uns les autres : « Aimez-vous » parce que le vrai amour est missionnaire et porte du fruit. Le Christ pousse vers un exode de l’amour qui pousse vers les autres. C’est offrant de l’amour aux frères que l’on répond à l’amour de Jésus.
Si nous l’accueillons, l’autre est une grâce inévitable qui fait mûrir notre cœur en le dilatant. L’autre, accueilli par moi, proclame en moi la victoire de l’amour.
L’amour de Jésus, raison, modèle, règle, source et mesure de l’amour des uns envers les autres, est un amour d’amitié, par conséquent, une relation de confiance entre les personnes, un dialogue fraternel.
Les caractéristiques de ce lien d’amitié sont au moins au nombre de trois : le dévouement total (« Aucun amour n’est plus grand que celui qui donne sa vie pour ses amis ») ; la familiarité confiante (« Je vous ai confié tout ce que J’ai entendu de mon Père »); le choix de la vocation qui est prédilection gratuite  (« Vous ne m’avez pas choisis, mais c’est moi qui  vous ai choisis »).
En tant que bénéficiaires de cette prédilection, les disciples sont « élevés » au rang d’amis qui ont fait et font l’expérience de l’amour du Christ qui a dit et mis en pratique cette déclaration : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ». Qu’est-ce que cela signifie ? Tout simplement, cela signifie que nous sommes inclus dans la charité du Cœur du Christ. Cela signifie que nous sommes aimés par le Christ et que si l’amour est un exode de soi-même, afin d’en comprendre les exigences, nous devons sortir de nous et nous mettre dans le Cœur du Seigneur et ensuite nous demander comment Il nous aime et ce qu’il attend de nous. Le commandement de l’amour implique la « nécessité » de vouloir pour nous le bien qu’il nous veut, le devoir de nous aimer et d’aimer les autres comme Il nous aime, nous et les autres.

3) L’amour réciproque : l’amitié

En parlant de l’amitié, Jésus insiste sur la réciprocité de l’amour. En effet, en quel sens l’amitié se distingue-t-elle de l’amour ? L’amitié est un amour réciproque. Selon Saint Augustin, il n’y a pas d’amitié sans réciprocité, mais il n’y a pas de calcul parce qu’il n’y a pas de prétention dans la vraie amitié. En fait, le Christ pose son affirmation : « Comme Je vous ai aimés », c’est à dire la Croix, donc la gratuité, en réponse au modèle et au fondement de l’amour mutuel, c’est à dire de l’amitié.
La réciprocité chrétienne est née de la gratuité qui ne signifie pas « prestation non rémunérée, effectuée sans aucune raison », mais faite avec la plus grande des raisons : l’amour qui nait de la foi.
L’amour chrétien est réciproque, mais asymétrique : donner et recevoir ne sont pas sur le même niveau. La réciprocité évangélique n’est pas un simple échange. La note qui le caractérise est la gratuité qu’est la vérité de l’amour de Dieu, et en même temps la vérité de notre amour. L’amour, celui de Dieu, comme celui de l’homme – tend à la réciprocité : elle le construit ; mais la réciprocité n’est pas sa racine, ni sa mesure. Si vous aimez uniquement dans la mesure où vous échangez, ce n’est pas du vrai amour. Et si vous êtes aimés seulement parce que vous donnez, vous n’êtes pas vraiment aimés. Seulement ceux qui comprennent cette gratuité native, créatrice de l’amour, sont en mesure de comprendre Dieu et eux-mêmes. L’homme, à l’image et à la ressemblance de Dieu, est fait pour se donner gratuitement, totalement. C’est ainsi qu’il trouve la vérité de soi-même et manifeste son être à l’« image de Dieu».
Un exemple de la façon de vivre cet amour asymétrique et réciproque nous est donné par les Vierges consacrées dans le monde.
Comme vous le savez, cette exemplarité est née de la charité, de l’observance régulière, de la disponibilité à servir l’Église qui est le Corps du Christ. Puis l’imitation vient de la charité. « Si nous aimons vraiment, nous imitons, nous ne pouvons pas faire un meilleur fruit de l’amour que de montrer l’exemple de l’imitation » (Saint Augustin, Sermon 304, 2.2).
Pour cette raison, Saint Augustin exhorte en particulier les vierges consacrées à monter sur les degrés des béatitudes, imitant en chacune d’elles les vertus correspondantes du Christ. « Heureux les pauvres en esprit ! » et « Imitez celui qui, étant riche, est devenu pauvre pour vous (cf. 2 Cor 8,9). « Heureux les doux ! » et imitez celui qui a dit : « Apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29) … Imitez celui qui a dit : « Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé » (Jn 4, 34) … Heureux les cœurs purs ! « Lui qui n’a pas commis de péché et qui n’a pas trompé de sa bouche » (1 Pt 2,22). Bienheureux les gens qui vivent en paix ! « Imitez celui qui a prié pour ses bourreaux : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34) ». Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice ! Imitez Celui qui a souffert pour vous, en vous laissant un exemple afin que vous suiviez ses pas (1 Pr 2: 21). Ceux qui imitent l’Agneau dans ces vertus, Le suivent sur ces mêmes pas » (Saint Augustin, De Sacra Virginitate, 28, 28).
En outre, les Vierges consacrées suivent, c’est-à-dire, imitent l’Agneau dans la splendeur de la virginité. « Ainsi donc, vous – écrit St. Augustin – suivez l’Agneau en conservant avec persévérance ce que vous Lui avez consacré avec ardeur » (ibid., 29,29). (Cf rituel de consécration des Vierges n° 22 : « Père, par la grâce de Dieu, je professe devant vous et devant l’Église, ma décision irrévocable de vivre dans la chasteté et de suivre le Christ. Recevez mon engagement, et donnez-moi, je vous prie, la consécration ».)
Les Vierges consacrées témoignent que le fondement de l’amitié est l’amour de Dieu à qui elles sont totalement consacrées. Saint Augustin dit : « Aime vraiment l’ami qui aime Dieu dans l’ami, ou, parce que Dieu est en lui, ou, afin que Dieu soit en lui » (Serm 3, 6, 2.). Il en résulte que la véritable amitié est celle que Dieu noue par sa grâce. « Il n’y a pas de véritable amitié – écrit ce grand saint dans ses Confessions – sauf lorsqu’on lie les personnes proches de vous dans le lien d’amour répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous fut donné » (Conf 4., 4.7).

Mgr Francesco Follo
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6 mai 2021 4 06 /05 /mai /2021 20:49
Migrants et réfugiés : « SURMONTER NOS PEURS », invite le pape

« Transformer les frontières en lieux de rencontre »

« Nous ne devons pas avoir peur de rêver et de le faire ensemble comme une seule humanité », écrit le pape François dans son message pour la 107ème Journée mondiale du Migrant et du Réfugié, publié ce 6 mai 2021. Il invite à « surmonter nos peurs » et à « transformer les frontières en lieux de rencontre privilégiés ».

En vue de cette journée qui sera célébrée le 21 septembre prochain, le pape souhaite « un seul nous, aussi grand que toute l’humanité ». Il lance un appel aux catholiques, mais aussi à « tous les hommes et femmes du monde », à « recomposer la famille humaine, pour construire ensemble notre avenir de justice et de paix, en veillant à ce que personne ne reste exclu ».

Le pape exhorte aussi à « faire bon usage des dons que le Seigneur nous a confiés, afin de préserver sa création et de la rendre encore plus belle » : « Le Seigneur nous demandera de rendre compte de nos actes ! » met-il en garde.

« Tout bien fait au monde l’est pour les générations actuelles et futures », affirme aussi le pape, plaidant pour « un engagement qui ne fait aucune distinction entre autochtones et étrangers, entre résidents et hôtes ».

AKM

Message du pape François 

« Vers un nous toujours plus grand »

Chers frères et sœurs !

Dans la Lettre encyclique Fratelli tutti, j’ai exprimé une préoccupation et un désir, qui occupent encore une place importante dans mon cœur : « Après la crise sanitaire, la pire réaction serait de nous enfoncer davantage dans une fièvre consumériste et dans de nouvelles formes d’autopréservation égoïste. Plaise au ciel qu’en fin de compte il n’y ait pas “les autres”, mais plutôt un “nous” ! » (n. 35).

C’est pourquoi j’ai pensé consacrer le message de la 107e Journée mondiale du migrant et du réfugié à ce thème : « Vers un nous toujours plus grand », souhaitant ainsi indiquer un horizon clair pour notre parcours commun dans ce monde.

L’histoire du « nous »

Cet horizon est présent dans le projet créatif de Dieu lui-même : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. Dieu les bénit et leur dit : “Soyez féconds et multipliez-vous” » (Gn 1,27-28). Dieu nous a créés homme et femme, des êtres différents et complémentaires pour former ensemble un nous destiné à devenir toujours plus grand avec la multiplication des générations. Dieu nous a créés à son image, à l’image de son Être Un et Trine, communion dans la diversité.

Et lorsque, à cause de sa désobéissance, l’être humain s’est détourné de Dieu, celui-ci, dans sa miséricorde, a voulu offrir un chemin de réconciliation non pas à des individus, mais à un peuple, à un nous destiné à inclure toute la famille humaine, tous les peuples : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes! Il habitera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu » (Ap 21,3).

L’histoire du salut voit donc un nous au début et un nous à la fin, et au centre le mystère du Christ, mort et ressuscité « afin que tous soient un » (Jn 17,21). Le temps présent, cependant, nous montre que le nous voulu par Dieu est brisé et fragmenté, blessé et défiguré. Et cela se produit surtout dans les moments de grande crise, comme maintenant avec la pandémie. Les nationalismes fermés et agressifs (cf. Fratelli tutti, n. 11) et l’individualisme radical (cf. ibid., n. 105) émiettent ou divisent le nous, tant dans le monde qu’au sein de l’Église. Et le prix le plus élevé est payé par ceux qui peuvent le plus facilement devenir les autres : les étrangers, les migrants, les marginaux, qui vivent dans les périphéries existentielles.

En réalité, nous sommes tous dans le même bateau, et nous sommes appelés à nous engager pour qu’il n’y ait plus de murs qui nous séparent, qu’il n’y ait plus les autres, mais un seul nous, aussi grand que toute l’humanité. C’est pourquoi je profite de cette journée pour lancer un double appel à marcher ensemble vers un nous toujours plus grand, m’adressant d’abord aux fidèles catholiques puis à tous les hommes et femmes du monde.

Une Église toujours plus catholique

Pour les membres de l’Église catholique, cet appel se traduit par un engagement à être toujours plus fidèles à leur être catholique, en réalisant ce que saint Paul a recommandé à la communauté d’Éphèse : « Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Ep 4,4-5).

En fait, la catholicité de l’Église, son universalité, est une réalité qui demande à être accueillie et vécue à chaque époque, selon la volonté et la grâce du Seigneur qui nous a promis d’être toujours avec nous, jusqu’à la fin des temps (cf. Mt 28,20). Son Esprit nous rend capables d’embrasser tout le monde pour faire communion dans la diversité, en harmonisant les différences sans jamais imposer une uniformité qui dépersonnalise. Dans la rencontre avec la diversité des étrangers, des migrants, des réfugiés et dans le dialogue interculturel qui peut en naître, nous avons l’opportunité de grandir en tant qu’Église, de nous enrichir mutuellement. En fait, où qu’il soit, chaque baptisé est un membre à part entière de la communauté ecclésiale locale, un membre de l’unique Église, un résident dans l’unique maison, un membre de l’unique famille.

Les fidèles catholiques sont appelés à s’engager, chacun à partir de la communauté dans laquelle il vit, pour que l’Église devienne toujours plus inclusive, poursuivant ainsi la mission confiée par Jésus-Christ aux Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement » (Mt 10,7-8).

Aujourd’hui, l’Église est appelée à sortir dans les rues des périphéries existentielles pour soigner les blessés et chercher les perdus, sans préjugés ni peur, sans prosélytisme, mais prête à élargir sa tente pour accueillir tout le monde. Parmi les habitants des périphéries, nous trouverons de nombreux migrants et réfugiés, des personnes déplacées et des victimes de la traite, auxquels le Seigneur veut que Son amour soit manifesté et Son salut proclamé. « Les flux migratoires contemporains constituent une nouvelle “frontière” missionnaire, une occasion privilégiée d’annoncer Jésus Christ et son Évangile sans quitter son propre milieu, de témoigner de façon concrète de la foi chrétienne dans la charité et dans un profond respect des autres expressions religieuses. La rencontre avec les migrants et les réfugiés d’autres confessions et religions est un terrain fécond pour le développement d’un dialogue œcuménique et interreligieux sincère et enrichissant » (Discours aux Directeurs nationaux de la pastorale des migrants, 22 septembre 2017).

Un monde toujours plus inclusif

C’est à tous les hommes et à toutes les femmes du monde que s’adresse mon appel à marcher ensemble vers un nous toujours plus grand, à recomposer la famille humaine, pour construire ensemble notre avenir de justice et de paix, en veillant à ce que personne ne reste exclu.

L’avenir de nos sociétés est un avenir “en couleurs”, enrichi par la diversité et les relations interculturelles. C’est pourquoi nous devons apprendre aujourd’hui à vivre ensemble en harmonie et dans la paix. J’aime particulièrement l’image, le jour du « baptême » de l’Église à la Pentecôte, du peuple de Jérusalem qui écoute l’annonce du salut immédiatement après la descente de l’Esprit saint : « Nous sommes Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, et tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu » (Ac 2,9-11).

C’est l’idéal de la nouvelle Jérusalem (cf. Is 60 ; Ap 21,3), où tous les peuples se rassemblent dans la paix et l’harmonie, célébrant la bonté de Dieu et les merveilles de la création. Mais pour atteindre cet idéal, nous devons tous nous efforcer de faire tomber les murs qui nous séparent et de construire des ponts qui favorisent la culture de la rencontre, conscients de l’interconnexion intime qui existe entre nous. Dans cette perspective, les migrations contemporaines nous offrent l’opportunité de surmonter nos peurs pour nous laisser enrichir par la diversité du don de chacun. Ensuite, si nous le voulons, nous pouvons transformer les frontières en lieux de rencontre privilégiés, où le miracle d’un nous de plus en plus grand peut s’épanouir.

Je demande à tous les hommes et à toutes les femmes du monde de faire bon usage des dons que le Seigneur nous a confiés, afin de préserver sa création et de la rendre encore plus belle. « Un homme de la noblesse partit dans un pays lointain pour se faire donner la royauté et revenir ensuite. Il appela dix de ses serviteurs, et remit à chacun une somme de la valeur d’une mine ; puis il leur dit : “Faites-les valoir jusqu’à ce que je revienne” » (Lc 19,12-13). Le Seigneur nous demandera de rendre compte de nos actes ! Mais pour garantir que notre maison commune soit correctement entretenue, nous devons nous constituer en un « nous » toujours plus grand, toujours plus coresponsable, avec la ferme conviction que tout bien fait au monde l’est pour les générations actuelles et futures. Il s’agit d’un engagement personnel et collectif, qui prend en charge tous les frères et sœurs qui continueront à souffrir tandis que nous cherchons à atteindre un développement plus durable, équilibré et inclusif. Il s’agit d’un engagement qui ne fait aucune distinction entre autochtones et étrangers, entre résidents et hôtes, car il s’agit d’un trésor commun, et personne ne doit être exclu de ses soins et bénéfices.

Le rêve a commencé

Le prophète Joël a prédit que l’avenir messianique serait comme une ère de rêves et de visions inspirés par l’Esprit : « Je répandrai mon esprit sur tout être de chair, vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens seront instruits par des songes, et vos jeunes gens par des visions » (3,1). Nous sommes appelés à rêver ensemble. Nous ne devons pas avoir peur de rêver et de le faire ensemble comme une seule humanité, comme des compagnons de route, comme les fils et filles de cette même terre qui est notre maison commune, tous frères et sœurs (cf. Fratelli tutti, n. 8).

Prière

Père saint et bien-aimé,
ton Fils Jésus nous a enseigné
que dans le ciel une grande joie éclate
quand quelqu’un qui était perdu
est retrouvé,
quand quelqu’un qui a été exclu, rejeté ou écarté
est accueilli de nouveau dans notre nous,
qui devient ainsi toujours plus grand.
Nous te demandons d’accorder à tous les disciples de Jésus
et à toutes les personnes de bonne volonté
la grâce de faire ta volonté dans le monde.
Bénis chaque geste d’accueil et d’assistance
qui place tous ceux qui sont en exil
dans le nous de la communauté et de l’Église,
pour que notre terre puisse devenir,
comme tu l’as créée,
la maison commune de tous les frères et sœurs. Amen.

Rome, Saint-Jean-de-Latran, 3 mai 2021, Fête des Saints Apôtres Philippe et Jacques
FRANÇOIS

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