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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 10:56
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°9 : SAINT-ÉTIENNE DE BOURGES
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°9 : SAINT-ÉTIENNE DE BOURGES

Saint-Étienne de Bourges

 

Construite au XIIe siècle, voici certainement la plus belle cathédrale de France. Un vaisseau majestueux, l’un des premiers de l’architecture gothique.

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°9 : SAINT-ÉTIENNE DE BOURGES

Une cathédrale sans transept

La cathédrale Saint-Étienne de Bourges est un immense vaisseau de pierre qui se distingue à près de 50 km à la ronde. Encore entourée des maisons à pans de bois qui témoignent de l'image de la ville médiévale, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1992.

 

Construite assez rapidement à partir de 1195 sous l’impulsion de l'archevêque Henri de Sully, assisté du chapitre des chanoines, la cathédrale de Bourges est considérée comme l’un des premiers édifices de l’architecture gothique. Longue de près de 120 mètres, elle semble n’être faite que d’un bloc car l’on remarque tout de suite l’absence de transept, chose très rare pour une cathédrale de cette ampleur. Avant d’y pénétrer, on ne peut être qu’admiratif face aux cinq portails d’entrée avec leurs tympans respectifs (rénovés en 2012), et notamment le principal, celui du jugement dernier, sculpté ici avec beaucoup de réalisme.

 

À l’intérieur, une lumière généreuse pénètre dans la très longue nef à travers un ensemble de vitraux d’une qualité rare du XIIIe siècle. Répartis sur les trois étages de l'élévation du chœur, ils diffusent la lumière colorée sur la pierre. Bourges exprime magistralement cette recherche de la «lux continua» liée à l'élan de spiritualité du XIIe siècle.

 

Ces livres de lumière illustrent l'enseignement de l'Église : autour du Christ du Jugement dernier et de l'Apocalypse, de la Vierge et de Saint Étienne, s'ordonnent hiérarchiquement les corporations des métiers, les scènes de l'Ancien et du Nouveau Testaments mises en correspondance, la vie des saints et des martyrs, les archevêques de Bourges, les prophètes et les apôtres.
À la fin du XIVe siècle, la verrière du «grand Housteau», offerte par le duc Jean de Berry parachèvera la façade occidentale.



Un intérieur impressionnant

Face au chœur, comme suspendu au revers de la façade, on admire un orgue majestueux. En place dès le début du XVe siècle, il a ensuite fait l’objet de plusieurs remaniements et ajouts. Il a été entièrement restauré en 1986.

 

Au cours de la déambulation, détournant un instant les yeux de l’imposante voûte gothique, on peut trouver sur son chemin la plus ancienne horloge astronomique de France, mécanisme extraordinaire réalisé en 1424 et restauré en 1994.

 

Pour les plus courageux et amoureux de panorama, il ne faut absolument pas rater le panorama saisissant qu’offre la tour du beurre (la plus haute). Pour y parvenir il faut gravir 400 marches !

Jacques Cœur (1395-1456), grand argentier du roi Charles VII

Jacques Cœur est le fils d’un pelletier fournisseur de la cour du duc de Berry à Bourges. Il naît dans une période tourmentée, pendant la guerre de Cent Ans qui divise profondément le pays. Dévoué au « roi de Bourges », il côtoie Jeanne d’Arc, est le confident d’Agnès Sorel, la maîtresse du roi.

 

Le début du XVe siècle est une période de basculement entre le Moyen Âge et la Renaissance. Homme d’affaires et banquier, Jacques Cœur contribue à construire un nouvel avenir pour la France en favorisant les échanges, notamment avec l’Italie et l’Orient.

 

« L’empire » commercial de Jacques Cœur ne lui survit pas, mais les monopoles royaux qu’il a installés profitent à l’État. Il a grandement contribué à la remise en ordre financière et monétaire du royaume. En lui prêtant de l’argent et en lui fournissant des armes, il permet au roi de France d’entretenir des armées permanentes qui reprennent la Normandie puis la Guyenne aux Anglais.

 

Œuvre d’un architecte inconnu, le Palais Jacques Cœur est l’un des plus beaux édifices que nous ait laissé l’architecture gothique civile du XVe Siècle. L’argentier du roi Charles VII l’avait fait construire pour y résider et y recevoir avec faste.

 

Écouter :

« Veni Sancte spiritus », par l’ensemble Diabolus in musica, extrait de Manuscris de Tours, Studio SM. 

Sophie de Villeneuve

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