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1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 18:10
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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 09:35
Les vertus héroïques de Robert Schuman reconnues par l’Église
SCHUMAN

Europeana Collections (CC BY-SA 4.0)

La rédaction d'Aleteia - avec I.Media - Publié le 20/06/21 -

Le 19 juin 2021, le pape François a autorisé la Congrégation des causes des saints à promulguer le décret concernant la reconnaissance des vertus héroïques du français Robert Schuman (1886-1963), l’un des pères fondateurs de la construction européenne. Il devient ainsi vénérable.

Le pape François a reçu dans la matinée du 19 juin 2021 le cardinal Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation des causes des saints. À l’occasion de cette audience, le pontife argentin a autorisé la publication de sept décrets reconnaissant dix nouvelles martyres tuées en haine de la foi en Pologne en 1945, un premier miracle attribué à l’intercession d’un jésuite allemand du 17e siècle et puis cinq vénérables. Parmi ces nouveaux vénérables, Robert Schuman, l’un des Pères du projet européen, est sans doute le plus connu. En reconnaissant l’héroïcité de ses vertus, l’Église catholique fait de cet ancien ministre français des Affaires étrangères et président du Parlement européen un modèle de sainteté en politique.

 

Évêque de Nanterre, Mgr Matthieu Rougé voue une très grande admiration à Robert Schuman. La mère du prélat français était la collaboratrice personnelle de l’homme d’État.

 

Comment réagissez-vous à l’annonce de la reconnaissance des vertus de Robert Schuman ?
Mgr Matthieu Rougé : Avec une très grande joie, parce que Robert Schuman a été un homme de vision pour la vie de notre pays, pour sa réconciliation interne et pour la construction de l’Europe. Et aussi parce que Robert Schuman a donné le témoignage d’une vie de vrai chrétien profondément ancrée dans la prière, d’une vie personnelle d’une grande simplicité – pour ne pas dire d’une grande pauvreté – qui se trouve à rebours des critiques qu’on peut faire – parfois légitimement – de la vie politique. Il est l’exemple magnifique du fait qu’on peut porter du fruit et que la sainteté de vie et la fécondité politique peuvent marcher ensemble.

 

Quelle est la nature du lien familial qui vous unit au nouveau vénérable ?
Il se trouve que ma mère a été la collaboratrice personnelle de Robert Schuman pendant de nombreuses années. J’ai grandi dans une famille où l’admiration pour cet homme était intense. Il a d’ailleurs été un des témoins de mariage de mes parents. C’est donc une figure qui fait partie de notre panthéon familial ! J’ai toujours entendu avec beaucoup d’émotion ma mère parler à la fois de ce qu’elle a pu vivre à ses côtés dans les débuts de la construction européenne ou quand il occupait d’autres portefeuilles ministériels. Elle m’a aussi raconté la manière dont elle pouvait l’accompagner dans sa deux-chevaux lors de certaines grandes manifestations publiques. Et à titre personnel, ayant été pendant huit ans l’aumônier des parlementaires, je suis très sensible à cette figure d’une sainteté possible en politique.

 

Le pape François l’a souvent donné en exemple d’un authentique engagement chrétien dans la sphère politique. Pourquoi Robert Schuman est-il un modèle de politique chrétienne ?
Je dirais qu’il y a trois choses, qui existent d’ailleurs sous un mode moins visible chez certains responsables politiques que j’ai croisés aujourd’hui. La première chose est qu’il est un homme de vision, qui ne s’est pas borné à gérer le court terme voire même à se frayer un chemin par la communication dans le court-terme. C’est quelqu’un qui a eu une vision d’avenir pour notre pays en Europe. C’est extrêmement important pour un politique d’avoir cette profondeur de réflexion qui ouvre des chemins d’avenir. Ensuite c’est quelqu’un qui a tenté de mettre en œuvre sa vision et donc de construire – sans en rester à quelques slogans comme c’est parfois le cas chez certains chrétiens qui veulent s’engager en politique. Il a réfléchi à la manière effective de mettre en œuvre ce que sa vision lui suggérait dans le temps concret de l’histoire. Enfin, il y avait une véritable unité de vie chez cet homme. Il a vécu un peu comme un moine en politique : célibataire, il allait à la messe tous les jours, récitait l’office divin, était oblat d’un monastère bénédictin. Sa vie témoigne d’une très grande simplicité. Quand il n’était pas dans un ministère, il logeait dans un appartement de deux pièces à Paris. Je me souviens de ma mère nous racontant que lorsqu’il y avait des réunions importantes dans son bureau, elle sonnait chez les voisins pour avoir quelques chaises supplémentaires…

 

Vous voyez d’autres modèles de sainteté en politique ?
Il y a la grande figure de saint Thomas More, qui est ancienne mais a été donnée comme patron aux hommes politiques en l’an 2000 par Jean Paul II. C’est une figure suggestive pour aujourd’hui d’un homme enraciné dans la prière et la réflexion et ayant en même temps un engagement politique de haut niveau. Une personne qui a eu le courage d’aller jusqu’au martyre pour être fidèle à sa conscience. Il y a d’autres figures, comme celle de saint Louis, elle aussi utile aujourd’hui encore. Néanmoins, il est assurément difficile d’évoquer des noms plus contemporains… mais je peux dire que parmi les parlementaires français que j’ai rencontrés, il y avait chez certains une authentique graine de sainteté.

Au sein de votre diocèse, vous avez lancé un réservoir d’idées, Philadelphia, qui au travers notamment d’une revue entend réconcilier la politique et l’Église catholique. Comment ré-insuffler l’espérance chrétienne dans le monde politique aujourd’hui ?
C’est une époque très difficile, ce qui doit nous stimuler. On ne peut pas être position contre position, et avant même de parler de la place des chrétiens dans la politique, il faut réfléchir aujourd’hui à ce qu’est la mission politique en général. C’est la politique qui est en crise. Le projet Philadelphia est habité par cette question : « Qu’est ce qui porte la possibilité d’une fraternité commune ? » Il y a un besoin de se ressourcer dans une réflexion qui soit riche, fine, enracinée et novatrice en même temps. Il faut aussi être capable de mettre concrètement en œuvre une vision. Le point de départ pour l’engagement politique est souvent un engagement local. Avant de se désoler de ne pas pouvoir percer sur le plan national, les chrétiens peuvent s’engager sur le plan local où s’amorcent des engagements politiques de plus niveau ensuite. Enfin, je crois que les chrétiens ont à cultiver une véritable unité de vie. C’est-à-dire une vie construite sur la droiture et l’humilité. Il faut aussi être capable de dénoncer le mal tout en se félicitant du bien, de mettre en lumière des enjeux éthiques avec courage, en étant prêts à aller jusqu’au martyre, mais sans sortir de la bienveillance à l’égard des personnes.

 
 
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17 juin 2021 4 17 /06 /juin /2021 17:23

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-  la note d'information au 4 juin 2021
-  la plaquette de présentation
-  le manifeste pour la mission

vdéo : congrès mission 2021 : la foi vous la mettez où ? teaser à diffuser largement

Soirée de présentation le vendredi 25 juin de 19 h à 20 h 30 à la chapelle Sainte-Anne à Toulouse. Télécharger  la proposition

vidéo : témoignage d'une étudiante pour inciter les jeunes à participer au congrès. Teaser à diffuser largement

Site de congrès mission

Contact : Mme Isabelle Fanton au 06.50.50.60.43 et Mme Élisabeth Triau au 06.10.74.90.75

 
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17 juin 2021 4 17 /06 /juin /2021 16:47

article publié sur le site "Eglise catholique en France"

 

    La campagne électorale officielle pour les élections départementales et régionales des 20 et 27 juin 2021 ouvre le 31 mai 2021. Quels sont les enjeux de ces scrutins ? Ce dossier vous propose de parcourir les prises de parole des évêques et des associations catholiques de France, observateurs d’une société française dont la pandémie a accentué les divergences et les attentes.

 

   Les 20 et 27 juin prochains, nous votons pour les élections départementales et régionales. Le désintérêt pour les urnes affaiblit la vie démocratique, or nous sommes abreuvés de propos pessimistes concernant la baisse du nombre des votants…Il en va de la responsabilité des informateurs et des citoyens : qui parle des compétences des conseils régionaux et départementaux ? Qu’en est-il des programmes des candidats ? L’accès à ces données est vraiment malaisé !
Ces élections toutes proches se heurtent à deux handicaps : les citoyens ont la tête ailleurs, entre les inquiétudes liées à la santé et le désir de retrouver une vie « normale » et le report du scrutin qui nous rapproche de l’élection présidentielle où les informateurs comme les politiques s’intéressent plus à l’échéance nationale qu’au vote de ce mois de juin…
Les départements ont en charge l’action sociale envers les populations les plus fragiles, quant aux régions, elles sont compétentes pour la formation, l’aménagement du territoire et l’environnement. Il y a de quoi parler avec les candidats de proximité !
L’animation de cette échéance démocratique est aussi une manière de résister au centralisme et à une personnalisation excessive de l’action politique.

 André Talbot, Justice et Paix France

Cliquez ici pour lire la: Suite de l'article...

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10 juin 2021 4 10 /06 /juin /2021 16:28
Déclaration à propos du projet de loi révisant les lois de bioéthique en discussion à l’Assemblée nationale.

Communiqué de Presse

Paris, le 09 juin 2021

#BIOÉTHIQUE

Déclaration à propos du projet de loi révisant les lois de bioéthique en discussion à l’Assemblée nationale.

Seule la fraternité peut accueillir durablement la fragilité.

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, réuni les 7, 8 et 9 juin 2021, exprime une fois de plus sa profonde inquiétude devant le projet de loi révisant les lois de bioéthique que l’Assemblée nationale examine en ce moment en troisième lecture. Le socle de la «bioéthique à la française» dont notre pays était si fier est définitivement gommé : la dignité propre à tout être humain petit et grand -n'est plus le point focal.

Une fois de plus, la loi prétend autoriser des transgressions nouvelles en les «encadrant». Mais jamais un cadre ne tient. Inéluctablement, il finit par être effacé. Encadrer, c’est autoriser. L’humanité a grandi en s’imposant des interdits: interdit de tuer un innocent, interdit de l’inceste, interdit du vol, interdit du viol. Mêler des cellules humaines et des cellules animales ne doit pas être simplement encadré: ce qui doit être interdit, doit l’être clairement; ce qui peut être autorisé, doit l’être clairement également. Cela n’est possible qu'en référence à une vision réfléchie de la personne humaine et de sa filiation. Encadrer la recherche sur les embryons alors que cette recherche ne sera pas au bénéfice de l’embryon traité, c’est se permettre de manipuler les embryons humains comme un simple matériau. C’est se mettre en situation de domination technicienne de ce qui devrait devenir un être humain à part entière.

Comme évêques catholiques, nous ne pouvons que dire à nouveau ce que nous disons depuis des années: la souffrance des personnes qui ne peuvent pas avoir d’enfant doit être accompagnée, mais plutôt que chercher toujours à étendre la domination des humains sur leurs propres commencements, nos efforts doivent d’abord porter sur la fraternité qui seule peut accueillir durablement la fragilité. Mettre en place un processus de fabrication d’enfants ne résout rien. La vie est reçue comme un don, un don que nous sommes appelés à transmettre, à partager avec d’autres.

Le Conseil permanent remercie les parlementaires qui ont le courage de mettre en question la bonne conscience qui s’impose:leur témoignage restera pour la suite de l’histoire. La vie humaine est un don, tout être humain est un don qui mérite d’être accueilli par la société entière avec un infini respect.Il encourage les associations qui s’efforcent de mobiliser nos concitoyens sur ces sujets difficiles: le site internet de la Conférence des évêques relaie ici quelques-unes de leurs propositions.

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France

Mgr Éric de Moulins-Beaufort,archevêque de Reims, Président de la CEF.

Mgr Dominique Blanchet, évêque de Créteil, vice-président de la CEF,

Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Arras, vice-président de la CEF,

Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris,

Mgr Jean-Pierre Batut, évêque de Blois,

Mgr Jean-Marc Eychenne, évêque de Pamiers,

Mgr Dominique Lebrun,archevêque de Rouen,

Mgr Philippe Mousset, évêque de Périgueux,

Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre,

Mgr Pascal Wintzer,archevêque de Poitiers

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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 14:30
Tout est lié

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Liens vers le web dans le pdf (cliquez sur les textes de couleur bleu)

Tout est lié
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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 20:52
Tout est lié: le chemin d'une écologie intégrale.

Soins palliatifs et écologie intégrale : Anne-Marie Aitken, Xavière, bénévole au sein de la maison médicale Jeanne Garnier n’a pas tout de suite vu le lien. À l’occasion de cet entretien, elle a relu son expérience à la lumière de l’encyclique Laudato si’. Rencontre. Par Florence de Maistre

Qu’est-ce qui caractérise la maison médicale Jeanne Garnier ?

C’est une maison de soins palliatifs, située dans le XVe arrondissement de Paris, membre des établissements de santé privés d’intérêt collectif (Espic) et de la fédération des hôpitaux catholiques de Paris. Elle est gérée par l’association des Dames du Calvaire. Au milieu du XIXe siècle, Jeanne Garnier, 24 ans, perd son mari et ses deux enfants. Désespérée, elle se met à visiter les malades incurables, comme on disait à l’époque. Puis elle décide d’ouvrir un lieu pour accueillir ceux dont les hôpitaux ne voulaient plus et fonde en même temps une association de veuves qui consacrent leur temps aux malades. Pour Jeanne Garnier, quel que soit l’état physique ou psychologique de la personne, elle reste respectable. Il s’agit de l’accompagner en toute fraternité. En 1874, une de ses amies, Aurélie Jousset ouvre sur ce modèle “Le Calvaire” à Paris, avec une communauté des laïques consacrées qui habitent sur place, les Dames du Calvaire. Au milieu des années 80, le Card. Jean-Marie Lustiger sollicite La Xavière pour maintenir une présence religieuse au sein de la maison qui a pris le nom de Jeanne Garnier, en conserver l’esprit et développer l’intuition. Aujourd’hui, la maison accueille des personnes de tous horizons et de toutes confessions, des personnes en fin de vie mais aussi en temps de répit dans le cadre de traitements douloureux. Le traitement de la douleur fait partie des soins palliatifs, ceux-ci commencent quand les soins curatifs n’ont plus d’effet. Il s’agit de soulager la douleur physique, souvent augmentée de souffrances psychologiques, existentielles, et d’améliorer la qualité de vie. Accueillir, soigner, accompagner les malades, soutenir leurs proches et rencontrer les familles, telle est la vocation de la maison Jeanne Garnier. L’unité de soins palliatifs compte quatre-vingt un lits, mais la maison comprend aussi un accueil de jour pour les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, une résidence temporaire, un pôle de recherche médicale et une équipe mobile de soins palliatifs.

 

Quel est le rôle de La Xavière au sein de la maison ?

Initialement, les Dames du Calvaire s’occupaient de tout. Petit à petit, la maison s’est restructurée avec l’arrivée de professionnels. Lorsque les Xavières prennent le relais des Dames du Calvaire en 1988, certaines d’entre elles sont déjà engagées au sein de la maison médicale Jeanne Garnier comme médecins et infirmières. C’était d’abord important d’être compétentes dans le domaine du soin avant d’accepter la mission. À l’époque, la question de l’accompagnement de la fin de vie est d’ordre éthique. Aujourd’hui encore, les fragilités et la mort sont occultées, personne ne veut en parler. Les Xavières ont souhaité répondre à cette question de société et témoigner du Christ. La fin de vie est une étape importante de la vie ! Nous sommes actuellement une communauté de sept Xavières à résider sur place, présentes au cœur de la maison. Il y a parmi nous des membres du conseil d’administration de l’association de gestion, deux médecins, une responsable des bénévoles et une responsable de l’aumônerie.

 

Comment vivez-vous votre engagement de bénévole ?

Je suis membre depuis trois ans de l’association “Accompagner ici et maintenant” qui coordonne la centaine de bénévoles au service de la maison Jeanne Garnier. Je visite les malades une matinée par semaine et me rends disponible auprès de leurs proches. Avant d’être nommée au sein de cette communauté, je ne connaissais rien au monde de la santé. Ce domaine et cette démarche m’attirent, la présence bénévole est gratuite. Elle me renvoie profondément au sens de l’existence. Lorsque je m’approche d’un malade, c’est au cœur de ma vie que je suis replacée. Je vois combien cette vie est précieuse et comment on peut accueillir la mort qui en fait partie, et qui un jour sera décisive. Il s’agit aussi d’intégrer au quotidien toutes les petites morts présentes dans les diminutions physiques, les renoncements, le passage à la retraite, etc. J’aime la communauté que nous formons autour du malade et de sa famille : une communauté de soignants et de bénévoles. Une communauté présente au moment où les personnes se posent des questions existentielles profondes. D’une semaine sur l’autre, on ne sait pas si l’on reverra le malade, on passe le relais à l’équipe. Les malades ne nous appartiennent pas c’est un ici et maintenant. Je suis aussi secrétaire de l’association de gestion de la maison, ce qui me donne une vision plus large des problématiques du monde de la santé aujourd’hui et me permet également de réfléchir aux évolutions et innovations possibles pour une meilleure qualité de vie des personnes qui souffrent.

 

Quelle posture particulière adoptez-vous lors de vos visites ?

Avant chaque visite, je me prépare, cela demande un silence intérieur. Il faut laisser ses soucis à la porte de la chambre. Le moment où l’on frappe est un moment clé, on ne sait jamais comment on sera reçu. Soit une relation s’instaure dès le début, soit la personne est trop fatiguée, je lui dis alors au-revoir. Souvent, le malade parle en premier et les échanges se déroulent au gré de ses souhaits. J’écoute, je me laisse guider, je n’ai pas de programme. Certaines conversations sont l’occasion pour la personne de relire sa vie et de se confier différemment d’avec des membres de sa famille. Certains témoignages et partages d’espérance sont très touchants. Parfois j’assure simplement une présence quand la personne ne peut plus parler. Parfois j’assiste aux derniers instants. C’est ainsi que j’ai accepté la demande d’une soignante pour une dame 90 ans, musulmane, mère de douze enfants. J’ai lu le Coran, un personnel de ménage a récité une prière, la dame est partie très apaisée. Ce moment était très beau. J’ai aussi découvert le rite juif du recouvrement du visage avec un drap blanc.

 

Comment votre expérience est-elle un chemin de l’écologie intégrale ?

La clameur de la terre rejoint la clameur des personnes. Le soin de la terre rejoint le soin aux frères ! Il y a beaucoup de fleurs dans la maison, celles que l’on offre aux malades lors de l’accueil, celles que les familles apportent et les plantes qui restent. Quand le malade se repose, je prends soin des plantes. Je fais le lien ! Prendre soin des personnes et de la terre relève d’une même attitude ! J’ai récemment lu un article sur l’unité de soins palliatifs à Puteaux, la personne expliquait que c’est bien davantage un vivoir, un lieu de vie, plutôt qu’un mouroir comme on peut en avoir l’image. C’est de fait un lieu pour accueillir la vie et la mort comme un don, dont nous ne sommes pas propriétaires. Dans son encyclique le pape rappelle que la vie est gratuite, donnée, qu’elle fait partie de la Création. Ici, on sent vraiment cette interdépendance entre les soignants, les bénévoles et les familles : le malade ne nous appartient pas. Cette interdépendance aussi entre la vie et la mort : c’est une aventure collective qui nous marque les uns les autres. Nous appartenons à une humanité commune, d’où mon engagement. Nous sommes frères et sœurs en Christ ! Ce lien remet chacun devant ses limites et ses fragilités, avec sa manière de regarder tout être. Visiter un malade, c’est regarder le Christ malade, souffrant. Mais aussi accueillir le Ressuscité ! Il y a peu de temps, j’ai accueilli une jeune femme qui venait voir sa maman. Nous avons partagé un café et je lui ai souhaité bon courage pour accompagner sa mère. Ce mot “accompagner”, si courant pour nous, lui a fait tilt. Elle l’a répété puis est repartie avec comme avec une pépite. Elle a trouvé du sens à ce qu’elle était en train de vivre.

 

Qu’est-ce qui vous touche encore dans cette présence auprès des malades ?

Je repense au paragraphe 226 de l’encyclique Laudato si’ “Nous parlons d’une attitude du cœur, qui vit tout avec une attention sereine, qui sait être pleinement présent à quelqu’un sans penser à ce qui vient après, qui se livre à tout moment comme un don divin qui doit être pleinement vécu (…)”. Ici, nous sommes invités à regarder la dignité de tout être humain. Même si je me méfie de ce mot de dignité qui peut être utilisé à d’autres fins. Nous sommes créés à l’image de Dieu. Au sein de la maison Jeanne Garnier, que l’on soit croyant ou non, quelque chose se laisse pressentir de l’ordre d’une transcendance. C’est difficile à exprimer. Quand le pape s’insurge contre le paradigme consumériste, c’est parce qu’il a une vision plus large. Le monde n’est pas un problème : il est à contempler, il est une page d’Évangile ! Je pense beaucoup à l’Évangile lors de mes visites, avec un infini respect, je porte cette question de Jésus “Que veux-tu que je fasse pour toi ?” Jésus est persuadé que c’est l’autre qui a la réponse ! Nous expérimentons pleinement l’appel du pape à plus de sobriété et de simplicité, à être attentifs aux moindres détails de la vie. En fin de vie, les masques tombent. Les personnes sont vraiment en vérité, et nous engagent nous-mêmes à l’être aussi, humblement. Nous ne sommes pas dans une position de domination mais de réception. Nous sommes tous renvoyés à nos fragilités, à nos forces aussi, c’est bien mystérieux. La vie n’est pas un problème à résoudre, mais à accueillir. C’est un lieu d’engagement personnel avec nos richesses et faiblesses, douleurs et joies. L’être humain dégradé renvoie à sa beauté. Je reste frappée par les visages, les yeux et les sourires. L’autre jour, une dame qui ne pouvait s’exprimer m’a comblée de son sourire. Peu après, je me suis assise à côté d’une autre personne, qui articulait des mots incompréhensibles et gémissait beaucoup. Puis, elle s’est mise à fredonner. Je lui ai demandé si elle entendait les oiseaux par sa fenêtre chanter comme elle. J’ai vu qu’elle avait compris ma question et que oui elle les entendait ! Ce sont de petites choses, ténues et profondes. C’est là où la vie passe. On ne la saisit pas, on se laisse saisir par elle !

 

Quel message souhaitez-vous partager ?

Le dernier chapitre de La Xavière a choisi comme orientation “prendre soin, consoler”. Dans le contexte actuel, réaffirmons l’importance des soins palliatifs, formidables en France et ailleurs ! Des gens meurent mal, la solution n’est pas dans le suicide assisté, mais dans la création de lieux où les personnes sont accueillies dans l’intégralité de leur vie et soignées au plus proche de leurs besoins, afin de rester vivantes jusqu’au bout et d’accepter cette mort comme un passage. Le pape François parle beaucoup des cris de la terre et des pauvres. Cela m’évoque les douleurs de l’enfantement, la mort en est un aussi. Et certains durent longtemps. Mais chaque rencontre est une joie profonde dont je rends grâce.

 

https://www.jeanne-garnier.org

https://www.xavieres.org/

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 22:46
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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 21:59
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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 10:32
 Nous restons encore profondément marqués par le passage du P. Pedro OPEKA, à Ste Livrade, il y a une quinzaine d'année. Merci P. Pedro et Akamasoa!                   Philippe
PEDRO OPEKA

MAMYRAEL/AFP/East News Père Pedro Opeka.

Agnès Pinard Legry - Publié le 11/02/21

Le père Pedro Opeka et sa communauté d’Akamasoa, à Madagascar, ont été nominés pour le prix Nobel de la paix 2021. C’est le Premier ministre slovène, Janez Janša, pays natal du père lazariste, qui a proposé sa candidature.

La sixième fois sera-t-elle la bonne ? Missionnaire lazariste à Madagascar, le père Pedro Opeka, né en Argentine d’une famille d’origine slovène, a été nominé avec sa communauté d’Akamasoa (la « Cité de l’amitié ») qu’il a fondé pour le prix Nobel de la paix 2021. Proposant sa candidature, le Premier ministre slovène Janez Janša a défendu cette candidature en citant ce que l’ancien président de Madagascar avait dit du père Pedro en 2014 : « un phare vivant d’espérance et de foi dans la lutte contre la pauvreté ».

Déjà nominé à cinq reprise pour ce prix, le père Pedro Opeka fait partie de ces artisans de paix discret et efficace, œuvrant au quotidien au service des plus pauvres et des plus démunis. Engagé depuis près de 50 ans auprès des plus pauvres à Madagascar, cet homme d’une édifiante détermination, a construit Akamasoa, une véritable ville des pauvres, sur les hauteurs d’Antananarivo, la capitale du pays. Ce lieu hors du commun dédié aux exclus et aux laissés-pour-compte accueille aujourd’hui 25.000 habitants. Akamasoa, l’association qui porte son nom, est déjà venue en aide à 500.000 Malgaches.

À la fin, nous allons gagner.

« Je ne peux pas parler tranquillement après avoir vécu 48 ans à Madagascar avec tous les pauvres que j’ai vus mourir », confiait-il à Aleteia en novembre 2018 lors de son passage à Paris. « Venez passer un moment avec notre peuple, notre culture, partager un peu de quotidien. […] Si vous venez dans un pays pauvre, venez humblement vivre avec eux ». Car la pire chose, pour lui, c’est l’indifférence. « Je ne crois pas à la fatalité », s’était-il exclamé avec fougue. « À la fin, nous allons gagner ».

 

Sa mission, connue et soutenue par des milliers de personnes, a également reçu le soutien du pape François qui est allé lui rendre visite lors de son voyage à Madagascar en 2018.  Cette visite, qui sonne comme un hommage, marque l’intérêt du Pape pour le travail titanesque accompli par le père Pedro, véritable Iron Man de la charité, qu’il a déjà rencontré à deux reprises.




Lire aussi :
Le Père Pedro, une révolte au service des plus pauvres

 

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